Areva sonne l’alerte sur les commandes d'EDF au Tricastin

Tous les coups sont permis ? Alors que l’arrivée du nouveau patron d’EDF Henri Proglio marque un regain de tension au sein de la filière nucléaire, Areva agite l’urgence économique et sociale dans laquelle la pousse une position dure d’EDF sur les commandes d’enrichissement d’uranium.

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Areva sonne l’alerte sur les commandes d'EDF au Tricastin

Le directeur d’Areva-Tricastin est inquiet. Il tient à le faire savoir. Les dégâts causés par une rupture de commande pour 2011-2012 d’uranium enrichi de la part de son plus gros client, EDF, seront socialement et économiquement considérables. Jeudi, Areva expliquait à l’Usine Nouvelle.com qu’EDF pourrait préférer se fournir en uranium enrichi auprès de l’usine russe de Seversk, dont les prix sont plus compétitifs. Un choix qui précipiterait la fermeture de l’usine George Besse I d’Areva, et nécessiterait le reclassement de 500 salariés.

« Si l’on arrête les installations d’Eurodif fin 2010, nous ne savons pas quand nous pourrons obtenir des autorisations de démantèlement», déplore Frédéric d’Agostini, le directeur d’Areva-Tricastin. Faute d'autorisation, « les 500 personnes disponibles ne seront pas occupées au rinçage et à la déconstruction». Le calendrier de la transition sociale et industrielle n’avait en effet pas prévu ce trou de plan de charge, la nouvelle usine George Besse II prenant le relais à partir de 2012. « Au-delà du Tricastin, c’est tout le bassin d’emploi qui est touché : nous avons quelques centaines de sous-traitants qui travaillent de manière régulière pour le site », comptabilise-t-il. Plaque-tournante de l’uranium, le site du Tricastin représente en tout 3000 salariés, 2000 sous-traitants, et 1500 ouvriers sur les chantiers. Reclasser 500 personnes n’est aux dires du directeur « pas évident ».

550 M€. Du point de vue économique, l’impact est également sérieux. Un an d’approvisionnement représente « plusieurs centaines de millions d’euros », indique le directeur d’Areva-Tricastin. « Le cours de l’UTS étant à 110 euros, et les besoins d’EDF se situant entre 5 et 6 millions d’euros d’UTS par an, l’impact de la commande est de 550 millions d’euros », indique-t-on au ministère de l’énergie : « le sujet est très lourd financièrement ».

« Les propositions faites par Areva ont été au prix du marché. Si c’est au prix du marché, on ne voit pas pourquoi EDF ne nous achète pas de combustible » se défend le directeur d'Areva-Tricastin, qui ajoute : « EDF représente quasiment l’intégralité des commandes, du plan de charge pour 2010». Tenu informé, le gouvernement a indiqué à l'Usine Nouvelle.com noter de part et d'autre une "volonté d'avancer sur le sujet". Contacté, EDF n'était pas en mesure de commenter ces informations.

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