Arnaud Montebourg et ses homologues européens au chevet de la politique industrielle

Arnaud Montebourg a réuni hier, mercredi 23 octobre, douze ministres de l’industrie européens à Paris. Objectif : dégager des positions communes en faveur de la politique industrielle. Pas facile.

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Arnaud Montebourg et ses homologues européens au chevet de la politique industrielle

Ils sont douze "amis de l’industrie". Douze ministres de l’industrie européens - cinq étaient représentés - à se retrouver à Paris autour d’Arnaud Montebourg pour un déjeuner de travail et une conférence sur l’avenir de la politique industrielle européenne. Il y avait là le ministre italien, son homologue britannique, espagnol ou polonais… Le cercle informel est "appelé à s’étendre", jure Arnaud Montebourg.

Pour renforcer la politique européenne, les douze ont prévu une deuxième rencontre en Italie mi-janvier pour avancer des propositions concrètes de réformes à soumettre à la Commission européenne. L’objectif est d’aboutir à des mesures lors du conseil européen de février 2014, qui sera consacré à la politique industrielle. Et parvenir à un consensus. "Nous devons être certains que nos entreprises ne sont pas désavantagées vis-à-vis de leurs concurrents internationaux", exigent les douze dans leur communiqué commun, à l'issue de la réunion. Quelle priorité pour l’industrie, alors que le secteur a perdu 10 % de ses emplois à l’échelle européenne depuis 2008 ?

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Des consensus

La lourdeur bureaucratique et le coût de l’énergie sur le continent font l’unanimité chez des ministres. Pour le ministre espagnol José Manuel Soria, "nous devons parler du futur du gaz de schiste et du nucléaire car nous devons nous demander pourquoi le prix du gaz est bien moins élevé qu’aux Etats-Unis". Son homologue polonais Jerzy Pietrewicz est à l’unisson, en réclamant de "surmonter les obstacles pour le développement du gaz de schiste".

Autre cible : le marché des émissions de carbone, accusé de pousser à la délocalisation les électro-intensifs. "Bien sûr il faut protéger le climat mais les prix de l’énergie sont élevées à cause de notre politique environnementale", s’inquiète le ministre polonais.

De son côté, le britannique Michael Fallon plaide pour un renforcement des études d’impacts sur les PME avant la mise en place de chaque nouvelle directive et le passage des réglementations communautaires au travers d’un "test de compétitivité".

De sérieuses divergences aussi

Mais au delà, les "Amis de l’industrie" sont loin de partager les mêmes points de vue. Arnaud Montebourg réserve ses flèches à la politique "intégriste" de la concurrence et réclame la réforme des aides d’Etat. Le ministre espagnol est le seul à approuver. Autre accord a minima : la question de la réciprocité dans les échanges commerciaux. "Ce n’est pas une affaire d’idéologie mais de pragmatisme.On doit pouvoir se mettre d’accord sur un minimum en matière de réciprocité", clame le ministre français.

Le britannique marque son scepticisme. "Il faut être très prudent. Après tout La SNCF a été la première compagnie étrangère à décrocher un marché en Inde. Elle ne l’a probablement pas obtenu en brandissant des menaces de sanctions", souligne malicieusement Michael Fallon.

C’est bien là le problème. Conclusion du ministre bulgare de l’industrie, Dragomir Stoynev. "On est tous d’accord sur les problèmes de compétitivité. Mais on n’arrive pas aboutir à une politique commune", s’énerve-t-il. Lui réclame des moyens pour innover et s’interroge "pourquoi devons nous prendre en compte les dépenses d’innovations dans nos budgets nationaux et le calcul du déficit public ?"

Solène Davesne

Solène Davesne Journaliste Economie
Solène Davesne

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