Atos se rêve en futur Microsoft de l'ordinateur quantique

Le groupe informatique va commercialiser un simulateur d'ordinateur quantique basé sur un supercalculateur ultra compact. Associée à un langage de programmation universel, l'offre vise les futurs développeurs d'algorithmes quantiques et positionne Atos comme l'un des pionniers dans le domaine des logiciels de l'informatique du futur.

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Atos se rêve en futur Microsoft de l'ordinateur quantique
Informatique quantique. photo d'illustration

La machine dévoilée ce mardi 4 juillet à Bruxelles par le PDG d'Atos, ressemble à une grosse armoire informatique. Pourtant selon Thierry Breton, elle pourrait représenter un pas considérable vers l'ordinateur quantique. Selon le groupe informatique, il s'agit du simulateur d'ordinateur quantique le plus puissant qui sera commercialisé sur le marché. "On ne sait pas quand l'ordinateur quantique verra réellement le jour. Mais d'ores et déjà, avec un tel simulateur, il sera possible de programmer des applications pour de tels ordinateurs. Pour maîtrise ce codage qui répond à de nouvelles règles, il faut s'y prendre dès maintenant", explique le responsable. Il vise dans l'immédiat les 3000 spécialistes du domaine présents dans les universités et laboratoires, les cellules R&D des entreprises, les start-up.... Mais le pari a une portée bien plus grande.

La cybersécurité comme premier débouché

L'ordinateur quantique fait fantasmer toute la planète informatique et scientifique. En appliquant les principes complexes et souvent contre-intuitifs de la mécanique quantique, ce type de machine pourrait faciliter la résolution de problèmes nécessitant une puissance de calcul hors de portée par les ordinateurs actuels. Les premières applications concerne la cryptographie qui sécurise les communications les plus sensibles. "Les clés de chiffrement les plus puissantes actuellement ne résisteraient pas longtemps à un ordinateur quantique", explique Philippe Vannier, directeur de la technologie chez Atos. Toutefois le simulateur présenté n'en serait pas capable car s'il simule le fonctionnement d'un ordinateur quantique, il n'en pas pas la rapidité.

Jusqu'à 40 bits quantiques

La machine commercialisée sous le nom d'Atos Quantum Learning Machine (AQLM) simule un ordinateur quantique exploitant jusqu'à 40 bits quantiques (Qubits). Cette unité élémentaire d'informatique n'a rien à avoir avec le bit informatique classique capable de prendre la valeur 0 ou 1. Sous le capot, le simulateur abrite un supercalculateur ultra compact. Atos est un des leaders du domaine. Son modèle Sequana est capable potentiellement d'effectuer un milliard de milliards d'informations par seconde.

L'ordinateur quantique est une réponse aux limites de l'informatique telle qu'elle existe aujourd'hui. Etablie il y a plus de 50 ans, la fameuse loi de Moore, prédisant le doublement des capacités de traitement des microprocesseurs tous les ans, touche à ses limites. "Entre 2015 et 2020, la puissance des ordinateurs sera multipliée par un facteur 1000. Mais au-delà, on ne tiendra plus ce rythme", explique Philippe Vannier. Les fabricants de semi-conducteurs atteignent en effet une limite physique dans les procédés de gravure de leurs composants, avec une finesse de l'ordre de quelques atomes.

Un prix de lancement agressif

Dans la bataille de l'ordinateur quantique, Atos se distingue de la concurrence mondiale. Tous les grands pays sont engagés : Etats-Unis, Chine, Europe, Canada, Australie... Des grands acteurs comme des start-up de l'informatique ou des laboratoires en pointe de la physique quantique essaient de concevoir l'ordinateur qui aligne le plus de bits quantiques. Le groupe informatique français a choisi une autre voie qui pourrait s'avérer payante. Un peu sur le modèle de ce qu'il s'est passé durant la ruée vers l'or au XIX siècle en Californie. Ceux ne sont pas les chercheurs d'or qui se sont enrichis mais ceux qui leurs ont vendu les pelles et les pioches ! Ainsi Atos prend le pari de s'adresser aux développeurs des futures applications quantiques en leur livrant avec le simulateur un langage de programmation universel. "Ce langage sera indépendant de l'architecture de l'ordinateur quantique qui s'imposera", estime Philippe Vannier. qui précise que son groupe est autant intéressé par le vente des simulateurs que des logiciels associés. Pour en favoriser l'adoption, le groupe propose son package à un prix extrêmement agressif: 100 000 euros pour le simulateur d'une machine à 38 bits quantiques jusqu'à 1 million d'euros pour celle à 40 bits quantiques.

Il cible en premier lieu les universités, les laboratoires ou les start-up qui veulent équiper leurs chercheurs. Il estime à environ 3000 chercheurs la communauté mondiale des spécialistes dans ce domaine. Or dans l'édition de logiciels, les éditeurs pionniers sont souvent ceux qui finissent pas s'imposer: Microsoft dans les systèmes d'exploitation des PC, Google dans les moteurs de recherche, Amazon dans le commerce en ligne...Reste à savoir si cette vérité restera d'actualité dans l'informatique quantique.


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