Arrêt anticipé des Mines de potasse d'Alsace (MDPA)

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Stocamine devait symboliser le maintien d'une activité minière dans le bassin potassique alsacien, où l'extraction a débuté en 1904. En fait, le centre d'enfouissement de déchets spéciaux de Wittelsheim dans le Haut-Rhin, ouvert en 1999, aura précipité la fermeture des Mines de potasse d'Alsace (MDPA), l'un de ses co-actionnaires aux côtés de l'EMC (maison-mère des MDPA) et de Séché Environnement.

Depuis le 10 septembre, jour où un incendie s'est déclaré chez Stocamine, à 535 mètres de fond, le stockage des déchets est interrompu. Tout comme l'extraction de la potasse dans la mine Amélie voisine, la dernière en activité : les galeries, qui communiquent, sont toujours envahies par la fumée, et le redémarrage est soumis aux conclusions des enquêtes judiciaire et administrative.

Face à cette situation, la direction des MDPA a décidé d'anticiper l'arrêt définitif de l'extraction, initialement programmé pour fin avril 2003. Le Comité d'entreprise sera officiellement consulté sur ce point jeudi. « On a un peu la rage d'arrêter cent ans d'exploitation en catimini », avoue Pierre Richert, secrétaire général adjoint de la CFDT, majoritaire. Les syndicats ont pris acte de la situation, tout en demandant « que les mineurs ne subissent aucun préjudice financier du fait de cette situation », précise Salvatore Di Rosa, secrétaire CFDT du CE.

Le plan social, dont les derniers avenants ont été conclus cette année, avait permis d'étendre les mesures d'âge, de telle sorte que seule une vingtaine de personnes devront encore se reconvertir, sur les 700 salariés restants. Reste désormais à régler le cas de la majeure partie des 400 mineurs, mis en congé avec six mois d'avance. Le reste des effectifs partira ensuite progressivement d'ici fin 2009. Il sera chargé de la remise en état des carreaux, de la gestion du patrimoine, ou de la ré-industrialisation.

Gilbert REILHAC

La fin d'un fardeau financier

Les Mines de potasse d'Alsace ont employé quelque 13 000 personnes dans les années 50 et extrait jusqu'à 13 millions de tonnes de minerai brut, soit 2,255 millions de tonnes de potasse pure, en 1974.

Au fil des ans, les MDPA, soumises à la baisse des cours mondiaux de la potasse, sont devenues un gouffre financier pour le groupe public EMC. En 2001, elles affichaient une perte d'exploitation de 31,4 millions d'euros pour 64,7 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Les pertes nettes, charges de reconversion incluses, se montaient à 82,6 millions.

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