Attentat dans l'Isère : l'émotion et la vigilance de l’industrie chimique

Gaëlle Fleitour

Publié le , mis à jour le 27/06/2015 À 11H03

Très affectée par les évènements survenus vendredi sur le site isérois du fabricant de gaz Air Products, l’industrie de la chimie a exprimé sa solidarité et tente de comprendre. Tout en protégeant au mieux les autres sites français jugés sensibles.

Le choc. L’annonce de l’attentat survenu le vendredi 26 juin à l’usine d’Air Products de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, a bouleversé l’industrie chimique. Seifi Ghasemi, PDG de ce groupe américain s’est dit "horrifié et attristé par l’attaque sur notre usine en France". Tout en saluant la réponse "rapide" des autorités françaises.

"L’UIC dénonce cet attentat et s’associe à la douleur des victimes, confie Jean Pelin, le directeur général de l'Union des Industries Chimiques (UIC), à L’Usine Nouvelle. Elle adresse ses plus sincères condoléances à la famille du chef d’entreprise tué dans cet attentat. Toute l’industrie chimique est solidaire d’Air Products".

A Saint-Quentin-Fallavier, ce groupe chimique, qui dispose de trois sites de production en France, produit et stocke des bouteilles de gaz industriels type oxygène et azote, à destination de la sidérurgie, des hôpitaux... L’entreprise figure parmi les principaux concurrents de l’industriel français Air Liquide. Ce dernier a lui aussi tenu à exprimer "toute sa solidarité envers les victimes des événements dramatiques ayant eu lieu (…) et envers les salariés" d’Air Products. Tout en rappelant qu’il s’agit bien de "deux groupes distincts". "Air Liquide suit avec attention et en lien avec les pouvoirs publics tout nouveau développement sur le sujet" conclut une porte-parole de l’entreprise française.

Sur les 1170 sites sensibles en France, un tiers appartiennent à la chimie

Le site de Saint-Quentin-Fallavier était classé Seveso, soit site industriel sensible, de seuil bas. Le ministère de l'Energie a immédiatement demandé vendredi aux exploitants des autres sites Seveso – soit 1 170 usines en France, dont un tiers d’usines chimiques - de renforcer leur vigilance. Les directions régionales du ministère ont donné pour consigne "de renforcer la présence humaine sur les sites de stockage, de restreindre les entrées, de faire des rondes de sécurité, et d'être plus attentifs aux mouvements sur les sites, tels que les livraisons, les travaux...", a expliqué un porte-parole du ministère à l'AFP.

Depuis 1982, l’Europe impose aux États d'identifier par cette classification les sites industriels pour lesquels un accident pourrait entraîner des conséquences immédiates graves pour le personnel, les riverains, les biens et l'environnement et de prendre les mesures pour y faire face. Les industriels veillent donc à la surveillance d'accès des personnes, des véhicules et des colis et à la limitation à l'accès à certaines zones. Ces sites étant classés en "seuil haut" ou "seuil bas", selon la quantité totale de matières dangereuses sur place.

Vigilance renforcée sur les sites depuis l’attentat contre Charlie Hebdo

"Chaque site Seveso réalise une étude de danger extrêmement complexe pour prendre en compte l'exhaustivité des phénomènes dangereux et des différentes sources. La malveillance en fait partie. Après l'attentat de janvier contre Charlie Hebdo, nous avons d'ailleurs sensibilisé encore plus nos adhérents sur les mesures à prendre", a expliqué, Philippe Prudhon, directeur du département des affaires techniques à l'UIC, à l’AFP.

L’industrie est-elle-même décontenancée. "Pour le moment n'ayant pas une vision claire de ce qui s'est passé à Saint-Quentin-Fallavier, nous attendons la publication d'informations, poursuit Philippe Prudhon. Nous verrons alors avec les autorités si des mesures doivent être mises en place, sachant que les sites Seveso sont déjà les plus réglementés qui existent".

Chez Air Products, le renforcement de la sécurité sur ses différents sites à travers le monde vient d’être annoncé.

Gaëlle Fleitour
 

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