Arkema promeut le "made in France"

La croissance du groupe est de plus en plus tirée par l’Asie. Mais à l’occasion de la présentation de ses résultats, son patron, Thierry Le Hénaff, a tenu à rappeler l’importance de la France.

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Arkema promeut le

Comme pour la plupart des grands acteurs européens de la chimie, les bons résultats d’Arkema s’expliquent en grande partie par la croissance des émergents, Chine en tête. Là où les produits chimiques sont encore consommés en masse. Pour le premier chimiste français, les voyants sont au vert.

Le chiffre d’affaires s’établit en 2011 à 5,9 milliards d’euros (+21%), l’Ebitda à 1,034 milliards d’euros (+28%) et le résultat net à 574 millions d’euros (+33%). Son objectif étant de devenir l’un des leaders mondiaux de la chimie de spécialités (à destination de marchés de niches, contrairement à la chimie de commodités), Arkema ambitionne de faire progresser ses ventes en Asie.

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Les ventes en Asie représentent aujourd’hui 26% du chiffre d’affaires, contre 40% pour l’Europe, le reste des ventes s’effectuant aux Etats-Unis. Pour 2016, le groupe envisage de monter ses ventes en Asie à 30%, celles en Europe devraient ainsi se tasser à 35%.

Un objectif qui s’appuie sur les nombreux investissements d’Arkema dans cette région du monde. Le chimiste va procéder à son plus gros investissement depuis sa création en 2005 : une plateforme de production de thiochimie (chimie du soufre) en Malaisie destinée notamment à fournir le marché de l’alimentation animale. L’investissement mené avec une société sud-coréenne dépasse les 400 millions d’euros.

En Chine, Arkema possède son plus grand site industriel, à Changshu, au nord de Shangaï. Et entre les acquisitions, les augmentations de capacités et la création d’un centre de R&D, le pays semble être la cible privilégiée qui engloutit le plus gros des investissements.

Ancrage en France

Mais face à ce constat, et alors que la désindustrialisation en France reste l’un des thèmes forts de la campagne pour l’élection présidentielle, Thierry Le Hénaff a tenu à rassurer ses troupes : Arkema compte bien maintenir son ancrage dans le pays. "La France n’est pas le parent pauvre du groupe", affirme-t-il.

Il faut dire que l’actualité récente d’Arkema en France inquiète nombre de salariés. Entre la cession en cours des activités vinyliques en France à la société Klesch et le projet de développement de polymères fluorés Kynar, qui concernent les sites de Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) et de Pierre-Bénite (Rhône), les syndicats redoutent des suppressions d’emplois. Les discussions sont en cours.

Il est vrai que les effectifs du groupe ont fondu en France : "Il y a avait 11 000 salariés en France au moment de notre création et ils ont baissé de 30% les trois premières années", chiffre Thierry Le Hénaff. Une tendance identique à l’échelle du groupe, passé de 20 000 à 14 000 salariés sur cette même période. Depuis, les effectifs sont à peu près stables. "Nous avons embauché 400 personnes en France en 2011", précise même un dirigeant du groupe.

Mais pour calmer les esprits, Thierry Le Hénaff a rappelé que la France avait représenté 55% du total des investissements depuis la naissance de l’entreprise, soit 1,2 milliard d’euros. En 2011, 59% de la production s’est effectuée en France, alors que seulement 13% des ventes y sont réalisées, ce qui démontre selon son PDG le caractère fortement exportateur d’Arkema. Et de revenir également sur les investissements menés ou à venir sur les sites de Carling (Moselle), de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) et de Jarrie (Isère).

Le maintien de ces activités en France est-il assuré ? "La recherche en France est très compétitive grâce au crédit d’impôt recherche et aux investissements d’avenir", se félicite Thierry Le Hénaff. Pour ce qui est de la partie industrielle, la situation est plus contrastée. "La France est en retard par rapport à la zone Allemagne-Belgique-Hollande en matière d’infrastructures, de pipelines et d’accès aux ports", regrette le patron d’Arkema.

Les charges "qui pèsent sur les salaires en France" et l’exploitation du gaz du schiste, "un sujet enterré avant d’être ouvert", sont deux autres sujets de préoccupation qui risquent à l’avenir de diminuer la compétitivité de la France.

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