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L'Usine de l'Energie

Au bonheur des déchets

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À Forbach, les déchets biologiques des foyers deviennent de l’électricité, de la chaleur, du compost et même du carburant. Une installation unique en France qui devrait faire des petits dans les années à venir.

Au bonheur des déchets

Les entreprises citées

dans la commune de Morsbach, à proximité de Forbach (Moselle), c’est avec des déchets que l’on remplit le réservoir de son véhicule… Du moins les heureux élus qui sont équipés d’une voiture à gaz et les utilisateurs de véhicules des services publics. En faisant le plein à la station GNVert, l’automobiliste aperçoit, quelques mètres plus loin, l’imposante usine Méthavalor où sont triés et méthanisés des déchets biologiques. Ce site en extrait le précieux biogaz capable de servir de carburant mais aussi d’alimenter d’autres usages énergétiques. Il a été construit et est opéré par le Syndicat mixte de transport et de traitement des déchets ménagers de Moselle-Est (Sydeme), qui regroupe 14 intercommunalités. Un projet pensé dès 2005 et affiné jusqu’à la mise en service progressive, en septembre 2011. Dernière évolution : depuis début 2013, Méthavalor peut injecter du biogaz sur le réseau de gaz naturel.

L’originalité de ce process est sans doute qu’il commence dans la cuisine des 385 000 habitants des 14 intercommunalités, où sont collectées entre 40 000 et 45 000 tonnes de biodéchets par an, soit un tiers de leurs poubelles. Le Sydeme fournit des sacs poubelles de diverses couleurs : vert pour les biodéchets, orange pour les recyclables, bleu pour le résiduel. Les camions bennes ramassent tous les sacs et les déposent en un tas impressionnant, au centre de tri multiflux, au bout de l’usine. Un système de reconnaissance optique identifie les couleurs des sacs et actionne l’ouverture de trappes pour trier les déchets. Les sacs verts de biodéchets sont envoyés au second poste de l’usine pour être broyés en morceaux de 5 à 6 centimètres maximum.

Économie circulaire

On arrive alors au cœur du processus : trois machines bleues particulièrement massives, d’une capacité de 1 500 tonnes. Ce sont des méthaniseurs. Poussés imperceptiblement par un flux piston, les déchets vont parcourir un chemin interminable, long de 21 mètres. Un trajet d’une extrême lenteur qui prendra trois semaines. Soumis à une température de 55 °C, les déchets dégagent du biogaz, essentiellement composé de méthane. Ce biogaz est collecté pour des applications énergétiques. La matière solide, elle, sera déshydratée pour obtenir du compost (8 000 tonnes par an).

Le biogaz récupéré est ensuite épuré grâce à un système de filtres développé par Air liquide. Le gaz obtenu est composé d’au moins 98% de méthane. Il peut être utilisé pour générer de la chaleur et de l’électricité. Il est injecté sur le réseau de gaz de GRTGaz, ce qui constitue une première en France. Enfin, il peut être conduit vers la station GNVert toute proche afin d’alimenter la quarantaine de véhicules de la flotte du Sydeme et quelques autres, particuliers. Au final, ces déchets alimentent 2 400 foyers en chaleur, 3 000 en électricité et fournissent l’équivalent de 400 000 litres de gasoil. Un bel exemple d’économie circulaire.

Pour le visiteur, ce process se caractérise avant tout par… l’odeur. Une forte essence d’ammoniac semble s’accrocher partout dans les bâtiments. Elle est même suffisamment forte pour repousser les personnes sensibles. Mais il suffit de s’éloigner de quelques mètres de l’usine pour que la pestilence disparaisse. Le secret : les bâtiments placés sous dépression conservent l’air à l’intérieur. Ce dernier ne peut s’échapper qu’à travers des filtres. Autre surprise, l’état du site. Pour une usine quasi neuve, le terrain semble bien peu entretenu. Des herbes folles ici, des sols de graviers là… En réalité, l’usine a été implantée sur l’habitat du crapaud vert. Aussi Méthavalor a-t-il dû conserver au maximum le site dans son état naturel afin de ne pas perturber les habitudes du batracien. Ou comment être vert jusqu’au bout en somme !

  • L’usine de Méthavalor reçoit plus de 40 000 tonnes de déchets par an. Issus d’une collecte mutliflux, ils sont triés selon leur type (organique, recyclable, résiduel).
  • Les matières biologiques sont broyées en morceaux, dont la taille ne dépasse pas 5 à 6 centimètres.
  • Les résidus solides sortant méthaniseurs font macérer les déchets pendant vingt et un jours à 55 °C, afin d’en extraire du biogaz.
  • Le biogaz est injecté sur le réseau de gaz, transformé en chaleur et en électricité, ou encore acheminé vers la station-service voisine.

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