Arthur Andersen dans les cordes

Séparer audit du conseil

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Quand Andersen Consulting s'est séparé d'Arthur Andersen en 2000, il s'agissait uniquement d'une affaire de gros sous. Les « partners » de Consulting gagnaient beaucoup plus en prodiguant des conseils à leurs clients prestigieux que leurs cousins cantonnés à la tâche ingrate d'auditer les comptes d'entreprises. Au point qu'Andersen Consulting a accepté de payer le prix de son indépendance : la perte du nom « Andersen », le plus prestigieux du monde de l'audit, et de se donner une nouvelle identité : Accenture.

Les équipes d'Accenture l'ont échappé belle. Après l'ouverture de poursuites judiciaires contre Arthur Andersen, en fin de semaine dernière, aux Etats-Unis après la retentissante faillite du courtier en énergie Enron, c'est l'avenir même du nom Arthur Andersen et de ses équipes qui est en question. Ces dernières, qui ont conseillé nombre d'entreprises engagées dans des fusions-acquisitions, sont aujourd'hui en quête désespérée d'un repreneur, quitte à se vendre en morceaux.

Mais, au-delà de l'avenir d'une société, quelque soit son prestige qui a fait rêver plus d'un jeune diplômé, c'est le principe même d'une séparation stricte entre l'activité d'audit et celle de conseil qui est aujourd'hui en question. A juste titre. Comment être certain qu'après avoir conseillé (au prix fort) la mise en place de pratiques financières à la limite de la légalité ou d'une présentation sincère et véritable des comptes pour les actionnaires, la même entreprise d'audit pourrait avoir l'audace de mettre en question la mise en oeuvre de ses recommandations lors de la certification des comptes ?

Jean-Léon VANDOORNE

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