Quotidien des Usines

Armor Mobile Security adopte un SAP à sa mesure

Publié le

Informatisation. Le spécialiste breton du blindage de véhicules met en place un système d'information de gestion unique, en neuf mois, en adoptant des processus prédéfinis.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

En novembre dernier, le retour à l'atelier du 4x4 Toyota Land Cruiser criblé de balles de Kalachnikov a marqué les esprits : les quatre fonctionnaires anglais qui voyageaient à son bord, au cours d'une mission en Irak, en sont sortis indemnes grâce au blindage fabriqué sur le site de Lamballe (Côtes d'Armor) d'Armor Mobile Security (AMS). A la fierté légi- time de contribuer à préserver la vie, s'ajoute pour les salariés de l'entreprise spécialisée dans le blindage de véhicules, celle d'appartenir à une Pmi dont le savoir-faire s'exporte dans 80 pays pour la protection de chefs d'Etats, de diplomates ou de responsables d'organisations humanitaires.

Devenue filiale de l'américain O'Gara Hess et Eisenhardt en 1998, l'ancien artisan carrossier Labbé a franchi, en janvier dernier, un nouveau cap dans l'industrialisation de son activité avec la mise en oeuvre d'un système d'information de gestion capable d'accompagner la montée en charge d'une production en plus grandes séries sur un marché en croissance en raison des conflits au Moyen-Orient.

Il lui aura suffi de neuf mois pour installer un SAP, un progiciel de gestion intégré digne des plus grands groupes industriels. Mais la culture PMI est restée bien encrée chez le carrossier breton ! Pour concrétiser son objectif dans un délai aussi serré, il a préféré se conformer à la lettre aux méthodologies proposées et aux préparamétrages conçus par la société IDS-Sheer, éditeur allemand de solutions de managements des processus.

« Il nous a fallu qua-tre mois pour obtenir l'accord de notre actionnaire qui souhaitait nous faire adopter une autre solution ! Les responsables du siège avaient une mauvaise image du SAP qu'ils jugeaient trop lourd à ins-taller et trop puissant, confie Frédéric Louis, directeur administratif et fi-nancier d'AMS France. Nous les avons convaincus grâce à l'apport des fonc-tions préparamétrées qui évitaient justement d'alourdir le projet. Ces fonctionnalités avaient été tes- tées chez des industriels qui produisaient comme nous des biens d'équipements complexes. Comme nous ne fabriquons pas de produits standards, nous avons besoin de consolider nos résultats à l'affaire, c'est-à-dire véhicule par véhicule ».

La préparation sur le terrain a été particulièrement cadrée. AMS passait en effet d'une informatique de gestion rudimentaire à un progiciel intégré bénéficiant des dernières avancées technologiques.

« Nous ne souhaitions pas faire fonctionner deux informatiques en parallèle. Nous devions nous lancer rapidement dans la logique du nouveau système », explique Solène Lajoux, contrôleur de gestion d'AMS et chef du projet SAP.

Une grande disponibilité pour les utilisateurs clés du projet

Lancé en mai 2004, le projet démarre simultanément sur les quatre grandes fonctions à informatiser : gestion commerciale, achats-logistique, production et finance. Pour chaque domaine est associé le responsable du domaine et des utilisateurs clés (chef d'équipe, magasinier, etc.).

« Nous avons embauché des intérimaires pour libérer 50 à 80 % de leur temps, selon la fonction couverte, précise Solène Lajoux. Un fabricant de machines de chantier qui venait de terminer un projet similaire, nous avait conseillé de donner le maximum de disponibilité aux utilisateurs directement associés à l'implémentation du projet. »

Quelle que soit la fonction couverte, les utilisateurs clés décou-vrent la solution en même temps, puis sont impliqués à toutes les étapes du projet, analyse, paramétrage, tests de lancement, avec des délais à respecter pour avancer simultanément. « Chacun se cantonnant à son rôle, nous avions des comités réduits, très impliqués, afin de prendre des décisions rapidement, poursuit Solène Lajoux. Nos utilisateurs clés n'avaient pas l'habi-tude de l'outil informatique, il ne fallait pas trop de bureaucratie et d'administratif, les procédures sont donc assez simples : saisie d'heures, état de stock, réceptions de commandes, etc... ». En trois mois, de juillet à septembre, l'ensemble des flux préparamétrés était testé et les écarts analysés, l'intégration et la formation, occupant le trimestre suivant. Les utilisateurs clés ont ainsi contribué à former quarante-cinq de leurs collègues qui emploient maintenant au quotidien le progiciel.

Des créations de nouvelles fonctions

Opérationnel, depuis janvier 2005, le progiciel a permis de revoir les processus existants et d'en créer de nouveaux. Par exemple, AMS a dû créer un poste d'administration des ventes qui n'existait pas auparavant. Cette fonction couvre le processus qui va de la commande client en passant par le suivi de production, la livraison, la facturation jusqu'au recouvrement. « Nous avons aussi rattaché le pôle logistique à la fonction achats, nous avions déjà l'idée de le faire, l'installation du nouveau système était donc l'occasion de concrétiser cette idée », ajoute-t-elle. AMS s'est conformé avec une certaine humilité et sans grandes difficultés aux propositions proposées par la solution d'IDS-Sheer, cependant la partie qui a demandé le plus gros effort est la création des monenclatures des véhicules blindés fabriqués en série.

« Le premier MRP (manufacturing ressources planification) que nous avons lancé avec le système n'était pas cohérent, nous avons dû vérifier près de 3000 pièces, code à code. C'était un sujet complètement nouveau pour notre société, avoue Solène Lajoux. Désormais le dossier de fabrication sort du bureau d'études automatiquement pour engager les investissements nécessaires au blindage d'un modèle. »

Une organisation ajustée

Ces nomenclatures seront constituées pour les modèles produits en série, comme par exemple les 4x4 Toyota ou Land Rover ou les véhicules de transport de fonds. Petit à petit, des ajustements s'opè-rent, « Nous avons encore des progrès à faire pour que l'entreprise s'adapte complètement au logiciel. Nous nous sommes concentrés sur l'essentiel, nous ne pouvions pas tout unifier en une seule fois, reconnaît Solène Lajoux. Par exemple, nous pensons impliquer le sous-traitant qui gère notre stock de tôles en lui donnant un accès dans notre système SAP ». En disposant maintenant d'un seul système qui permet d'élaborer toutes les combinaisons possibles entre les différentes données des grandes fonctions de l'entreprise, AMS a réussi son pari : devenir un véritable carrossier industriel.

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