International

Arkema accélère son développement en Chine

Olivier James ,

Publié le

Le chimiste annonce plusieurs investissements sur son site de Changshu. L'ouverture d'un nouveau centre de R&D et des extensions de capacités vont en faire le premier site industriel d'Arkema dans le monde.

Arkema accélère son développement en Chine © D.R.

Située à une centaine de kilomètres de Shanghai et de son impressionnant quartier d'affaires hérissé de buildings lumineux, la ville de Changshu devient pour le groupe Arkema un centre stratégique majeur. Le premier chimiste français, dont le chiffre d'affaires au premier semestre 2011 s'est établi à 3,5 milliards d'euros (+ 20 %), vient de poser la première pierre d'un nouveau centre de R&D dont l'investissement s'élève à 10 millions d'euros.

Ce site entrera en service en octobre 2012 et embauchera une trentaine de chercheurs la première année, puis une cinquantaine dans les deux ans. Dans la foulée, Arkema a annoncé une extension de capacités de 30% pour la production de gaz fluorés (HFC 125), utilisés dans l'air conditionné, qui devrait être effective fin 2012. Ce site devient ainsi la première plateforme industrielle du groupe...

Car ces investissements font suite à de nombreux autres développements sur ce site chinois. Relié par un canal au fleuve Yangtsé, il n'a cessé depuis de croître sur ses 43 hectares de superficie. Les premières productions concernaient les gaz fluorés pour l'air conditionné, les additifs pour plastifiants (peroxydes organiques) ou bien encore les polyamides de spécialités pour le textile et l'automobile. Cette année, la plateforme a également accueillie deux nouvelles usines, pour un investissement global de plus de 100 millions d'euros, et dont l'inauguration aura lieu le 12 octobre.

La première installation produit depuis le printemps 2011 des polymères fluorés, et en particulier du PVDF (polyfluorure de vinylidène). Il s'agit d'un fluoropolymère thermoplastique résistant aux rayons UV et aux substances chimiques corrosives. C'est l'un des produits phares d'Arkema, déjà employé pour les revêtements muraux et d'équipements chimiques (cuves, tuyaux, vannes…). Mais le site de Changshu prévoit pour ce produit de nouvelles applications, telles que les batteries lithium-ion (où le PVDF sert à fixer le lithium), les panneaux photovoltaïques (où le PVDF sert de couche support au silicium) et les membranes pour la filtration d'eau (où le PVDF est nanostructuré et peut résister à de très fortes pression). Le groupe projette déjà d'augmenter de 50% les capacités de cette usine d'ici l'été 2012.

Réduire les activités de commodités

La deuxième usine qui a vu le jour cette année sur le site de Changshu est dédiée à la production d'additifs de rhéologie, ces substances qui contrôlent la manière dont coulent les matières liquides. La production a démarré depuis le mois d'août et est destinée à de nombreux secteurs finaux : peintures, revêtements, ciment, papier, traitement des minéraux…

Ce site de Changshu, dont pas moins de dix hectares sont encore disponibles pour son extension, est donc peu à peu devenu le centre névralgique du développement d'Arkema en Chine. Les derniers investissements annoncés s'inscrivent dans la stratégie du groupe. D'abord d'un point de vue géographique. Arkema compte bien profiter de la croissance du secteur chimique chinois, dont la part dans le monde est passée de 5,8% à 22,2% entre 1999 et 2009 (contre une réduction de 32,1% à 24% pour l'Europe des 27). En bref, comme beaucoup d'autres industriels, Arkema va chercher la croissance là où elle se trouve.

Et le groupe ne compte pas en rester là. "Sur les 350 millions d'euros investis chaque année, environ 80 millions d'euros concernent l'Asie", précise Thierry Le Hénaff, Pdg du groupe. Le groupe investit en Malaisie, en Inde, en Corée du Sud et au Vietnam. Et en grande partie en Chine, où les usines produisent moitié pour le marché local et moitié pour l'export vers les autres pays asiatique.

Au bout du compte, l'Asie devrait représenter le quart du chiffre d'affaires du groupe en 2015, contre 18% en 2010. Il y a encore quelques mois, l'objectif était seulement de 23%. A titre de comparaison, la part de l'Europe dans le chiffre d'affaires du groupe devrait passer de 48 à 40% sur la même période, et celle de l'Amérique du Nord de 29 à 30%.

Deuxième axe stratégique du groupe qui permet de bien comprendre ces récents investissements : la volonté du groupe depuis 2006 de réduire les activités de commodités (essentiellement la production de PVC qui ne représente plus que 15% de son chiffre d'affaires), au bénéfice des produits de spécialités.

"Notre objectif est de nous renforcer sur nos positions de niches et d'y être le plus rentable possible", résume Thierry Le Hénaff. Une future usine de PMMA (plexiglas beaucoup plus léger que le verre utilisé dans le mobilier sanitaire et l'automobile) devrait ainsi voir le jour en Asie dans les prochaines années et renforcer le groupe dans ce secteur où il est l'un des tous premiers acteurs.

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