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Arnaud Montebourg, en marinière, en ferait-il trop ?

Publié le

Made in France Ton ministre du redressement productif en rayé de marin à la Une du Parisien ! En choisissant de s’exposer, Arnaud Montebourg a réussi ce qu’il sait faire : faire parler de lui. Le coup de génie ou le coup de trop ?

Arnaud Montebourg, en marinière, en ferait-il trop ?

Cet été, c’étaient ses déclarations tonitruantes sur PSA qui avaient alimenté la polémique. Changement de registre : le ministre du Redressement Productif fait cette fois-ci parler de lui en faisant la Une du supplément Hebdomadaire d’Aujourd’hui Le Parisien en marinière, un mixer dans une main et une montre au poignet, le tout pour promouvoir le Made in France. Que recherche Arnaud Montebourg en s’exposant en permanence ? Jusqu’où ira-t-il ?

1 - Arnaud Montebourg et la communication : une vieille histoire...
C’est Guy Birenbaum, l’éditeur de La machine à trahir (Denoël 2002), un livre très sérieux où Arnaud Montebourg attaque les institutions de la 5e République qui le dit : "En éloquence, il est vraiment très fort." Arnaud Montebourg a gagné le difficile concours d’éloquence du barreau de Paris dit de la conférence du stage.

Un des avocats qui faisait partie des finalistes et qui l’a donc à ce titre suivi durant cette année, raconte : "Dans un dossier juridique, Arnaud Montebourg savait très bien trouver le rapport de force politique qui va faire parler d’un dossier. Il utilise très bien utiliser les médias pour aller vers son but."

Autant dire que le ministre du redressement productif a un sens prononcé de la communication, qui ne date pas d’aujourd’hui. Et son style c’est plutôt l’attaque. Avant même d’être élu député en 1997, il se faisait connaître en créant une association Télé carton rouge, qui attaquait la privatisation de TF1 après l’épisode du vrai-faux interview de Fidel Castro.

Ce ne sera que le premier combat d’une longue série : lutte pour changer les institutions avec la convention pour la sixième république, combat pour destituer Jacques Chirac ou pour déloger Alain Juppé d’un logement HLM de la Ville de Paris. A chaque fois, le député Montebourg a utilisé les médias pour mener ses combats qui lui ont donné une visibilité médiatique supérieure à son réel poids politique.

2 - ...qui fait que certains le prennent pour un dilettante
Rien de tel que des formules choc et renouvelées pour faire parler de soi. Le risque d’un tel comportement est d’être perçu avant tout comme un beau parleur. C’est ce que lui reproche en substance, Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat dans le gouvernement Fillon.  "Il a donné beaucoup d’espoir aux salariés de Lejaby auxquels il a fait miroiter des emplois. Mais il n’y a rien eu derrière", considère l’ancien ministre.

En Saône-et-Loire, c’est un syndicaliste qui reproche au troisième homme de la primaire socialiste d’avoir fait campagne sur le thème de la démondialisation pour finalement participer à un gouvernement qui a approuvé le nouveau traité européen.

Pour André Accary, le président du groupe d’opposition au conseil général de Saône-et-Loire qu’Arnaud Montebourg a présidé avant de devenir ministre estime pour sa part : "C’est un maître en communication. Il sait trouver la phrase, le mot qui fera mouche. Il n’a pas du tout un discours technique. Il sait s’adresser au plus grand nombre."

L’opposant pointe des dépenses pour la communication personnelle du ministre du redressement productif. Sur ce chapitre, Arnaud Montebourg aurait fait appel aux services d’Euro RSCG, selon Aurore Gorius et Michaël Moreau, les auteurs du livre Les Gourous de la com, qui travaillait simultanément pour PSA.

Dans les usines, le style passe plutôt bien. "C’est sûr qu’il a beaucoup d’emphases. Mais cela fait aussi du bien au moral de se sentir considéré", remarque Philippe Peyrard, le directeur adjoint d’Atol qui a reçu le ministre fin août sur son site de Beaune.

3 - La publicité : le signe de son impuissance politique ?
Réduire Arnaud Montebourg à la communication serait pourtant injuste. Tous ceux qui ont approché de près ou de loin le ministre louent sa grande capacité de travail. Guy Birenbaum estime qu’ "il est un des hommes politiques qui a le moins transigé avec les exigences intellectuelles." Les formules chocs sont nécessaires pour attirer la lumière, un "compromis" pour faire passer ses idées en quelque sorte.

En faisant la une du magazine du Parisien en marinière et un mixer à la main, Arnaud Montebourg poursuit-il cette stratégie ? Il joue clairement l’opinion en apparaissant comme le héraut du made in France et en donnant l’exemple. Plus fondamentalement, cette "Une" intervient après une série d’arbitrage où le ministre du Redressement productif a semblé isolé. 

En le nommant ministre du Redressement productif, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont sûrement cherché à canaliser le bouillant ministre. Ne disposant finalement que de peu de leviers,  condamné à courir après les plans de sauvegarde pour l’emploi, Arnaud Montebourg ne peut pas depuis ce poste mettre en place son programme de démondialisation. En attendant pour continuer à exister dans l’opinion dans son rôle de trublion, il lui reste les coups d’éclat. En posant en marinière, il avoue que son ministère est d’abord celui des  images chocs.

Par Solène Davesne et Christophe Bys

N.B. : à paraître, dans le numéro du 25 octobre 2012 de L’Usine Nouvelle, un grand portrait pour découvrir Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, sous un autre jour.

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2 commentaires

Nom profil

19/10/2012 - 14h57 -

Même si je ne suis pas un grand Fan du gouvernement actuel, nous n'avons pas le choix et nous devons soutenir un ministre qui a le cran de défendre le "Made In France" !!! Allons plus boycottons les magasins et les sites internets qui vendent que du produits Chinois !!!
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Nom profil

19/10/2012 - 12h15 -

Ceci confirme la stupidité égocentrique de ce nul m'as tu vu ! Qu'il soit ministre ce n'est qu'une nomination, mais qu'il soit avocat c'est choquant car j'y voyais un niveau jusqu'à présent. Encore que Sarko l'avait déjà abaissé...
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