Ariane 6 : l'Allemagne veut des contreparties

Après quelles contreparties court l’Allemagne ? Deux jours après le mandat confié à l’ESA pour travailler sur le nouveau lanceur Ariane 6, Brigitte Zypries, la secrétaire d’Etat chargé du dossier spatial Outre-Rhin a confirmé son soutien au programme alternatif Ariane 5.

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Ariane 6 : l'Allemagne veut des contreparties

L’Allemagne a pris position. "Le programme Ariane 5, commencé conformément aux souhaits de la France et des industriels, ne devrait pas, selon nous, être interrompu, mais au contraire poursuivi, pour que l'on examine ensuite, lors d'une prochaine étape, de façon complète, le développement du secteur des lanceurs européens", indique Brigitte Zypries, la secrétaire d’Etat allemande chargé du dossier spatial. Dans son courrier adressé à l’AFP, la secrétaire d’Etat enfonce le clou en soulignant les incertitudes entourant le projet Ariane 6 soutenu par la France : "Il repose sur une multitude de suppositions qui nécessitent d'être examinées et éclaircies avant qu'une décision puisse être prise sur ce programme d'un coût de plusieurs milliards d'euros".

Va-t-on au clash ?

A moins de trois mois de la ministérielle de l’ESA (Agence spatiale européenne), une rencontre décisive qui doit trancher sur l’avenir du lanceur européen, va-t-on au clash entre Allemands et Français, les deux principaux bailleurs de fonds de l’agence spatiale ? Au fur et à mesure que l’échéance approche, les positions des uns et des autres semblent se crisper. Or, l’Europe devra faire un choix. Pour des raisons budgétaires, il sera impossible de mener les deux projets de front : soit il y aura une concentration des investissements sur Ariane 6 uniquement avec une disponibilité du nouveau lanceur dès 2020 ; soit il sera décidé de poursuivre le scénario Ariane 5 en prenant le risque de reporter Ariane 6 au-delà de 2025. "La fusée américaine SpaceX a réussi 8 lancements ces douze derniers mois, on doit aller très vite si on veut contrer cette concurrence", indique-t-on côté français.

A Paris, on relativise toutefois les divergences avec le partenaire outre-Rhin. "Le calendrier d’Ariane 6 a été accéléré fortement. Cela bouscule les Allemands qui ont besoin qu’on leur apporte des garanties", explique une source très proche du dossier. "C’est clair. C’est une tactique de négociation. On s’y attendait", indique par ailleurs un habitué des rencontres ministérielles de l’ESA. En effet, ces réunions entre les différents pays membres de l’Agence spatiale européenne sont l’occasion de grands marchandages. Il faudra en effet répartir le budget total de l’agence sur l’ensemble des grands programmes : certes les lanceurs mais également le montant de la contribution européenne à l’ISS (la station spatiale internationale) ou encore les programme scientifiques.

Préserver OHB

Berlin cherche également à s’assurer que ses industriels conserveront des productions significatives dans le nouveau mécano industriel d’Ariane 6. Aujourd’hui, Airbus se charge de la fabrication de l'étage supérieur cryogénique d’Ariane 5 à Brême, et son partenaire allemand OHB produit des éléments d’aérostructures métalliques des boosters. Or le nouveau lanceur remet en cause cette organisation dans laquelle le futur rôle d’OHB n’est pas clair. Berlin veut éviter à tout prix que son nouveau champion du secteur spatial, fabricant des satellites Galileo, ne soit lésé.

Si l’Allemagne est incontournable pour lancer Ariane 6 au plus vite, sa position est toutefois fragile. "L’Allemagne est isolée. Les industriels, Arianespace qui commercialise les lanceurs et les agences spatiales sont tous favorables à Ariane 6", explique un spécialiste du secteur. A moins de trois mois du sommet décisif du Luxembourg, les négociations vont s’accélérer. Les ministres ont prévu de se rencontrer de manière informelle le 13 novembre prochain.

Hassan Meddah

3 Commentaires

Ariane 6 : l'Allemagne veut des contreparties

La tête dans les étoiles
29/09/2014 10h:36

OHB veut construire Ariane 6, les Allemands l'exigent, pourtant il semblerait qu'ils aient une grande part de responsabilité dans l'échec de la mise en orbite de Galiléo... S'ils étaient écartés par exemple parce qu’ils ne font pas du bon travail ? Personne ne se le demande...

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Réaction(s)
Mesquinerie
03/02/2019 15h:16

Je pense que c'est les français qui ne cessent pas de courir derrière les allemands, et Elle met toujours devant l'Europe, non, qu'elle arrête ça, quand on parle des grandes réalisations technologiques, c'est toujours les allemands et non les français,d'ailleurs les allemands n'ont jamais besoin les français, alors que nos amis français arrêtent de s'alarmer...

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FREDDI
30/09/2014 01h:25

OHB est un industriel qui dès le départ de Galileo , a sous-traité une partie de la commande à un gros acteur du spatial ;La France est responsable de l'échec de la mise en orbite de Galiléo , çà toujours été son rôle , mais OHB , petite société de 3000 pers. , avec des filiales rachetées en Suède et en Italie , dérange beaucoup les grosses sociétés . Les mauvais coups pleuvent .

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