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L'Usine Agro

Au biodiesel à l’huile de palme de Total, Avril répond par un biocarburant 100% colza français

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Le groupe Avril lance la production d’un carburant produit uniquement à partir de colza français, l’Oelo100. Il sera distribué en circuit court à des transports ou collectivités locales.

Au biodiesel à l’huile de palme de Total, Avril répond par un biocarburant 100% colza français
Le groupe avril lance un carburant produit à 100% à base de colza français
© giovanni_novara - Flickr - C.C

Plutôt que de continuer à se lamenter sur la concurrence déloyale de l’huile de palme indonésienne, importée par Total, ou du soja argentin au colza français pour produire les 7% de biodiesel qui sont ajoutés au carburant d’origine fossile, le groupe Avril a décidé de créer un nouveau débouché au colza français produit par 75 000 agriculteurs en France. Il lance un biocarburant répondant à la norme européenne B100, produit à 100% à base de colza français, l’Oleo100.

Il sera produit "d’abord sur le site d’Avril à Grand Couronne à côté de Rouen (Seine-Maritime) où des investissements conséquents ont été réalisés", explique Kristell Guizouarn, responsable du projet au sein du groupe Avril. À termes, d’autres sites de production pourraient être créés. L’objectif du groupe étant pour l’heure de fournir 15 000 véhicules d’ici 2023, soit une toute petite partie du parc de poids lourds français qui compte 533 000 camions et 940 000 autobus et autocars. Un objectif "ambitieux" mais "raisonnable", précise Kristell Guizouarn. Car Avril ne veut pas concurrencer le biodiesel, mais vise des flottes des transporteurs ou collectivités engagés dans une transition écologique, qu’il fournira directement, et non via le réseau de pompes des pétroliers.

Cibler les transporteurs et collectivités militants

"La distribution [de carburant] sans intermédiaire est un nouveau métier pour Avril, explique la responsable du projet. On ne vend pas l’Oleo 100 à un pétrolier mais directement aux cuves de stockage. Et pour les clients qui le souhaitent, on s’occupera de tout jusqu’à l’installation d’une cuve connectée." Avril mise sur la "fierté" des clients à rouler au colza français, qui "l’afficheront sur leurs véhicules", anticipe Kristell Guizouarn. Et pour un coût compétitif à celui du gazole ou du GNV. La transformation pour rendre compatibles les camions à ce biocarburant ne coûte que 1 000 euros et elle est prise en charge par Avril. A contrario, le gaz naturel véhicule (GNV) pour le bioéthanol requiert une motorisation différente.

Avril met bien sûr, en avant, les réductions d’émissions de gaz à effet de serre de son biocarburant au colza, - jusqu’à -80% -, mais uniquement pour les moteurs anciens, de type Euro 3 ou Euro 4, encore très polluants. L’Oleo100 aurait un bilan carbone 2,5 fois meilleur que le gazole classique et deux fois plus propre que celui du GNV.

La France n’est pas pionnière. "En Suède, des flottes de bus avec ce type de biocarburant, reconnaît Kristell Guizouarn, mais Avril leur en fournit déjà une partie sous une autre marque". Et si ce n’est pas l’ambition du groupe Avril, qui veut se limiter à ces flottes de transporteurs militants, le groupe aurait le potentiel de faire rouler de 100 000 à 150 000 poids lourds à l’Oleo100.

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4 commentaires

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12/11/2018 - 18h16 -

je re continue; l'agriculture a pendant longtemps été le principal fournisseur d'énergie, par le bois, le charbon de bois, pour le chauffage et l'industrie; c'est vrai avant le charbon, et cette énergie agricole était renouvelable. Je rappelle qu'il y a plus de bois dessous que dessus; et plus on coupe, plus ça repousse, consommant au passage tout le CO2 dégagé par la combustion des coupes précédentes. En ce qui concerne le colza, son huile laisse un sous produit appelé tourteau consommé par les porcs, volailles, vaches et qui pour le moment est importé (lui aussi, et suite à des accords douteux avec les US) sous le nom de tourteau de soja. Ce qu'il est important de savoir, également, c'est que les conditions de production en France, en Europe (un peu moins) n'ont rien à voir avec les conditions de production du Brésil ou des USA; pays d'où vient le dit soja. Pour sortir du sujet, posez-vous la question, quand vous remplacez la viande par du soja, s'il est est produit correctement.
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12/11/2018 - 18h06 -

je continue; le pétrole, malgré ses inconvénients restera pour encore longtemps la base énergétique des transports de toute nature, parce qu'on ne change pas de système du jour au lendemain, que les moyens de faire ce transport existent, et qu'on ne voit que le petit bout de celui-ci qui roule sur les routes. on oublie tant dans les raisonnements que pour les taxations, les bateaux et les avions. je ne parle même pas de la plaisance, tourisme et autre. Reste le courant électrique et semble-t-il les politiques ont envie de pousser de ce côté; seulement on oublie que il se stocke difficilement et qu'on le veut quand on en a besoin. Et on parle en même temps de fermer les centrales nucléaires. Tout cela est peu sérieux; mais ce n'est pas tout. Les matériaux nécessaires pour mettre en oeuvre un système tout électrique, fut-il, et à plus forte raison, issu de renouvelable, demande des matériaux miniers qui sont rares, et comment va-t-on les chercher ? Avec du pétrole !
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12/11/2018 - 17h56 -

Bonjour, comme toujours, il y aura des gens bien intentionnés qui se poseront les mauvaises questions; du type; combien ça coûte, est-ce que les terres agricoles doivent servir à produire de l'énergie, etc ... Il faudra peut-être un jour arrêter de blablater et se mettre autour d'une table avec de vrais experts. Tout système productif économique consomme de l'énergie. Celle-ci depuis un peu plus d'un siècle nous est fournie quasi gratuitement par le le charbon, le pétrole, un peu d'uranium un peu de biomasse et quelques grammes de renouvelables. Que constate-t-on ? les énergies fossiles, gratuites car profondément enfouies dans le sous-sol avant notre arrivée ont deux inconvénients majeurs. Elles émettent du CO2 et ça, c'est pas bon du tout pour notre planète, et elles sont épuisables, contenues de plus dans des sous-sol ne nous appartenant pas et dont les personnes détentrices jouent un peu avec nos nerfs.
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08/11/2018 - 14h37 -

C'est intéressant le biocarburant à l'huile de Colza ! Simplement, il faudrait connaître son prix de revient ? Et l'impacte au niveau coût alimentaire d'utiliser des terres arables etcultivables ? Carlos TAVARES, le Président de PSA a dit par rapport à la voiture électrique: « Le monde est fou. Le fait que les pouvoirs publiques nous ordonnent d’aller dans une direction technologique, celle du véhicule électrique, est un gros tournant. Je ne voudrais pas que dans 30 ans on découvre quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air, sur le recyclage des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électromagnétiques... » Ce raisonnement est aussi valable pour le bio-carburants quels seront les conséquences à moyen et à long termes ? Inflation sur le prix de la nourriture ? Famines ? «Toute cette agitation, tout ce chaos, va se retourner contre nous parce que nous aurons pris de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels.»
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09/11/2018 - 09h15 -

Encore la litanie habituelle anti bio carburants qui affameraient la planète... pendant que les medias relaient sans cesse qu'il faut manger moins de viande, elle aussi cause de tous les maux et nécessitant x fois ce qu'il faudrait avec une alimentation purement végétale... un jour ou l'autre, il faudra bien arrêter d utiliser les carburants fossiles, et la seule solution c'est la production agricole, qui fait tourner le cycle du carbone et limite donc l'augmentation du CO2 dans l atmospheèe. Et puis les matières premieres agricoles n'ont jamais été aussi peu chères, c'est donc un faux problème...
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10/11/2018 - 15h09 -

@LORRE : Ce n'est qu'une question de proportion, c'est un peu comme l'huile de palme ! Moins de 5% des terres agricoles utilisés, ça ne changes pas grand chose, mais plus de 30%, là ça change TOUT !!! Sans compter que les biocarburants ne fonctionnent que parce qu'ils sont très fortement détaxés, mais que ce passerait-il si tous les Français par exemple voulaient passer au Superéthanol E85 ou au Biodiesel, les productions ne suivraient pas et le gouvernement serait obligé de les taxer fortement... On parles de solutions qui fonctionnent techniquement, mais pas économiquement ! Et je ne vois pas de différences fondamentales entre les biocarburants à base d'huile de palme et ceux au colza... en dehors de pouvoir produire en France !
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