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Arnold Schwarzenegger veut convaincre les Chinois de construire la ligne TGV en Californie

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Le gouverneur, dont le mandat se termine bientôt, a profité d’une halte à Shanghai, où il a découvert l’Exposition universelle de Shanghai, pour inviter les Chinois à investir dans un projet dispendieux pour les fragiles finances de son Etat : la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Los Angeles et São Francisco. Entre le plus riche des Etats américains et la seconde puissance économique mondiale se sont tissés de liens étroits, aussi bien économiques que culturels.

Arnold Schwarzenegger veut convaincre les Chinois de construire la ligne TGV en Californie

Les entrepreneurs chinois ont reçu un appel du pied d’Arnold Schwarzenegger pour construire la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Los Angeles et São Francisco. Le 13 septembre 2010, le gouverneur de la Californie les a invités à investir dans cet ambitieux projet lors d’une visite qu’il effectue pendant toute une semaine dans l’ex-Empire du Milieu.

L’ex-star d’Hollywood aura ainsi été l’une des vedettes de l’exposition universelle de Shanghai où il a mis en scène les relations très étroites entre son Etat et la seconde économie mondiale. De tonitruantes déclarations, musclées comme il se doit quand on s'appelle Schwarzenegger, dans le but non seulement d’obtenir des financements chinois, alors que l'endettement de la Californie atteint 70 milliards de dollars, mais aussi de défendre la candidature de la Silicon Valley au siège de l’Exposition universelle en 2020.

Une nouvelle Amérique remodelée par le train

Caressant le tigre chinois dans le sens du poil, le gouverneur de Californie s’est exclamé : «L’expo à Shanghai a démontré que le monde est allé en Chine et la Californie veut que la Chine aille à sa rencontre.» Selon le China Daily, il s’est dit «très impressionné» par sa découverte du «high speed train» à Shanghai. Les Chinois, par ailleurs, sont en passe de devenir le leader mondial des trains à grande vitesse : ils construisent plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de lignes sur leur territoire.

Le projet d’un «bullet train» (train à grande vitesse) en Californie s’inscrit, en fait, dans la volonté émise par le gouvernement fédéral de doter les Etats-Unis d’un faisceau de lignes ferroviaires susceptibles à la fois de participer à la relance de l’économie et de fournir une alternative à l’avion, moyen de transport prépondérant dans cet immense pays.

Le 17 août 2010, le président Barak Obama avait brandi la carte d’une «nouvelle Amérique» remodelée par la création de onze couloirs ferroviaires. Washington s’engage à subventionner une bonne partie de ces chantiers pour autant que les Etats concernés soient d’accord d’entrer dans la danse avec 40 % des financements.

L’un des couloirs qui a le plus de chance de voir le jour à moyen terme est précisément celui reliant Los Angeles (18,5 millions d’habitants) et São Francisco (7,5 millions). Mais ce projet s’avère très coûteux en raison des contraintes géographiques et des menaces sismiques: 45 milliards de dollars pour dérouler un millier de kilomètres de lignes. Le gouverneur Schwarzenegger estime que les Chinois, dont l’aversion au risque est moindre que la frilosité témoignée par tant de pays investisseurs, sont les partenaires idéaux pour la concrétisation d’une telle initiative. «Il s’agit de minimiser autant que possible les coûts», a-t-il martelé.


Visite d’Anne-Marie Idrac en Californie en 2009


Les propos tenus par celui-ci devraient inquiéter les consortiums en vue de prendre corps dans la perspective des appels d’offres dans le ferroviaire aux Etats-Unis. Les Français, bien évidemment, s’intéressent de près au potentiel américain en la matière. La secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, avait rencontré Arnold Schwarzenegger en septembre 2009.

L’une des raisons pour lesquelles les Chinois auraient le plus de chance de l’emporter, quant au futur appel d’offre lancé par l’administration Schwarzenegger, sont les liens de proximité noués entre le géant asiatique et l’Etat californien, le plus riche des Etat américains.
La Californie héberge sur son territoire une vaste communauté d’origine chinoise, estimée à quelque 500.000 personnes. (La population totale de cet Etat est de 37 millions d’habitants.) D’ailleurs, clin d’œil historique, c’est grâce à de la main d’œuvre recrutée en Chine - 15.000 ouvriers - que fut construit, dans la seconde moitié du 19 ème siècle, le légendaire Central Pacific Railroad.

Aujourd’hui, la Chine est l’un des quatre principaux partenaires commerciaux étrangers de la Californie. En 2009, les achats chinois de biens et d’équipement auprès de cet Etat ont atteint 120 milliards de dollars.

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