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Arnaud Montebourg, assagi, cherche à se relancer

Solène Davesne , ,

Publié le

Avec son retour à une heure de grande écoute sur une grande chaîne du service publique, Arnaud Montebourg a voulu tourner la page d’une démarche très défensive sur les dossiers. S’il n’a pas changé de conviction sur des thèmes comme les nationalisations temporaires, il a voulu mettre en avant ses succès et vendre de prochaines initiatives constructives

Arnaud Montebourg, assagi, cherche à se relancer © Le Grand Journal

Promis, il s’est assagi. Sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2 jeudi soir, le ministre du Redressement productif a soigné sa nouvelle image. Depuis l’affaire Florange - qui a failli le conduire à la démission - le ministre a changé de méthode. Fini les attaques, les petites piques contre la famille Peugeot ou Mittal.

Même s’il est resté virulent contre ArcelorMittal, qui "n’a pas tenu ses promesses en Belgique", le ministre s’est gardé d’attaquer Carlos Ghosn, le PDG de Renault dont le groupe vient d’annoncer 7 500 suppressions de postes. Le ministre est resté très prudent dans ses propos sur le constructeur français, où l’Etat a deux représentants au conseil d’administration, rappelant juste "la ligne rouge" à ne pas franchir, à savoir mener des licenciements ou fermer des sites industriels. Virulent contre le groupe PSA à l’été, le ministre a même reconnu "avoir beaucoup d’estime" pour Philippe Varin, le directeur général du groupe et reconnu "qu'on aurait pu s'y prendre autrement".

Un premier bilan du redressement productif

Des erreurs donc de communication. Sur le fond, le ministre a tenu à justifier son premier bilan. Selon le ministre, 43 000 emplois ont été sauvés depuis l’été sur les 51 000 emplois menacés. "C’est un travail très difficile, de bénédictin", a assuré le ministre, reconnaissant des succès et des échecs. Sur le plateau, le ministre a apporté avec lui un gros registre, sur lesquels sont consignés les noms de 1 900 entreprises qui ont poussé la porte de son cabinet ou sollicité l’un des commissaires du redressement productif en région. De manière à désamorcer toute polémique sur les chiffres avancés.

Car c’est l’un des paradoxes difficiles d’Arnaud Montebourg. Difficile pour le ministre, voire impossible de communiquer sur ses succès, alors que ses dossiers les plus médiatiques (Florange, Petroplus ou PSA) n’ont pas trouvé d’issue heureuse.  La liste des entreprises sauvées est confidentielle. "Pour une raison simple, c'est que les entreprises n'ont pas envie que leur nom soit dans les journaux car elles veulent régler leurs difficultés en silence", reconnait Arnaud Montebourg.

Difficile aussi pour le ministre de capitaliser sur son idée de nationalisation - retoquée par le Premier ministre même si Arnaud Montebourg s’est employé à citer les exemples de nationalisations récentes au Japon ou à Singapour  - ou sur l’avancée encore timide de la réciprocité en matière commerciale au niveau européen.

Comment dès lors se relancer ? C’est tout l’enjeu de son retour médiatique. En toute fin de l’émission de plus de 2h, le ministre a esquissé sa nouvelle ligne. Le ministre entend présenter "les projets et les objets de la nouvelle France industrielle comme la roue motorisée de Michelin ou un stent innovant pour l’artère coronaire". "Il y a une focalisation sur les dossiers en défense", reconnaît le ministre. Dans les prochaines semaines, le ministère devrait se concentrer sur la refonte des filières industrielles, avec la tenue des comités de filières et la relance de la conférence nationale de l’industrie. Façon de parler davantage d’avenir.

Solène Davesne

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