Quotidien des Usines

Arnaud Montebourg et l’imbroglio Rio Tinto

Astrid Gouzik , , ,

Publié le

Après l’échec de sa proposition concernant la contrôle public temporaire de l’usine ArcelorMittal de Florange, le ministre du Redressement productif aurait ressorti la menace de la nationalisation pour l’usine Rio Tinto de St-Jean-de-Maurienne. Le ministère dément fermement.

Arnaud Montebourg et l’imbroglio Rio Tinto © Parti socialiste

Les esprits sont encore marqués par l’épisode Florange, par le week-end de crise traversé par l’Elysée et Matignon après l’accord passé avec ArcelorMittal concernant son site de Florange. On se souvient aussi de la menace de démission d’Arnaud Montebourg, humilié de ce que l’hypothèse de la nationalisation ait été balayée d’un revers de manche par le Premier ministre. Depuis, sourires crispés et passes d’arme à peine dissimulées  entre les deux hommes.

Arnaud Montebourg aurait-il pris le risque de brandir une nouvelle fois la menace de la nationalisation - dans le dossier Rio Tinto cette fois ? C’est en tout cas ce qu’affirme Le Monde dans son édition datée du jeudi 13 décembre. Selon le quotidien, le cabinet du ministre "utiliserait à nouveau cette 'arme de dissuasion massive' dans les négociations qu'il mène actuellement avec l'anglo-australien Rio Tinto (...) pour "l'obliger à céder dans des conditions acceptables" cette usine d'aluminium.

Le démenti de Bercy

Démenti immédiat du gouvernement : "Le Ministère du Redressement productif dément les informations parues dans le quotidien Le Monde, au sujet de l’usine Saint-Jean-de-Maurienne de Rio Tinto Alcan". Et d’ajouter : "comme il l’a indiqué dans son communiqué du 16 octobre 2012, le ministère du Redressement productif rappelle qu’il a engagé au nom du gouvernement une discussion stratégique avec Rio Tinto Alcan dans le cadre de la table ronde sur la filière aluminium en France, au moment où ce groupe a entamé un processus de cession de son usine de Saint-Jean-de-Maurienne."

C’est la renégociation du contrat d’électricité de Rio Tinto Alcan avec EDF qui est l’origine du contentieux depuis plusieurs mois. En effet, la fabrication d'aluminium est particulièrement consommatrice d'électricité et le groupe anglo-australien a menacé de fermer l'usine s'il n'obtenait pas un prix satisfaisant et ne trouvait pas de repreneur.

Mi-octobre, le géant minier avait dit avoir reçu plusieurs marques d'intérêt de repreneurs et affirmé continuer les discussions avec EDF sur le contrat d'approvisionnement. Le 21 novembre dernier, Rio Tinto Alcan a également annoncé lors d'un comité central d'entreprise un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui pourrait concerner 148 postes en France, un plan qui n'était "pas acceptable en l'état", pour Arnaud Montebourg.

Astrid Gouzik

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