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Arnaud Montebourg veut participer au retournement d’entreprises

Arnaud Dumas , ,

Publié le

L’année dernière, déjà, Bpifrance avait été pressentie pour jouer les fonds de retournement. Aujourd’hui, le minitre du Redressement productif veut relancer le Fonds de développement économique et social. Mais l’Etat ne parviendra à jouer les fonds de retournement que s’il parvient à entraîner avec lui les fonds ou les repreneurs privés.

Arnaud Montebourg veut participer au retournement d’entreprises © Luc Pérénom

L’idée n’est pas neuve. Lorsque les entreprises se mettent à flancher, l’Etat s’imagine en chevalier blanc. En 2012, Arnaud Montebourg avait déjà proposé de nationaliser le site d’ArcelorMittal de Florange, le temps de le rendre viable.

Aujourd’hui, face aux annonces en chaîne de plans sociaux (La Redoute, Alstom, Thalès, etc.), de placement en redressement judiciaire de grands noms de l’industrie (FagorBrandt, etc.), ou aux grosses difficultés de certains industriels (comme Tilly Sabco), le ministre du Redressement productif ne pouvait rester sans rien faire.

Arnaud Montebourg a proposé au conseil des ministres du 13 novembre 2013 la réactivation du Fonds de développement économique et social (FDES), un outil de financement créé au lendemain de la deuxième guerre mondiale pour aider les entreprises en difficultés. Il devrait être doté de 300 millions d’euros et géré par le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI).

Un jeu dangereux

L’objectif du ministre est clair. Il entend faire du retournement d’entreprises, pour aider celles de taille intermédiaires à passer un cap difficile.  "Il s’agit d’organiser la résistance économique par des moyens d’exception pour préserver l’outil industriel et les emplois lorsque des entreprises peuvent espérer un retour à la prospérité" a martelé le ministre Arnaud Montebourg lors d’une brève conférence de presse à la suite du conseil des ministres. 

 L’idée avait déjà été avancée l’année dernière. Bpifrance a même, un temps, été pressentie pour aider les entreprises en difficultés, avant que Nicolas Dufourcq, son directeur général, ne s’y oppose catégoriquement. Ce jeu peut, en effet, s’avérer dangereux. Le retournement d’entreprise ne s’improvise pas et impose souvent de prendre des mesures drastiques pour remettre une activité sur les rails. En France, très peu d’équipes se sont spécialisées dans ce métier à la fois complexe et très risqué pour les capitaux investis.

Les pouvoirs publics n’ont pas toujours les capacités de prendre les décisions de gestion difficiles. Et injecter de l’argent ne suffit pas toujours.

L'effet de levier

Là où l’intervention de l’Etat peut s’avérer utile, c’est dans l’effet de levier qu’il peut permettre en apportant de l’argent frais à une entreprise. Le fonds mobilisé par Anraud Montebourg n’a ainsi pas vocation à investir en fonds propre dans les entreprises mais de prêter "lorsque les banquiers ne font plus leur travail de financement de l’économie" estime le ministre. La réactivation du FDES ne pourra donc être efficace que si le gouvernement parvient à entraîner avec lui des fonds de retournement privés ou des repreneurs avec des reins solides.

A condition de trouver des volontaires… Selon l’Association des investisseurs pour la croissance (Afic), les fonds de retournement n’ont plus beaucoup de munitions à investir. Ils n’ont levé que 37 millions d’euros en 2011 et… 0 euros en 2012.

Concrètement le fonds sera sous l’autorité du Premier ministre. Les propositions de prêt seront soumises par le CIRI, qui jugera  donc de la qualité du repreneur ou du projet industriel de l’équipe de direction. Parmi les entreprises en difficulté qui soucient actuellement le gouvernement et qui entre dans la cible de ce dispositif, le ministre a cité Fagor Brandt, Kem one et Arc international.  

Arnaud Dumas

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