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Arnaud Montebourg botte en touche face aux patrons de la santé

Gaëlle Fleitour , , , ,

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Interpellé par huit grands patrons de l’industrie pharmaceutique française, le ministre du Redressement Productif a promis de relayer leurs propositions auprès du Premier ministre. Leur faisant néanmoins comprendre qu’ils n’étaient peut-être pas si mal lotis que cela…

Arnaud Montebourg botte en touche face aux patrons de la santé © D.R. - Ministère du Redressement productif

Le face à face s’annonçait musclé. Huit grands patrons de l’industrie pharmaceutique française : Christian Béchon (LFB), Jean-Luc Bélingard (bioMérieux), Henri Chibret (Théa), Marc de Garidel (Ipsen), Roberto Gradnik (Stallergenes), Yves L’Epine (Guerbet), Bertrand Parmentier (Pierre-Fabre), et Chris Viehbacher (Sanofi), face au ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg. Ce vendredi 8 novembre, ils entendaient tirer l’alarme à l’égard d’une régulation (le Plan de Financement de la Sécurité Sociale, PLFSS, actuellement débattu par le Parlement, prévoit de leur imposer 960 millions d’euros de nouvelles baisses de prix) qu’ils jugent disproportionnée. "Il ne faudra pas s’étonner si des plans sociaux se poursuivent ensuite", s’inquiète Marc de Garidel auprès de L’Usine Nouvelle.

« Vous n’êtes pas des bonnets bleus ! »

Si Arnaud Montebourg est considéré comme un partenaire par ces grands patrons, il n’en est pas de même de Marisol Touraine, la ministre de la Santé, avec lesquels les sujets de désaccord se multiplient. Les industriels espéraient donc convaincre le ministre du Redressement Productif de faire pression sur le gouvernement pour qu’il allège la facture du PLFSS. Alternatives d’économies à l’appui. Comme de favoriser l’automédication, "un gisement à terme de 1,7 milliard d’euros d’économies", ou de s’attaquer à une réforme de l’hôpital, qui pourrait permettre à la Sécurité Sociale d’épargner 15 à 20 milliards d’euros, selon les rapports de la Cour des Comptes et de l’Igas. La démarche est appréciée par Arnaud Montebourg. Ces décisions "relèvent de l’arbitrage du Premier Ministre, mais je vais apporter vos propositions, car vous avez formulé des propositions et n’êtes pas des 'bonnets bleus', soulève, taquin, le ministre. Nous allons les étudier et prendre des positions ministérielles dans le cadre d’un débat interministériel."

Un patriotisme économique… Au pouvoir limité

Arnaud Montebourg a également avancé des pistes. Comme de profiter du chantier de la réforme des commandes publiques, pour faire preuve de patriotisme économique dans les achats réalisés par les hôpitaux. Car les laboratoires ne pourront pas compter sur des prix valorisant le made in France, ce critère n’étant pas pris en compte dans la fixation des prix du médicament, rappelle le président du CEPS, l’organisme qui en est chargé.

La santé, pas si oubliée que cela dans les investissements publics

Les dirigeants attendent également du gouvernement qu’il soutienne davantage l’innovation et le risque pris dans le fastidieux et coûteux développement de médicaments. "Vous demandez à votre gouvernement d’être audacieux, cela me plait car c’est plutôt dans la culture que nous développons au Redressement Productif", répond Arnaud Montebourg. Avant de leur répliquer que 11,2% - soit 582 millions d’euros - du Crédit Impôt Recherche et 111 millions d’euros des Investissements d’Avenir ont déjà été consacrés en 2012 à la santé… "L’Etat est à vos côtés", leur rappelle-t-il. Des chiffres que les patrons rapportent rapidement au milliard d’euros de baisses de prix supporté sur leurs produits cette année, ou au cinq milliards investis par leurs entreprises en R&D. Mais le message est passé, pour Marc de Garidel. Qui appelle néanmoins à "maintenir la pression sur les autorités". Au cas où…

Gaëlle Fleitour

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