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PME-ETI

Asteelflash, acquisitions à haute fréquence

Frédéric Parisot , , , ,

Publié le

Enquête Dixième étape de notre série avec ce spécialiste de la sous-traitance électronique, devenu l’un des leaders mondiaux grâce à une politique méthodique de rachats.

Asteelflash, acquisitions à haute fréquence © Asteelflash correspond aujourd’hui à l’idée que Gilles Benhamou, son fondateur, s’en faisait en 1999.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Dans l’électronique, il n’y a pas que la technologie qui évolue vite. Les entreprises aussi. Passé de zéro à 5 700 salariés en douze ans seulement, Asteelflash figure aujourd’hui parmi les quinze premiers fabricants de cartes électroniques au niveau mondial ! Et occupe la place de numéro deux en Europe. Pour grandir à une telle vitesse, l’entreprise de taille intermédiaire (ETI) a multiplié les acquisitions, d’abord en France puis à l’étranger. Une stratégie de croissance maîtrisée, assure Gilles Benhamou, le PDG et fondateur de la société dont il détient 25%, avec pour co-actionnaires le Crédit agricole, Natixis ou Crédit mutuel Arkea entre autres.

Derrière cette stratégie, une idée : servir ses clients – des opérateurs des télécoms, des constructeurs d’automobiles, des fournisseurs d’équipements industriels – au plus près. Ils sont en effet nombreux à attendre une prestation électronique de proximité. "C’était déjà le modèle économique de Facon, la première entreprise que j’ai reprise en 1986, et qui est toujours restée chère à mes yeux", explique-t-il. Le groupe Asteel est donc créé en 1999 sur le même modèle. Son objectif : devenir le premier sous-traitant français en industrialisation et en fabrication de cartes et d’équipements électroniques. Une position qu’il atteint en moins de dix ans. En 2008, Asteel compte déjà dix usines en France et deux sites de production à bas coûts en Tunisie.

Un développement rapide

  • Croissance + 39% entre 2009 et 2011
  • Sites de production 23 sur quatre continents
  • Chiffre d’affaires 595 millions d’euros en 2011
  • Effectif 5700 salariés

Le tableau de bord

Facteurs de succès
  • Une présence industrielle dans les pays à bas coûts et dans les pays matures
  • Un chiffre d’affaires équilibré sur ses marchés et secteurs d’activité
  • La volonté de standardiser l’organisation de ses sites de production

Facteurs de risques

  • La difficulté d’intégrer un groupe constitué par de nombreuses acquisitions
  • Le prix d’achat des composants électroniques difficile à négocier pour une ETI
  • Les changements culturels à imposer dans les usines situées à l’autre bout du monde

La recherche de complémentarités

Après la France, Gilles Benhamou s’attaque à l’international. L’industriel veut être présent en Europe, aux États-Unis et en Asie. "Le service de proximité, c’est accompagner les clients là où ils vendent leurs produits, insiste l’entrepreneur. Beaucoup d’entre eux veulent un interlocuteur unique capable de fabriquer pour leur compte dans le monde entier." Fort d’une expérience internationale acquise lorsqu’il dirigeait le groupe G. Cartier, le dirigeant se lance dans une série d’acquisitions. Ses choix se portent d’abord sur des entreprises complémentaires sur le plan géographique.

En 2008, il rachète le britannique MRP, puis le canadien Flash Technologies disposant d’usines aux États-Unis et en Chine. Devenu Asteelflash, le groupe poursuit sa croissance en 2011 avec le rachat du français TES. Cette fois, il s’agit d’une société complémentaire en termes de positionnement, lui permettant de se renforcer sur le marché de la défense. Enfin, en 2012, le spécialiste de la sous-traitance électronique procède aux rachats de l’américain Catalyst, intéressant pour sa présence sur la côte ouest des États-Unis et au Mexique, et de l’allemand AMS grâce auquel il assoit sa position en Europe de l’Est. Ces opérations sont réalisées par autofinancement (l’équipe d’Asteelflash a mené les négociations avec l’aide d’avocats locaux) et avec quelques partenariats (notamment avec Varitron, implanté en Inde). Le groupe correspond désormais à ce qu’en avait imaginé Gilles Benhamou au moment de sa création. "Après s’être fait une place sur le marché français, Asteelflash a su étendre son modèle à l’international. Il est même parvenu à conserver une dimension de proximité dans son offre de production low cost", salue Michel de Nonancourt, le président du Syndicat national des entreprises de sous-traitance électronique (Snese).

Si Gilles Benhamou reste ouvert à d’éventuels partenariats, notamment au Brésil, il considère que la phase de croissance externe est terminée. Désormais, place à l’uniformisation. "Asteelflash ne devait surtout pas devenir un simple conglomérat d’entreprises, précise-t-il. Il fallait en faire un véritable groupe avec des valeurs communes." Entouré d’anciens industriels de l’automobile (notamment son directeur de la qualité et son directeur de l’amélioration continue), il travaille depuis 2008 à la mise en place d’un système organisationnel digne des grands groupes industriels.

Une méthode de groupe

L’Asteelflash Excellence System (AES) décrit les méthodes de travail que doivent adopter les sites en matière de qualité, de ressources humaines, de lean manufacturing, de technologie et d’organisation de la supply chain. Chacun de ces thèmes comporte cinq axes et chacun d’eux est évalué annuellement sur une échelle de 1 à 5. Avec la même exigence de rapidité qu’il a appliquée à ses acquisitions, le président d’Asteelflash souhaite que le niveau de maturité des sites augmente rapidement. Tous ont atteint une note minimum de 2 sur l’ensemble des critères en 2012, et doivent parvenir au niveau 3 cette année. Même pour les sites allemands et tchèques, récemment intégrés dans le groupe, qui n’ont disposé que de dix-huit mois pour se mettre à niveau. "Notre objectif à moyen terme, c’est qu’un client qui visite une usine française n’ait pas besoin de visiter l’usine chinoise, et inversement", assure Gilles Benhamou.

Cette uniformisation présente un avantage non négligeable : elle permet d’optimiser les achats de composants. Un aspect primordial dans le secteur de l’électronique, où les pénuries sont fréquentes et où les délais d’approvisionnement peuvent s’allonger jusqu’à dix ou vingt semaines. Grâce à son organisation centralisée, Asteelflash a plus de poids vis-à-vis de ses fournisseurs et peut optimiser ses stocks. "Asteelflash est l’un des premiers industriels de l’électronique à avoir su prendre en compte l’importance de cette dimension achats", note Michel de Nonancourt, qui n’hésite pas à ériger l’ETI en exemple auprès de ses adhérents.

Un développeur d’entreprises

Gilles Benhamou a occupé un poste de haut fonctionnaire au ministère de l’Industrie pendant dix ans avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. En 1986, ce polytechnicien prend la tête de Facon, un sous-traitant en électronique en difficulté. Il redresse l’entreprise et rachète le groupe G. Cartier, fabricant de systèmes électroniques pour l’automobile, et le développe à l’international. Il le vend en 1998 pour fonder Asteel, qui n’a cessé depuis lors de se développer en taille mais aussi en type de prestations (aide à la conception, injection plastique, logistique…) et en clientèle (communications, industrie, médical, aérospatiale, informatique…). Son projet : atteindre en 2013 un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars (près de 800 millions d’euros). 

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