PME-ETI

Assises du financement : François Hollande tente de redonner confiance aux chefs d’entreprise

Arnaud Dumas , , , ,

Publié le

Près de 200 chefs d’entreprises et membres de la communauté financière étaient réunis à l’Elysée pour les Assises du financement et de l’investissement. Face à eux, François Hollande a détaillé son programme de soutien au développement des entreprises, entre mobilisation des acteurs publics du financement et réorientation de l’épargne vers les PME et les ETI. Des mesures convenues dont l’objet sera surtout de tenter de relancer la confiance des chefs d’entreprise.

Assises du financement : François Hollande tente de redonner confiance aux chefs d’entreprise © Présidence de la République

C’est un véritable exercice de soutien psychologique des entreprises auquel s’est livré François Hollande lundi 15 septembre. Les Assises du financement et de l’investissement ont donné l’occasion au président de la République de s’adresser directement aux chefs d’entreprises et à la sphère financière (banques, assureurs, capital investissement, etc.) réunis à l’Elysée.

"L’Etat est à vos côtés, la France a besoin de vous tous, a-t-il déclaré face à près de 200 invités. La seule cause qui doit nous rassembler, c’est l’avenir, il faut préférer l’avenir au présent, préférer le risque à la rente."

A côté des mots rassurants, François Hollande s’est également attaché à détailler les mesures qu’il mettrait en place d’ici la fin de l’année, accompagnés par les organismes publics de financement, pour favoriser celui des entreprises. Des mesures souvent déjà attendues, mais dont le chef de l’Etat entend renforcer la portée.

Soutenir la trésorerie des plus petites entreprises

A commencer par des mesures de soutien de la trésorerie des PME, particulièrement fragilisée. D’ici la fin de l’année, le gouvernement devrait tout d’abord lancer des campagnes de contrôles de l’application de la Loi de modernisation de l’économie (LME) relative aux délais de paiement. "Si la loi était respectée, 10 milliards d’euros seraient rendus aux entreprises de production", estime le Président.

Pour renforcer le crédit court terme, Bpifrance de son côté mettrait en place un fonds de garantie à destination des PME, pour des crédits jusqu’à 50 000 euros. Ce fonds de garantie sécuriserait les prêts bancaires et permettrait aux banques de prendre plus de risques. Environ 10 000 PME seront concernées.

En parallèle, Bpifrance va également renforcer son action pour les crédits d’investissement. La banque publique va mettre en place une initiative pilote avec les banques pour titriser les crédits de PME. Le dispositif permettrait de loger ces crédits dans des véhicules financiers pour le vendre à des investisseurs institutionnels, en bénéficiant d’une garantie à 100 % de la banque publique. Un moyen d’alléger le bilan des banques et de leur prêter davantage.

Réorienter les fonds de retraite et d’assurance vers les entreprises

Les investisseurs institutionnels (fonds de retraites, assurances, mutuelles, etc...) ont également été ciblés par François Hollande au cours des Assises. Le gouvernement prévoit de nouvelles mesures pour améliorer l’orientation de l’épargne vers les crédits et les fonds propres des entreprises.

"Il y a sans doute une réflexion à avoir sur la fiscalité, a dit François Hollande. Si on veut que l’épargne aille vers les investissements productifs, vers le financement long, il faut que la durée du placement soit un élément qui justifie les mesures fiscales."

Outre la fiscalité, François Hollande a détaillé les mesures de révision du cadre réglementaire régissant ces investisseurs, pour leur permettre de prêter davantage aux entreprises. Des travaux sur l’épargne salariale ont ainsi été entrepris suite à la conférence sociale et devrait permettre d’orienter jusqu’à 500 millions d’euros vers les entreprises. Côté caisses de retraites complémentaires, un décret pourrait être signé d’ici la fin de l’année pour qu’elles puissent allouer jusqu’à 5 milliards d’euros au financement des PME et ETI.

Enfin, l’investissement public aura sa part à jouer dans la relance de l’investissement privé. L’Etat va ainsi utiliser les produits de la vente de participations détenues dans les entreprises pour financer la construction de logements intermédiaires. Une enveloppe de 1 milliard d’euros sera dégagée sur cinq ans, à laquelle s’ajouteront 900 millions d’euros supplémentaires issus de la Caisse des dépôts.

La Caisse des dépôts investira en outre 1 milliard d’euros pour les travaux d’infrastructures de transport du Grand Paris d’ici à 2020, et 500 millions d’euros pour d’autres projets d’infrastructure.

Arnaud Dumas

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte