Areva vend T&D et ouvre son capital

A l’issue d’un conseil de surveillance qui s’est tenu ce mardi 30 juin, le groupe nucléaire français Areva a confirmé que les pistes de développement sur lesquelles pariaient les observateurs étaient les bonnes. Vente de la filiale T&D (estimée à 4 milliards d’euros), cession de participations et recapitalisation sont au menu.

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Areva vend T&D et ouvre son capital

Anne Lauvergeon s’est résolue à vendre T&D, la filiale transmission et distribution du groupe qu’elle dirige. Au départ opposée à cette option, la présidente du directoire a finalement cédé aux desiderata de l’Etat, son actionnaire principal, tant son besoin de financement est grand. Estimée « 4 à 5 milliards d’euros », Areva T&D ne sera pas mis en vente à la découpe, mais en un seul bloc, à un acquéreur qui sera choisi « à l’issue d’un processus d’appel d’offres ouvert ». « Selon la qualité des marques d’intérêt qui seront reçues, la décision de céder ou pas T&D et le choix d’un éventuel acquéreur seront pris avant la fin de l’année », précise toutefois le communiqué. Alstom, ancien propriétaire de cette entreprise rachetée en 2004 lorsqu’il était en mauvaise santé financière, est sur les rangs.

Schneider Electric a également manifesté son intérêt, mais son projet de supprimer des postes ne le met pas dans la meilleure posture. « Nous jugerons les candidats selon trois critères : le prix, le projet industriel et le volet social », a souligné Anne Lauvergeon, rappelant qu’en 2004, elle avait conditionné la vente de FCI, un spécialiste de la connectique, à la promesse de ne pas fermer de sites en Europe. Cela n’a pas empêché les syndicats de réagir immédiatement. Les salariés de l’usine Areva de Mâcon ont manifesté ce mardi dans les rues de la préfecture de Saône-et-Loire. Pour Laurent Roussel, délégué CGT, une cession du site T&D « ne correspond pas à une logique industrielle mais à une logique financière avec des risques importants de restructurations ».

Le retrait d'EramEt et STMicroelectronics confirmé


Autre confirmation du scénario de développement du groupe : l’ouverture de l’actionnariat, à hauteur de 15 %, à de nouveaux partenaires « stratégiques et industriels », par augmentation de capital, y compris auprès de l’actionnariat salarié. Si des acteurs comme Mitsubishi Heavy Industries (MHI), auquel Areva est déjà allié pour vendre des réacteurs de moyenne puissance et du combustible, ou des fonds souverains du Moyen-Orient faisaient leur entrée, la part de l’Etat (via le CEA) passerait de 91 à 75 %. L’entrée d’un fonds émirati fait sens, étant donné les ambitions qu’Areva nourrit sur place pour placer ses réacteurs EPR (résultat de l’appel d’offres au troisième trimestre). Ce serait alors une concrétisation du modèle du « client investisseur ». L’arrivée de MHI également ferait sens, la coopération nucléaire franco-japonaise s’étant déjà soldée par une entrée d’Areva dans le fabricant de pièces forgées Japan Steel Works (1,4 %). L’industrie nipponne lui rendrait alors la monnaie de sa pièce.

Cette ouverture du capital est assortie d’une cession des participations d’Areva dans Eramet (26 %) et StMicroelectronics (11 %), puisque telle est la demande de l’Etat. « Ces participations resteront en tout état de cause sous actionnariat public, compte tenu de leur caractère stratégique », souligne le communiqué. Areva liquiderait donc ses placements externes, après Total (0,4 %) et GdF-Suez (1,2 %), ventes qui ne sont toutefois toujours pas confirmées.

Ces trois décisions, qui seront mis en pratique « avant la fin de l’année », permettront d’amener de l’argent frais qui devenait urgent au regard des projets du groupe. Le programme d’investissement d’Areva atteint 10 milliards d’euros, sans compter le rachat de la part de Siemens dans Areva NP (2 milliards d’euros), l’Allemand ayant annoncé son intention de fonder une coentreprise avec le russe Rosatom. « Nos besoins de financement sont bien moindres, mais sans nouveaux partenaires, nous pouvons faire une croix sur notre programme d’investissement », a dit en substance la présidente du directoire. Les Etats-Unis représentent une grosse partie de ce programme, mais rien ne se passera avant 2011, date de clôture du ‘licensing’, la procédure d’homologation du réacteur.

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