Assis sur un tas d'or, Apple préserve son cash pour les « opportunités » à venir

Apple a pour la première fois dépassé la barre « symbolique » des 20 milliards de dollars de chiffre d'affaires au quatrième trimestre 2010. À la tête d'un trésor de guerre de 51 milliards de dollars, le groupe est convaincu qu'il est en situation de force « pour tirer partie des opportunités stratégiques » qui devraient se présenter prochainement.

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Assis sur un tas d'or, Apple préserve son cash pour les « opportunités » à venir

Toujours plus haut. Pour son quatrième trimestre 2010, clos le 25 septembre, Apple vient de faire état d'un chiffre d'affaires en hausse de 66%, à 20,34 milliards de dollars, tiré par les ventes d'iPhone (en hausse de 91%, avec 14,1 millions de terminaux vendus), de Macs (+27%, avec 3,89 millions d'unités) et d'iPad (4,19 millions d'unités). Sur les trois derniers mois, la marque à la pomme a presque doublé ses bénéfices, avec un résultat net s'élevant à 4,31 milliards, contre 2,53 milliards à la même période tôt.

La progression est encore plus étonnante sur l'année : le chiffre d'affaires d'Apple, en hausse de 52%, s'élève à 65,2 milliards de dollars en 2010, ce qui le place désormais au-dessus de Microsoft, qui a enregistré 62,4 milliards de CA sur son dernier exercice annuel (clos fin juin). Et nombreux sont les analystes qui se demandent comment Apple compte utiliser son trésor de guerre, qui atteint 51 milliards de dollars.

À l'affût des opportunités

Interrogé sur l'éventuel versement d'un dividende aux actionnaires, Steve Jobs a répondu lors d'une conférence téléphonique qu'Apple entend conserver son bas de laine pour être à même de « saisir une ou plusieurs opportunités lorsqu'elles se présenteront ». Il a au passage rappelé que cette forte trésorerie confère au groupe « un avantage unique » sur ses concurrents. Pour des rachats, mais pas seulement.

Selon Alexis Helcmanocki directeur du pôle « Telecom, IT & Consumer Electronics », il ne fait aucun doute qu'Apple va continuer à investir massivement dans des activités de recherche et de développement. Avec un avantage : « Il est le seul acteur à être capable de gérer à la fois une stratégie d'offre (comme tout le monde) et une stratégie de demande, qui consiste à susciter de l'intérêt pour un nouveau produit ». La raison ? « Nul autre acteur ne dispose d'un tel portefeuille de clients et de produits et d'une telle image de marque. Apple peut presque se permettre de faire des erreurs sans que les consommateurs ne lui en tiennent rigueur. Il est donc l'acteur le mieux placé pour saisir les opportunités de marché ».

Entre autres perspectives, la firme investit actuellement dans « la création d'un grand centre d'hébergement, avec des capacités calculatoires impressionnantes, en Caroline du Nord aux Etats-Unis », rappelle Damien Gosset, directeur produits d'Octiplex, une SSII lyonnaise spécialisée dans les technologies Apple. « Il est probable qu'elle va aussi renforcer ses investissements dans la télévision », d'après lui.

La concurrence s'aiguise

Reste que la concurrence existe et fait parfois mouche, comme en témoignent les multiples attaques lancées par Steve Jobs à l'encontre d'Android et des nouvelles tablettes tactiles durant cette même conférence téléphonique. Avec une centaine de versions différentes, le système d'exploitation de Google souffrirait, d'après lui, « de sa fragmentation extrême » alors qu'il « n'y a que deux versions du logiciel de l'iPhone ». Quant à « l'avalanche » de tablettes concurrentes de l'iPad, le PDG les considère « mortes-nées » (DOA, pour « Dead on Arrival »). Pourquoi ? Ces tablettes utilisent pour la plupart Android, alors que « Google lui-même a précisé que son système n'est pas adapté aux tablettes ». Ce sont aussi souvent des tablettes de 7 pouces de diamètre alors que « 10 pouces est un minimum pour le confort de l'utilisateur », martèle Steve Jobs, piqué au vif.

« Le succès des tablettes sous Android dépendra de leur prix», tempère Julien Saumande, directeur de la société de services lilloise Phoceis, spécialiste du développement d'applications mobiles pour l'iPhone et l'iPad. « Les offres concurrentes de l'iPad sous Android, y compris le Galaxy Tab de Samsung, restent pour l'instant très chères et n'ont pas contribué à tirer les prix vers le bas », d'après le responsable. « Alors qu'il reste trop cher pour le grand public, l'iPad n'est donc pas menacé. » Mais cela ne saurait tarder ?

Christophe Dutheil

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