Areva signera un accord minier avec la Jordanie

Avant le réacteur, la matière première. Areva a annoncé le 27 août la mise en place d'une convention minière sur l'uranium en Jordanie. Malgré ses déboires en Finlande, la santé du groupe est florissante.

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Areva signera un accord minier avec la Jordanie
L'heure n'est pas encore à la vente d'EPR, mais Areva pose un premier jalon en Jordanie. Le groupe constituera avec la Jordan Atomic Energy Comission (JAEC) une société commune : en jeu, l'extraction d'environ 130.000 tonnes d'uranium des réserves de phosphate du pays.

A l'occasion de la visite officielle du Roi Abdallah II à Paris le 27 août, la Jordanie a plus globalement conclu avec la France un protocole d'accord relatif à l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire. En mai, la Jordanie et la France avaient déjà paraphé un accord-cadre de coopération en matière de nucléaire civil, mais le Royaume avait également conclu des accords similaires avec les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne et la Chine.
Areva assurant aussi bien la construction du réacteur que l'exploitation de l'uranium, la France part néanmoins très favorite pour la mise en service, espérée vers 2015, de la première centrale nucléaire jordanienne.

Rapidité. Si la Jordanie semble pressée aujourd'hui de se doter du nucléaire civil, dont elle souhaite tirer 30% du total de son mix énergétique d'ici 2030, d'autres pays tels l'Afrique du Sud seraient bien mieux positionnés pour acquérir rapidement cette technologie. Tandis que la Jordanie part de zéro et doit encore constituer par exemple une autorité de sûreté, ou former au préalable un électricien capable d'exploiter l'énergie produite par le réacteur, l'Afrique du Sud dispose déjà de ces éléments opérationnels avec l'électricien ESKOM et son institution de contrôle, le National Nuclear Regulator (NNR).
Pour l'Afrique du Sud néanmoins, Areva n'est pas seule sur les rangs : l'américain Westinghouse, racheté par Toshiba en 2006, espère bien lui souffler l'appel d'offres lancé par le gouvernement sud-africain pour une capacité de production d'électricité de 20 000 MW. Un pactole qui représenterait la construction d'une douzaine d'EPR.

Marché mondial. Avec le regain mondial pour l'énergie nucléaire, illustré par les prochaines constructions d'EPR en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, Areva tente d'accompagner ses ventes sèches de réacteurs par une offre de services en amont et en aval du cycle. Ainsi, lors du contrat-record de 8 milliards d'euros signé avec la Chine, outre les deux réacteurs EPR, Areva s'est engagée auprès de CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Corp) à fournir l'ensemble des matières et services nécessaires à leur fonctionnement. En aval du cycle, d'autres accords visent la réalisation d'études de faisabilité pour la construction d'une usine de traitement-recyclage des combustibles usés en Chine.
Une formule intégrée génératrice d'emploi en France dans les installations du Tricastin, pour les étapes de la fabrication du combustible et de l'assemblage par exemple, ou de Chalons-sur-Saône pour les composants de réacteurs. L'Hexagone et son énergie à 80% issue du nucléaire fait office de réservoir de savoir-faire pour l'ensemble de l'industrie.

A ce titre, les mesures de surveillance sanitaire et de l'environnement annoncées par Areva au Tricastin sont à regarder de près : elles conditionnent sans aucun doute la sûreté nucléaire mise en place ailleurs dans le monde.

Ana Lutzky

Dérapage pour le premier EPR en Finlande

En Finlande, Areva construit la première centrale «troisième génération» du monde, dite European Pressurised water Reactor (EPR), qui utilise moins d'uranium pour produire plus d'électricité. Une commande datant de 2003 faite par l'entreprise d'électricité finlandaise TVO à Areva et Siemens. Mais le projet a pris deux ans de retard et son budget a dérapé. Béton trop humide, problème de sécurité sur les soudures dénoncés par Greenpeace... Tandis que le journal suisse Le Temps l'annonçait en juin, Les Echos relance la rumeur : le groupe nucléaire français ferait face à une augmentation de 50% de la facture du chantier, à 4,5 voire 5 milliards d'euros contre 3 milliards prévu initialement. Pour la mise en service, Areva avait déjà officialisé qu'il faudrait attendre 2011, contre le délai de 2009 initialement prévu. Les Echos note que ces déboires n'empêcheront Areva pas d'annoncer vendredi un profit semestriel record, à "près de 750 millions d'euros".
Qui règlera la facture ? Le contrat est à un prix fixe de 3 milliards d'euros : tous les dérapages seront donc épongés par le consortium franco-allemand. TVO compte en outre demander des compensations pour ce retard, mais elle attend de connaître leur ampleur exacte pour donner sa facture. Salée, sans aucun doute.
Lire aussi :
Areva en passe de vendre un réacteur à la Jordanie (26/08/2008)
Areva en lice pour le nucléaire civil indien (18/08/2008)
Accord minier entre Areva et la Centrafrique (04/08/2008)












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