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Atos tire 30% de son chiffre d’affaires 2018 du digital, pas assez pour dynamiser sa croissance

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Plombé par le recul inéluctable de ses activités traditionnelles d’infogérance, le groupe français de services du numérique Atos progresse dans le digital en portant le poids de ses activités dans ce domaine à 30% du chiffre d’affaires en 2018, contre 23% en 2017. Pas assez pour dynamiser sa croissance organique.  

Atos tire 30% de son chiffre d’affaires 2018 du digital, pas assez pour dynamiser sa croissance
Thierry Breton, PDG d'ATOS, à la manoeuvre pour transformer le groupe
© Guittet Pascal

Atos poursuit tranquillement sa transformation. Le deuxième groupe français de services du numérique derrière Capgemini, qui compte 122 100 personnes dans le monde dont 16 500 en France, porte la part de ses activités dans le digital à 30% de son chiffre d’affaires de 12,26 milliards d’euros en 2018. Leur poids était de 23% en 2017 et de 13% en 2016. Et l’ambition de Thierry Breton, qui le dirige depuis novembre 2008, est d’atteindre 40% en 2019.

IBM, modèle de transformation

La part du digital dans le chiffre d’affaires constitue le baromètre de transformation des entreprises de services du numérique (ESN), challengées dans leur modèle économique par la révolution du cloud computing. Toutes sont en course pour l’accroître de façon à amortir le choc dans leurs activités traditionnelles d’infogérance. IBM, numéro un mondial des services du numérique, apparaît comme un modèle. Le groupe américain a pris la tête en franchissant la barre de 50% en 2018, mettant fin à six années consécutives de déclin de son chiffre d’affaires.

Atos opère dans quatre segments du digital : le cloud computing notamment à travers Canopy, sa coentreprise avec Dell EMC et VMware,  la numérisation des processus de travail à travers sa plateforme Digital Workplace, le big data et la cybersécurité à travers son offre Codex, et dans l’Internet des objets à travers ses services de mise en œuvre de la base de données SAP Hana de l'éditeur allemand de logiciels SAP.

Champion européen du cloud hybride

C’est le cloud, où Atos propose des services managés de cloud privé, public et hybride, qui constitue le principal moteur. Le chiffre d’affaires dans ce segment d’activité atteint 1,14 milliard d’euros en 2018, en progression de 35%. Ce qui amène Eric Grall, le patron de l’activité IDM de gestion d’infrastructure et data, à revendiquer le titre de champion européen dans le cloud hybride. Selon le cabinet Pierre Audoin Consultants, le groupe de Thierry Breton s’impose comme le champion français du cloud, services informatiques associés inclus, devant Orange, Capgemini, OVH et Sopra Steria.

Le cloud représente 18% du chiffre d’affaires de l’activité IDM (6,33 milliards d’euros) en 2018, contre 15% pour les activités traditionnelles d’infogérance. L’objectif d’Eric Grall est de porter sa part à 27% en 2021 grâce à une croissance moyenne de 15% par an, contre une progression organique de 1% pour l’ensemble de l’activité IDM. Atos repose pour le cloud privé sur Canopy. Mais dans le cloud public, il  s’appuie sur des partenariats stratégiques avec trois des quatre leaders mondiaux : Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud. A l’horizon 2021, il voit le portefeuille de ses clients dans la gestion d’infrastructure à 50% dans le cloud privé, 25% dans le cloud public et 25% dans l’informatique traditionnelle.

Obstacle majeur à la reprise de la croissance

Si Atos a évité jusqu’ici le cycle infernal du déclin qui a frappé IBM, le groupe reste guetté par le spectre de la stagnation. En dépit du boom du cloud, de l’Internet des objets ou de la numérisation de l’espace de travail, l’activité IDM continue à plomber ses résultats avec un déclin de son chiffre d’affaires de près de 3% en 2018. "La société cherche à passer des secteurs d'activité en déclin à ceux en stagnation, tout en passant à des services à plus forte croissance par le biais d'investissements organiques et inorganiques afin de reprendre une croissance organique modérée des revenus à long terme, commente Andrew Lange, analyste financier chez Morningstar. Nous pensons que l’exercice 2019 sera aussi riche en événements que celui de 2018. Nous prévoyons un remaniement important du portefeuille de produits et de la stratégie, la société digérant les acquisitions de Syntel et de Six Payment Services, tout en réduisant sa participation dans Worldline,  son ancienne activité dans le paiement électronique. Malgré tout, nous continuons de penser que les activités de gestion d’infrastructure et de données IDM  constitueront un obstacle majeur à la reprise de la croissance globale d’Atos, et nous ne pensons pas que nous verrons un redressement rapide de ces activités dans un avenir proche."

Un pessimisme qui n’empêche pas Thierry Breton de tabler sur une croissance organique de 2 à 3% en 2019, contre seulement +1,2% en 2018. Malgré les difficultés dans les activités traditionnelles, le PDG se targue d’avoir complètement métamorphosé le groupe en 10 ans, doublant son chiffre d’affaires, son effectif et sa rentabilité, quadruplant sa marge d’exploitation et multipliant par sept sa capitalisation boursière.

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