L'Usine Aéro

Arianespace monte en cadence et optimise ses coûts

Frédéric Parisot ,

Publié le , mis à jour le 10/01/2013 À 11H39

En 2012, trois lanceurs différents ont pris leur envol depuis la base spatiale de Kourou (Ariane 5, Soyouz et Vega). Une première dans l’histoire du Centre spatial guyanais, qui a permis à l’opérateur Arianespace de réduire ses coûts d’environ 20 %.

Arianespace monte en cadence et optimise ses coûts © Tieum512 - Wikimedia Commons

Le 21 décembre dernier, quelques instants après le décollage d’Ariane 5. La fusée est encore visible dans le ciel guyanais et le PDG d’Arianespace en profite pour dresser le bilan d’une année 2012 marquée par plusieurs records. Selon Jean-Yves Le Gall en effet, l’année aura été celle du "trois fois dix" ! Dix lancements en un an, dix ans de fiabilité d’Ariane 5, et les dix tonnes de charge utile ont été atteintes. Ce lancement, qui porte à 53 le nombre de tirs consécutifs réussis, conforte Ariane 5 dans sa position de fusée la plus fiable du marché. "En 2012, nous avons eu pour la première fois un client qui n’a pas contracté d’assurance pour la mise en orbite de son satellite", se réjouit Jean-Yves Gall.

Montée en cadence

Si 2011 avait vu le lancement de la première fusée Soyouz depuis la base de Kourou, 2012 a été l’année du premier envol de Vega (un lanceur pour “petits” satellites, de l’ordre de 1,5 tonne de charge utile). Autant dire qu’en deux ans, le Centre Spatial Guyanais (CSG) a vu son volume d’activité progresser de manière notable. "Nous sommes forcément plus efficaces grâce à Soyouz et Vega car le CSG est moins soumis à des périodes creuses", commente Jean-Yves Le Gall. Une bonne nouvelle pour les 1600 personnes qui travaillent à plein temps sur le CSG.

A cela s’ajoutent quelques innovations d’ordre organisationnel. En effet, Soyouz a été l’occasion de tester un nouve bâtiment d’intégration lanceur (baptisé MIK) positionné horizontalement, et non pas verticalement comme celui d'Ariane 5 (le BIL), ce qui permet d’assembler deux lanceurs simultanément. Quant à la fusée Vega, elle reprend des éléments d’Ariane 5 et est assemblée directement sur son pas de tir, faisant l’économie du jour de transport nécessaire pour acheminer Ariane 5 sur l’aire de lancement. "Au final, nous estimons que le fait de proposer trois lanceurs nous permet de réduire de 20 % environ les coûts de lancement d’Ariane 5", poursuit le PDG d’Arianespace. Des gains qui devraient permettre à l’opérateur de conserver sa rentabilité en attendant qu’Ariane 5 ME soit opérationnelle. Prévue pour 2017, cette dernière devrait offrir un prix au kilo de charge utile encore inférieur (aujourd’hui, un lancement d’Ariane 5 est facturé au client entre 70 et 120 millions d’euros).

Au-delà du coût, Arianespace est désormais capable de lancer une fusée toutes les trois semaines. Un délai impossible à imaginer il y a encore quelques mois, sachant qu’une campagne de lancement d’Ariane 5 dure au total 34 jours (20 jours d’assemblage du lanceur, 12 jours l’intégration du satellite, 24 heures pour le transfert sur le pas de tir et 24 heures pour les dernières activités avant lancement).

Trente satellites dans le carnet de commandes

Avec une trentaine de satellites dans son carnet de commandes, Arianespace dispose d’au moins trois ou quatre années d’activité assurée. Idem pour Astrium, l’industriel en charge de la fabrication d'Ariane 5². La montée en cadence devrait donc se poursuivre l’an prochain. "Il devrait y avoir entre cinq et six lancements d’Ariane 5, entre trois et quatre lancements de Soyouz et un ou deux lancements de Vega", prévoit Jean-Yves Le Gall, qui espère porter à onze le nombre de lancements en 2013.

A Kourou, Frédéric Parisot

Qui fait quoi à Kourou ?

Chaque lancement fait intervenir quatre acteurs (l’ESA, Arianespace, le CNES et Astrium) dont le partage des responsabilités est clairement défini.

L’Agence Spatiale Européenne (ESA), représente les 20 états membres du programme spatial européen. Maître d’ouvrage pendant le lancement, il a un rôle politique mais non opérationnel. Arianespace est l’opérateur de lancement. Il est responsable des lanceurs, et compte le CNES et l’état français parmi ses principaux actionnaires. Il propose à ses clients un service complet de livraison en orbite grâce à son offre de trois lanceurs : Ariane 5 (10 tonnes de charge utile), Soyouz (autour de 3 tonnes de charge utile) et Vega (1,5 tonne de charge utile). Enfin, il gère la récupération des données provenant des satellites.
Le CNES est propriétaire des installations. Il coordonne les lancements, assure la maintenance et le soutien aux équipes de préparation des satellites. Il est en charge de la sécurité de la base et remplit également une mission de protection de l’environnement (le site de Kourou est classé Ceveso 2 en raison des 500 tonnes de poudre embarquées dans chaque lanceur). Le CNES s’assure également que la loi spatiale est respectée, et que les lanceurs répondent aux normes de sûreté de fonctionnement. Il est responsable de la destruction du lanceur en cas de problème, s’il s’écarte de sa trajectoire.

Astrium est l’industriel en charge de la fabrication et de l’assemblage des lanceurs. Ces derniers sont ensuite livrés à Arianespace qui y intègre les satellites (remplissage de propergol et mise sous coiffe). Astrium fournit un lanceur avec garantie au décollage jusqu’à l’heure H+7 secondes.

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2 commentaires

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10/01/2013 - 11h46 -

Merci de votre lecture attentive et de vos remarques des plus pertinentes. Nous les avons prises en compte et avons mis à jour l'article.
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Nom profil

10/01/2013 - 01h51 -

Beaucoup d'approximations dans votre article, le bâtiment d'assemblage de Soyouz s'appelle le MIK et non pas le BIL (Ariane 5). Astrium n'est chargé de la fabrication que d'Ariane 5 et non de Soyouz ni de Vega ...
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