Assystem Technologies se rebaptise Expleo pour mieux se démarquer

Assystem Technologies devient Expleo. Un nouveau nom qui le différencie du groupe Assystem dont il s’est séparé en 2017 et qui le lie à SQS, société allemande rachetée en 2018. L’occasion pour l’ingénieriste de réaffirmer sa volonté de se renforcer dans le numérique pour faire face à la concurrence des sociétés d’informatique.

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Assystem Technologies se rebaptise Expleo pour mieux se démarquer
Olivier Aldrin, président du ditectoire d'Expleo (ex Assystem Technologies)

Assystem Technologies ne fait plus partie du club des quatre "A" de l’ingénierie (aux côtés d’Altran, Alten et Akka). La société, détenue par le fond d’investissement Ardian, s’est rebaptisée Expleo. Un terme latin "qui signifie littéralement ‘compléter’ et ‘satisfaire’", précise le communiqué du groupe publié mercredi 6 février.

"Le but est de créer une identité plus claire et d’avoir un nom commun avec SQS, société spécialiste du conseil en transformation numérique et de l’assurance qualité que nous avons rachetée en 2018", explique Olivier Aldrin, président du directoire d'Expleo.

Plus cohérents

Un moyen aussi de clarifier son indépendance vis-à-vis de l’autre Assystem, groupe dont lequel la société s’est séparé en 2017. Celui-ci travaille majoritairement pour le secteur de l’énergie et du nucléaire en particulier. Expleo (ex Assystem Technologies) s’adresse lui aux industriels de l’automobile, l’aéronautique et l’assurance depuis peu avec le rachat de SQS. "Nous voulions être plus cohérents vis-à-vis de nos clients, même si le nom Assystem n’est pas difficile à porter. Il est gage de sérieux", explique Olivier Aldrin.

Le changement de nom ne s’accompagne pas d’un changement de stratégie. "Notre changement d’identité est en accord avec la stratégie mise en place il y a un an : devenir un acteur incontournable des nouvelles technologies dans les secteurs de l’aéronautique, de l’automobile et de l’assurance et services financiers", expose Olivier Aldrin.

Plus concrètement, l’objectif d’Expleo est de renforcer ses compétences en développement logiciel et en transformation digitale. C’était l’une des motivations du rachat de SQS. "Nos clients sont dans une démarche de réduction de leur panel de fournisseur, il y a donc une nécessité à proposer des offres complètes dites end-to-end (de bout en bout)", explique Olivier Aldrin. "L’industrie traditionnelle intègre de plus en plus de numérique dans ses produits. Dans une voiture, les logiciels embarqués constituent 50 % du coût d’une voiture", ajoute-t-il.

Concurrence indienne

Une démarche d’autant plus nécessaire que le secteur de l’ingénierie est concurrencé par les sociétés de conseil en informatique, en particulier les sociétés indiennes comme Infosys. "Ils ne sont pas encore très présents en Europe, mais on sait qu’il faut se préparer à leur arrivée", observe Olivier Aldrin. Le président du directoire craint moins la concurrence de Capgemini et Accenture qui lorgnent aussi sur l’ingénierie. "Pour fabriquer des logiciels embarqués pour l'automobile par exemple, il faut savoir comment fonctionne et est fabriquée une voiture. Ces sociétés n’ont pas ce savoir-faire."

Expleo continuera de développer ses filiales à l’étranger. En Australie notamment, pour suivre les grands donneurs d’ordre de la défense et de l’aéronautique. Et surtout en Europe de l’Est et en Inde où se trouve déjà 25 % des effectifs de l’ingénieriste. "Les avantages économiques de ces pays ne sont pas la seule raison. C’est aujourd’hui en Inde et dans certains pays de l’Est que nous trouvons le plus d’ingénieurs de qualité disponibles", affirme Olivier Aldrin. Expleo, comme les autres sociétés d’ingénierie, a de forts besoins en recrutement, en particulier pour des profils numériques. La société compte embaucher 5 000 personnes en 2019, dont 2 000 en France.

1,1 milliard d'euros de chiffre d'affaires

Olivier Aldrin rappelle qu’Expleo a avancé à grande vitesse en 2018. "En 2017 au moment de la séparation avec Assystem nous pesions 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, aujourd’hui après le rachat de SQS et notre croissance interne, nous sommes un groupe d’1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires qui emploie 15 000 personnes", se félicite le dirigeant. Expleo estime avoir désormais atteint la taille critique nécessaire. "L’objectif aujourd’hui n’est pas de doubler de taille, sauf si c’est pour aller vers de nouveaux secteurs et de nouveaux savoirs-faire. Nous voulons rester agiles."

Olivier Aldrin a par ailleurs confirmé que les entreprises d’ingénierie et d’informatique étaient visées par une enquête de l’Autorité de la concurrence. Olivier Aldrin dit avoir "aucune inquiétude" quant à l’issue de cette enquête.

1 Commentaire

Assystem Technologies se rebaptise Expleo pour mieux se démarquer

Arthur GENDRE
31/08/2019 15h:18

Ceci est probablement exact : "pour fabriquer des logiciels embarqués pour l'automobile par exemple, il faut savoir comment fonctionne et est fabriquée une voiture". Ceci l'est probablement tout autant concernant Cap Gemini ou Accenture qui lorgnent sur l'ingénierie : "Ces sociétés n’ont pas ce savoir-faire." Il faut aussi préciser que les entreprises d'interim traditionnel lorgnent sur l'ingénierie. Ont-elle le savoir-faire d'ingénierie? Non, elles n'en ont d'ailleurs pas la prétention. Les 4A cités (Altran, Alten, Akka & ex-Assystem T) sont des sociétés d'interim spécialisées en ingénierie dont le savoir faire est la gestion de l'interim d'ingénieurs, absolument pas de l'ingénierie, oser prétendre le contraire est à proprement parler fallacieux, mais bien évidemment courant puisque ce non dit est la clé de voute de cette industrie qui n'en est absolument pas une. Comment de telles confusions peuvent-elles subsister depuis plus de 20 ans en France, et en France seulement d'ailleurs ?

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