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L'Usine Maroc

Aéronautique : EFOA, le traitement de surface, en version marocaine

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La PME 100% marocaine EFOA spécialisée dans l’outillage et le traitement de surface a su surfer sur le développement du secteur aéronautique ces dix dernières années. En travaillant pour Safran, Airbus ou leurs sous-traitants avec une centaine de salariés.

Aéronautique : EFOA, le traitement de surface, en version marocaine
La PME 100% marocaine EFOA est spécialisée dans l’outillage et le traitement de surface
© efoa.ma

L’appel d’offres de Boeing pour la réalisation d’un système de commandes des B777e attribué la semaine dernière à Ratier Figeac Maroc, est une excellente nouvelle pour EFOA, société d’Etudes et de Fabrication des Outillages Aéronautiques.

"La moitié des pièces produites chez Ratier Figeac Maroc reçoivent un traitement de surface dans notre entreprise", indique à L’Usine Nouvelle Raouf Moustahssine, directeur général d’EFAO, seule société à capitaux marocains opérant dans le traitement de surface, les autres opérateurs au Maroc comme Lisi ou Auvergne Aéronautique étant filiales d’entreprises françaises.

Créée 2006, EFAO installée à Nouaceur près de l’aéroport de Casablanca, réalise aujourd’hui principalement du traitement de surface notamment par le procédé d'anodisation sulfo-tartrique (TSA), mais aussi de la chaudronnerie, de la peinture et du contrôle par ressuage pour des clients comme Ratier Figeac, Zodiac ou Safran "ainsi que beaucoup de fournisseurs de rang 2, c’est-à-dire tous les usineurs qui vendent leurs pièces aux fournisseurs de rang 1", précise Raouf Moustahssine.

Le directeur général avait déjà passé 20 ans dans le secteur aéronautique, dont deux ans chez Sefcam devenue Simra, rachetée par le groupe français Segula Technologies, avant de lancer sa propre entreprise.

"En 2006, j’ai su saisir une opportunité. A l’époque il y avait un grand besoin en outillage aéronautique. Un appel d’offre a été lancé  par Corse Composites pour la trappe de l’A320, il fallait que l’outillage soit livré en 40 jours, c’était un véritable défi et je l’ai relevé", se souvient-il.

Son entreprise s’est développée selon la même logique opportuniste en bénéficiant du déploiement du secteur aéronautique au Maroc. L’installation d’Auvergne Aéronautique (Casablanca Aéronautique) en 2008 aurait pu être une mauvaise nouvelle, mais a, au contraire, donné lieu à un partenariat.

"Nous avons formé une quarantaine d’employés de la future usine de Casablanca Aéronautique avant leur installation, ça nous a permis de nous agrandir", explique Raouf Moustahssine.

Aujourd’hui, EFOA compte une centaine d’employés pour un  chiffre d’affaires en 2015 de 20 millions de dirhams, soit moins de 2 millions d'euros (1 000 dirhams = 92 euros environ), contre 7 à 8 millions de dirhams en 2011 et moitié moins d’employés.

"Nous avons 42 qualifications de Safran, Airbus, Zodiac, Ratier figeac… celle de Thales est en cours et celle de Bombardier également. Nous développons ainsi 14 procédés spéciaux dont le Nadcap. L’unité dispose d’un laboratoire qualité qualifié par Safran », précise-t-il.

Les opérateurs dans le traitement de surface restent rares dans le secteur aéronautique au Maroc alors que la demande ne cesse de croître. Lisi Aerospace a créé une filiale au Maroc dès 2005.

En 2013, la société française Electrolyse en JV avec MK, la filiale marocaine de Mecachrome, installait une usine de 3000 m² dans la zone franche Tanger Free Zone.

La même année, à Nouaceur, Simra annonçait l’installation de deux nouvelles lignes de traitement de surface  pour atteindre une surface d’atelier de 4500 m². Casablanca Aéronautique a également reconnu avoir triplé ses capacités de traitement de surface ces dernières années.

Dans la même dynamique, "l’an dernier nous avons lancé une nouvelle unité industrielle de 1500 m² qui a nécessité un investissement de 8 millions de dirhams. Elle est venue s’ajouter à notre première usine de 2000 m². Dans la nouvelle unité, nous fabriquons des accroches pour les traitements de surface en acier et en titane pour notre propre activité et pour des clients. On y pratique la découpe jet d’eau et de la soudure par point. Nous avons ainsi pu embaucher 15 personnes supplémentaires", détaille le directeur général de EFOA.

Alors que EFOA et UMPM sont les deux seules entreprises à capitaux marocains du secteur aéronautique, Raouf Moustahssine assure n’avoir jamais demandé ni bénéficié d’une aide de l’Etat. éJe n’en ai jamais eu besoin. J’ai fonctionné seul, mais aujourd’hui, avec une centaine d’employés, j’envisage de monter un dossier pour bénéficier d’une aide pour la formation professionnelle continueé, ajoute-il.

A moyen ou long terme, EFOA devrait encore s’agrandir mais devra déménager pour y parvenir. "Ma volonté est de m’orienter vers les pièces élémentaires et les assemblages de structures. Ce sont des perspectives de long terme car il nous manque le foncier pour grandir. Aujourd’hui, nous louons notre terrain à Nouaceur et j’aimerais bien quelque chose en propre, mais le foncier reste trop cher pour nous", regrette le PDG.

Dans un contexte de forte croissance de l’activité aéronautique, pourquoi EFOA est-elle la seule entreprise 100% marocaine dans le traitement de surface ? "C’est une activité qui demande beaucoup d’investissements, de maintenance, de formation professionnelle. Nous sommes en fin de cycle de production ; pour cela nous réalisons des procédés spéciaux, avec un suivi par qualification très pointu", explique-t-il.

"Il n’y a pas une longue histoire aéronautique au Maroc, alors il faut sans cesse prouver de quoi l’on est capable. Le plus difficile dans ce métier c’est de gagner la confiance des donneurs d’ordre. Imaginez, nous recevons deux audits par mois. La pression est énorme. La moindre erreur coûte très cher en termes de confiance. Elle n’est jamais acquise. Moi, j’ai dit aux donneurs d’ordre "venez me qualifier". Si moi, j’ai pu prendre ce risque, c’est que je suis né dedans !", conclut-il.

Julie Chaudier, à Casablanca

 

 

 

 

 

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