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L'Usine Santé

Aspen investit dans son usine française

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Publié le , mis à jour le 19/10/2015 À 18H22

Le groupe pharmaceutique sud-africain Aspen investit dans son usine de Notre-Dame de Bondeville près de Rouen (Seine-Maritime) spécialisée dans les médicaments anti-thrombotiques injectables. Son président, Stephen Saad, a inauguré 19 octobre une nouvelle ligne de remplissage stérile de seringues représentant un investissement de 38 millions d’euros financé pour l’essentiel par l’ancien propriétaire du site, GSK.

Les entreprises citées


Nouvelle ligne de remplissage stérile de seringues sur le site de Aspen à Notre-Dame de Bondeville.

Stephen Saad, président du groupe pharmaceutique sud-africain Aspen, a inauguré lundi 19 octobre une deuxième ligne de remplissage stérile de seringues sur le site de production de Notre-Dame de Bondeville, près de Rouen (Seine-Maritime). Unique usine d’Aspen en France, elle est spécialisée dans les médicaments anti-thrombotiques injectables et emploie 756 salariés, hors intérimaires. Cette ligne représente un investissement de 38 millions d’euros (bâtiment compris) financé en grande partie par l’ancien propriétaire de l’usine GSK. Ces deux lignes "haute cadence" vont entraîner l’arrêt des anciennes lignes.

Lundi 19 octobre, Stephen Saad a, en outre, posé la première pierre d’un nouveau laboratoire de contrôle dans lequel Aspen investit 6,5 millions d’euros.

A Notre Dame de Bondeville, Aspen dispose désormais d’une capacité de production 210 millions de seringues pré-remplies par an. En 2014, l’usine a produit 150 millions de seringues. Cet écart suscite l’interrogation d’Isabelle Freret, déléguée syndicale centrale CFE-CGC d’Aspen. "Nous allons interpeller Stephen Saad car nous avons des inquiétudes concernant la charge de l’usine. Nous constatons que nous avons perdu des volumes de Fraxiparine (produit sur le site) depuis la reprise par Aspen. Par ailleurs, le groupe Aspen a investi à Port Elisabeth en Afrique du sud dans une ligne de remplissage équivalente à celle de Notre-Dame-de-Bondeville avec le projet de faire là-bas du remplissage de seringues de Fraxiparine et d’Arixtra (les deux anti-thrombotiques de Notre-Dame-de-Bondeville)."

Aspen possède 26 usines dans le monde, dont 5 d’une taille internationale a indiqué Stephen Saad. Notre-Dame de Bondeville en fait partie.

Interrogé sur la question de la charge de l’usine française, Stephen Saad a indiqué que son groupe venait d’acquérir un anti-coagulant de Novartis (Mono-Embolex) avec l’ambition de fabriquer le principe actif de ce médicament à Notre-Dame de Bondeville. "Dans un deuxième temps, nous avons le projet de rapatrier aussi le remplissage de seringues à Notre Dame de Bondeville."

Le patron d’Aspen a souligné à plusieurs reprises la nécessité pour l’usine d’être rentable et d’accroître ses volumes. Il a précisé que son groupe étudiait la possibilité de signer des contrats avec des tiers.

Spécialisée dans les seringues pré-remplies pour les marchés de la thrombose, l’usine réalise aussi l’étape de purification des médicaments à partir de la matière première brute (chimie fine) ; dans le cas de Fraxiparine, c’est une matière biologique puisque l’usine fabrique de l’héparine à partir de mucus d’intestin de porc ; dans le cas d’Arixtra, l’usine travaille à partir de molécules de synthèse, ce médicament étant obtenu par synthèse chimique.

L’aventure de l’héparine

En 57 ans, l’usine de Notre-Dame de Bondeville a changé plusieurs fois de propriétaire, mais a conservé son expertise dans l’héparine et les médicaments contre la thrombose.

Après la guerre, une société familiale parisienne, Laboratoire Choay, découvre le moyen de produire de l’héparine, une substance efficace contre la formation des caillots sanguins (thromboses). Le Laboratoire Choay s’installe en 1958 à Maromme dans la région rouennaise et déménage en 1969 dans la commune voisine de Notre-Dame de Bondeville.

Dans les années 80, Laboratoire Choay noue un partenariat avec Sanofi qui en 1984 intègre l’entreprise familiale. Sanofi lance en 1985 une héparine de bas poids moléculaire, mieux tolérée que l’héparine standard, qui donne lieu à la Fraxiparine. Par la suite, Sanofi investit et recrute pour mettre au point et lancer l’Arixtra, obtenu par synthèse chimique.

Mais en 2004 Sanofi lance une OPA sur Aventis dont l’un des produits phares est un anti-thrombotique, le Lovenox. Pour obtenir le feu vert des autorités de la concurrence, Sanofi doit céder le site de Notre-Dame de Bondeville et deux anti-thrombotiques : Fraxiparine et Arixtra. C’est le britannique GlaxoSmithKline (GSK) qui reprend le site et ces deux productions.

En 2013, nouveau changement de propriétaire. GSK cède son portefeuille de médicaments anti-thrombotiques à l’échelle mondiale. Aspen entre en scène et reprend le site normand qu’il promet de développer. Ce faisant, il met un premier pied en France.

Claire Garnier

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