Arkema "dément formellement" les accusations de Klesch

Le groupe Klesch accuse Arkema d’avoir délivré de fausses informations lors de la cession des activités vinyliques du français, qui a eu lieu l’été dernier. Arkema dément et les syndicats mettent en avant une gestion financière opaque de la part de Gary Klesch.

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Arkema

Les reprises de sites industriels, très médiatisées ces derniers mois, ne sont pas toujours un long fleuve tranquille. L’été dernier, le groupe Klesch, du nom de son patron Gary Klesch, rachetait le pôle vinylique du chimiste français Arkema en le renommant Kem One. Le repreneur se félicitait alors de cette reprise et assurait le maintien des emplois. Le patron d’Arkema, Thierry Le Hénaff, y voyait pour sa part une accélération de la stratégie de son groupe visant à réduire les activités de commodités. Aujourd’hui, force est de constater que ce scénario gagnant-gagnant a fait long feu.

Gary Klesch accuse en effet Arkema d’avoir transmis de "fausses informations" au moment de la vente, en juillet 2012. Il a annoncé aujourd’hui assigner Arkema devant le tribunal arbitral. "Les informations liées au montant des bénéfices attendus ne sont pas en accord avec la réalité", estime le dirigeant. "De juillet 2012 à février 2013, nous avons subi une perte de 135 millions d’euros, c’est que quelque chose ne va pas." Dans le détail, ces accusations portent sur la partie amont de l’activité, Kem One SAS, et non sur la partie aval, Kem One Innovative Vinyls.

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Une cession remise en cause

Dans les heures qui ont suivi, Arkema a riposté par un bref communiqué de presse. "Arkema est profondément choqué par ces allégations graves et mensongères et tient à y opposer le démenti le plus formel", affirme le groupe. Et d’ajouter la surprise de cette assignation alors même "qu’au cours des huit mois qui se sont écoulés depuis la cession, le groupe Klesch n’a formulé aucune observation auprès d’Arkema".

Faux ! rétorque Gary Klesch : "Nous essayons depuis des mois de négocier avec des interlocuteurs de chez Arkema, mais ils ont refusé." Quoi qu’il en soit, le groupe demande "l’indemnisation de Kem One SAS pour les insuffisances du bilan et du compte de résultat". Il se réserve également le droit de demander au tribunal arbitral "l’annulation de la cession" de Kem One SAS et demande "au total 310 millions d’euros de dommages et intérêts".

Des mouvements financiers vers Malte et Jersey

Cet envenimement de la situation entre Arkema et le groupe Klesch se déroule sur fond de critique croissante de la part de certains syndicats. La CGT et la CFDT ont d’ailleurs récemment appelé à la grève. Ils pointent du doigt la gestion financière du groupe Klesch, lequel ne parvient plus à payer certains fournisseurs. "C’est en raison des performances financières plus faibles qu’attendus, et non de la faiblesse du marché du PVC, que nous ne pouvons pas payer nos fournisseurs", argue Gary Klesch. Mais les syndicats s’inquiètent aussi de mouvements de fonds, en particulier en direction de Malte et de Jersey. "Ce sont de grands centres d’échanges financiers bien connus, il n’y a rien de caché", répond Gary Klesch.

En France, Kem One emploie près de 1 800 salariés sur 10 sites dont Saint-Fons (Rhône), Fos-sur-Mer et Lavera (Bouches-du-Rhône), Balan et Lyon (Rhône-Alpes) et Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence). Le groupe suisse Klesch s’est spécialisé dans le rachat d’activités de commodités de grands groupes. Il a déjà racheté des raffineries de Shell, des fonderies d’Aluminium de Corus et Alcan. Aujourd’hui, cette société d’investissement possède surtout des actifs dans le pétrole et le gaz, la mine, la métallurgie, la production d’énergie et la chimie.

Olivier James

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