Quotidien des Usines

Artémise mise sur le recyclage des lampes et néons

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Fondée en 2011 et déjà leader en France dans le recyclage des sources mercurielles lumineuses (lampes et néons), Artémise a inauguré à Vulaines (Aube) vendredi 3 octobre une usine annoncée "modèle" en la matière. Un investissement de plus de 4 millions d’euros.

Artémise mise sur le recyclage des lampes et néons © Frédéric Marais - Agence Info

Le cours des terres rares, prisées par les entreprises de haute technologie, est capricieux. Il est en grande partie lié au bon vouloir de la Chine qui réalise 95 % de la production mondiale. La récupération de ces précieux éléments dans les produits usagés est une solution à creuser, à optimiser sans cesse.

Ce à quoi s’emploie Artémise, société spécialisée dans la collecte et le traitement des lampes fluocompactes et les tubes fluorescents. Ces DEEE (déchets électriques et électroniques) représentent en France un gisement potentiel de 19 000 tonnes par an à recycler et à valoriser. En particulier pour récupérer les poudres luminophores composées à partir des fameuses terres rares, mais pas seulement.

Dimension industrielle

Vendredi 3 octobre, le PME créée par Jean-Marie Bailly, déjà précurseur dans ce domaine d’activité avec TCMS, inaugure à Vulaines dans l'Aube, une "usine modèle". Elle est dotée d’un process innovant et respectueux de l’environnement comme des salariés. 4 millions d'euros y ont été investis. Agréée par l’éco-organisme Recylum depuis 2011, Artémise a occupé des locaux provisoires à Barberey, dans l’agglomération de Troyes, le temps de concevoir sa nouvelle usine.

Opérationnelle depuis quelques mois, elle est située sur la zone industrielle raccordée à l’autoroute A5. Une localisation idéale qui permet aux camions, sans transiter par des villages, d’accéder facilement à la principale source d’approvisionnement que constitue l’Ile-de-France.

"Au départ, il nous avait été demandé de privilégier une implantation au cœur du gisement francilien, mais nous sommes nés en Champagne-Ardenne et nous avions la détermination d’y rester, affirme le président d'Artémise. Notre principal client, Recylum, a validé notre projet et nous avons obtenu le soutien actif du conseil régional, du conseil général, de la communauté de commune du Pays d’Othe Aixois, de la Siaba, de l’Ademe, ce qui nous a permis de passer d’une dimension artisanale à une dimension industrielle. Avec ce nouvel outil, à la fois propre, sécurisé et compétitif nous sommes capables de passer 6 000 tubes/heure car nous éliminons au maximum les ruptures de charges."

Meilleure productivité

En 2013, l’entreprise auboise a traité 1 470 tonnes de déchets mercuriels. Fin 2014, elle devrait avoir atteint les 1 800 tonnes avant de viser l’objectif de 2 000 tonnes et plus d’ici 2016.

"Cette montée en puissance est rendue possible par une machine développée en interne et réalisée avec la société troyenne Abscisse Ingénierie, détaille Laure Clerget, directrice de l’usine. Il s’agit du BCMF (Banc de coupe multi-formats) capable de traiter les tubes fluorescents quel que soit leurs dimensions et la caractéristique de leurs composants." La dirigeante précise que ce procédé permet "une récupération qualitative de ces poudres fluorescentes, régénérées en partenariat avec la société Rhodia". Ces "matières premières secondaires" peuvent ensuite être utilisées dans l’industrie, principalement dans l’énergie et la haute technologie.

Le verre récupéré et broyé est quant à lui revalorisé dans de nouveaux tubes fluorescents via la société Nordéon ou encore le flaconnage. Les métaux ferreux sont repris par la filière et les métaux non ferreux (aluminium, laiton…) sont traités par les filières spécialisées. "Nous recyclons désormais une lampe à plus de 94 %", assure Jean-Marie Bailly, déjà prêt à phosphorer avec son service de R&D sur le traitement des Led des récupérateurs de fumée.

Philippe Schilde

Collecte de proximité multi-déchets : un tout nouveau conteneur

Les services d’Artémise ont conçu un conteneur de collecte multi-déchets pour récupérer auprès des particuliers leurs sources lumineuses usagées, mais aussi des piles et des cartouches d’encre. Ces conteneurs "tout en un" peuvent être implantés en zones d’habitations, à la manière des points d’apport volontaire du papier et de verre. Cette solution "multi-flux doit permettre à Recylum d’augmenter les quantités collectées et par là même, les volumes de traitement", espère Jean-Marie Bailly.

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