Quotidien des Usines

Attractivité : la France souffre de sa mauvaise réputation

, ,

Publié le

Document L’attractivité française est plombée par une mauvaise image à l’étranger, selon le député radical de gauche de Haute-Corse Paul Giacobbi. Pour le député, il faut corriger cette image contreproductive qui nuit à notre pays, attractif par ailleurs.

Attractivité : la France souffre de sa mauvaise réputation © PSD Graphics

Paul Giacobbi, le député radical de Haute Corse, a remis le 28 juin son rapport «L'attrait de la France pour les investisseurs étrangers», commandé par Nicolas Sarkozy en novembre 2009. Passé inaperçu jusqu'à aujourd'hui, il a été révélé par Les Echos, ce matin. Dès l’introduction de ce rapport, le député annonce la couleur : les pays occidentaux font peur. Recrudescence du chômage, renforcement du droit du travail, augmentation des impositions dans le cadre d’une politique de rigueur sont autant de facteurs d’instabilité qui effraient les éventuels investisseurs. Car «contrairement à une idée reçue, les salaires des pays émergents pour les secteurs qui concurrencent les entreprises établies dans les pays occidentaux sont bien plus élevés que les salaires moyens.» Mais, «le monde nouveau de l’après-crise sera beaucoup moins favorable à l’Occident. Dès lors, la compétition entre les territoires occidentaux notamment pour attirer l’investissement, l’activité et l’emploi s’en trouvera considérablement renforcée», annonce  Paul Giacobbi. Une compétition rude, où la France risque d'être tirée par le bas à cause de sa fiscalité notamment.

«En France, nous avons les meilleures infrastructures et la qualification de notre main d'oeuvre est exceptionnelle. Mais la France n'apparait pas comme "business friendly". Les Allemands parlent anglais. Leurs ambassadeurs les acceuillent à bras ouverts, contrairement à nos ambassades françaises», nous explique Paul Giacobbi. Beaucoup d’interlocuteurs interviewés pour ce rapport ont employé l’expression : « Nous ne voulons pas être piégés en France». Pourtant, le rapport souligne que la France offre aux entreprises un régime d’amortissement dégressif favorable à l’investissement, doublé d’un crédit recherche le plus incitatif au monde. Côté charges sociales, nous serions au même niveau que les Etats-Unis. « Cette réalité, jointe à la rigidité des relations du travail dans le secteur automobile aux Etats-Unis, explique pourquoi tous les grands constructeurs américains ont fait faillite ou ont dû être de facto nationalisés tandis que Renault et PSA continuent à gagner de l’argent même en construisant des voitures en France», illustre Paul Giacobbi. Si la réalité n’est pas aussi tranchée, les témoignages collectés sont quasi-unanimes et amènent le député à dire : «Je crois que notre désavantage est celui de notre mauvaise réputation dans le domaine des charges sur les entreprises, du sentiment que l’administration française est rigide et complexe.»

Rétablir la confiance

Notre mauvaise réputation est aggravée par notre réticence à parler la langue de Shakespeare. Le rapport rappelle que si le français est toujours une langue de culture prestigieuse, cette dernière ne pouvait avoir le rôle de langue « véhiculaire des sciences, des technologies et des affaires au niveau mondial». Notre incapacité à parler anglais et doublée d'un déficit de communication qui viendrait également du manque de savoir-faire des chefs des entreprises françaises. Enfin, nos champions nationaux de l’industrie pècheraient par orgueil. «Nos champions nationaux portent souvent le poids d’échecs stratégiques qui proviennent parfois d’une terrible erreur de perspective industrielle qui nous fait systématique imaginer que les succès est assuré en proposant une merveille de technologie innovatrice», accuse le député. Selon lui, ce syndrome remonterait à la conception du Concorde. Et de citer pêle-mêle : l’avion A380, le chasseur Rafale ou le réacteur nucléaire EPR. «Ces merveilles font la fierté de notre industrie et flattent, à juste titre, notre orgueil national mais ne correspondent pas toujours aux besoins exprimés par les clients internationaux.»

Le rapport pointe du doigt le souci principal de l’attractivité française : sa réputation. Et la solution proposée est d’établir un «contrat de confiance». Il s’agit d’un engagement respectif entre une entreprise – étrangère ou non – désireuse d’investir et l’Etat français.  La partie publique devra « exposer l’ensemble des règles applicables et des procédures afférentes à l’investisseur, ainsi que l’ensemble des aides» publiques accordées. Cet engagement garantira une stabilité favorable à des projets d’investissement. En échange, l’entreprise prendrait des engagements en termes d’emploi et s’engagerait à ne pas délocaliser pendant un temps négocié dans ce contrat. Cette procédure est déjà possible dans le droit anglo-saxon. En France, un cas similaire avait déjà été mis en place pour gagner un projet. Pour attirer le parc d’attraction Euro Disney, les pouvoir publics ont adopté une loi spécifique comprenant des dispositions fiscales afin d’attirer cet investisseur à proximité de Paris. Quant à la question du coût d’un tel contrat, la réponse du député est qu’il serait ridicule de s’en émouvoir car, sans la garantie du contrat de confiance, l’investisseur pourrait renoncer à s’installer en France, ne payant du coup pas un euro d’impôt à l’Etat.

L'attrait de la France pour les investisseurs étrangers




 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte