Arnaud Lagardère dans le droit fil de son père

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Arnaud Lagardère, 42 ans, poursuivra « fidèlement » l'oeuvre de son père, Jean-Luc Lagardère, à la tête du groupe qui porte leur nom. Co-gérant de la société en commandite Lagardère SCA et patron du pôle média du groupe, il prendra donc la relève. Pour cela, il sera épaulé par Philippe Camus, également co-gérant, l'homme de confiance de la famille mais aussi le co-président exécutif d'EADS.

Un tandem constitué pour assurer la pérennité d'un empire qui pèse plus de 13 milliards d'euros (réalisés à 60 % dans les médias) et emploie 45 500 salariés. Surtout, dont les participations sont stratégiques dans l'aéronautique et la défense avec EADS (numéro un européen des avions commerciaux, des hélicoptères, des missiles ou encore des satellites).

En dépit d'un recul de la contribution d'EADS aux résultat de son groupe, Arnaud Lagardère a écarté hier (et ce comme son père), lors de la présentation des résultats financiers du groupe, toute cession prochaine de sa participation dans le géant européen de l'aéronautique et de la défense. « Ce serait ridicule de quitter EADS avant 2007, dans l'intérêt de notre propre groupe, avait en effet affirmé fin octobre 2002 Jean-Luc Lagardère. C'est à partir de 2006 ou 2007 que nous constaterons le plein succès d'EADS », avait-il ajouté, en référence au programme A380 dont les livraisons devraient commencer en 2006.

Lagardère SCA, qui détient 15,1% d'EADS, est engagé, à parité avec l'Etat français, dans la holding qui contrôle le groupe européen à hauteur de 30 %, face au groupe germano-américain DaimlerChrysler qui en détient également 30 %. La constitution d'EADS, né en juillet 2000 de la fusion du français Aérospatiale-Matra, de l'allemand Dasa et de l'espagnol Casa, avait été scellée par un pacte d'actionnaires d'une durée de trois ans.

L'apport d'EADS au résultat d'exploitation de Lagardère s'est élevé à 63 millions d'euros (14,3% du total) en 2002, contre 104 millions d'euros (20,2% du total) l'année précédente. « Ce repli provient, comme prévu, essentiellement de la division Airbus qui a livré 303 appareils contre 325 un an plus tôt », a précisé le groupe.

Pour autant, les médias restent une priorité pour le groupe. Dans ce secteur où le jeune dirigeant entend faire prévaloir une vision à long terme, « nous n'avons aucune revanche à prendre vis-à-vis du passé », a-t-il assuré dans une allusion aux échecs essuyés autrefois avec La Cinq et TF1.

Enfin, concernant la fermeture de l'usine d'assemblage de l'Avantime de Renault à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), aucun changement ne se fera dans le traitement social prévu pour les 1 041 salariés de Matra Automobile.

Jean-Pierre Jolivet et Pierre-Olivier Rouaud

(Lire également dans « L'Usine Nouvelle » du jeudi 20 mars, de la page 22 à 24).

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