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Au Bourget du nucléaire, Dassault Systèmes veut mettre l’atome sur la route numérique

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Le numérique est omniprésent dans les discours au World Nuclear Exhition. Parmi les leaders de cette révolution numérique, on trouve l’éditeur français de logiciels Dassault Systèmes.

Au Bourget du nucléaire, Dassault Systèmes veut mettre l’atome sur la route numérique © Ludovic Dupin

Entre le premier World Nuclear exhibition (WNE) en 2014 et la deuxième édition qui se tient du 28 au 30 juin, quelque chose a changé. Ici, sur le stand de Getinge la Calhène, on voit un homme, lunettes 3D sur les yeux, manipuler des bras robotisés dans un environnement 3D. Plus loin, sur l’espace Areva, un drone équipé d’outils de mesure pour intervenir en situation accidentelle attire les curieux. Là-bas, sur le présentoir d’Emerson, quelques robots dansent en rythme… sur Billie Jean. La différence entre les deux éditions est que, cette fois-ci, le numérique a envahi massivement les allées du salons.

"Nous devons aujourd’hui gagner en attractivité en saisissant les opportunités de la révolution numérique", assurait Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, en ouverture du WNE. "La filière française, qui a été la première à proposer un contrôle-commande numérique, est bien placée pour faire cette révolution grâce à Dassault Systèmes", précise-t-il. Sacrée promotion pour l’éditeur de logiciels français devant toute la famille mondiale de l’atome !

Le stand de Dassault Systèmes est modeste, mais bien en vue entre les deux stands géants d’Areva et d’EDF. La société y fait la démonstration de la plate-forme 3D expérience qui permet non seulement d’améliorer l’ingénierie des grands projets nucléaires (et dans d’autres industries), mais aussi d’optimiser les phases d’exploitation et de démantèlement.

Gains importants sur le temps d’ingénierie et de mise en service

"L’utilisation d’outils numérique ultra-spécialisés par les différents métiers entrainait peu à peu une désoptimisation du système sur les chantiers nucléaires. Notre plate-forme permet d’échanger des données d’ingénierie complexes entre des métiers différents", explique Thomas Grand, vice-président Energy, Process et Utilities de Dassault Systèmes.

Avec un tel outil, le français avance des performances impressionnantes : -15 % d’heures d’ingénierie, une année de gagner sur la construction d’un réacteur (sur une durée moyenne de six ans), 25 % d’heures en moins lors de la mise en service, etc. Quand on sait que 80 % du prix de l’électricité produite par un réacteur dépend du coût d’un chantier, ces gains sont majeurs sur la compétitivité du nouveau nucléaire.

Ces chiffres ne sont pas théoriques puisqu’ils sont le fruit de travail mené avec les filières nucléaires chinoise et japonaise. Bizarrement, la filière françaises utilise des outils numériques de Dassault Systèmes mais n’a pas encore fait le pas pour utiliser cette plate-forme intégrée. "Il y a une vraie question en France à mener sur la conduite du changement", explique Thomas Grand. "Utiliser de tels outils demandent de revoir la pyramide des compétences en créant des métiers plus transverses et plus attirants", assure-t-il.

Le nucléaire français méfiant

C’est une démarche qui semble prendre plus de temps dans la famille nucléaire française que dans d’autres filières nationales. "Pourtant, en tant qu’équipe de France du nucléaire et du fait de notre proximité en terme de culture d’ingénierie et de sûreté, nous pourrions des performances encore plus élevées", s’enthousiasme Thomas Grand. L’un des freins est peut-être celui de la sûreté. Les autorités de contrôle voient d’un très bon œil ce type de plate-forme sur lesquelles elles peuvent se connecter directement pour préparer et faciliter leurs inspections. Une révolution dans la manière de travailler qui demandera du temps à être acceptée par les grands donneurs d’ordres français.

Mais les coopérations se précisent. Déjà ce 29 juin,  Dassault Systèmes vient d’annoncer un partenariat avec l’une des principales ingénieries nucléaires de la planète, Assystem. A court terme, EDF s’apprête à lancer un appel d’offres pour gérer la plate-forme du chantier de la construction de deux EPR à Hinkley Point en Angleterre. Dassault Systèmes va regarder de près ce projet.

Ludovic Dupin
 

 

 

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