Areva sabre dans ses investissements

D’après le plan stratégique d’Areva, révélé à la presse le 13 décembre, le niveau des investissements du groupe va passer à 7,7 milliards d’euros entre 2012 et 2016.

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Areva sabre dans ses investissements

Avant même le début de la conférence de presse de Luc Oursel, patron du groupe, les documents présentés par Areva révèlent que le groupe va réduire drastiquement ses investissements. Il doit suspendre ceux qui devaient aboutir à des extensions de quatre sites français dont ceux de La Hague, de l’usine américaine d’enrichissement d’Eagle Rock et de trois gisements africains de l’ex-Uramin.

En France, sont suspendues les "extensions de capacités" du site de La Hague (Manche), de l'usine Melox (Gard) et des sites Georges Besse 2 et Comurhex 2, ces deux derniers restant des "investissements prioritaires". Les gisements d'uranium de Cigar Lake au Canada et d'Imourarène au Niger, le réacteur de 1.000 mégawatts Atmea et les énergies renouvelables font aussi partie des investissements prioritaires du groupe, pour un montant de 5,7 milliards d’euros, ainsi que deux milliards d’euros pour la sûreté et la maintenance.

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Le groupe indique aussi qu’il suspend les investissements de mise en exploitation du gisement d'uranium de Bakouma en Centrafrique et ceux sur le gisement namibien de Trekkopje, qui s'est révélé beaucoup moins prometteur que prévu, et celui de Ryst Kuil en Afrique du sud.Au total, Areva réduit d’environ un tiers le niveau de ses investissements qui passent à 7,7 milliards d’euros entre 2012 et 2016.

Dix EPR

Le groupe souffre notamment des conséquences de la catastrophe de Fukushima en mars dernier. Malgré tout, le patron du groupe Luc Oursel estime que les commandes devraient continuer notamment sur les EPR. Il prévoit que dix EPR devraient être demandés au groupe d'ici à 2016. Soit l'équivalent de deux par an. Pour l'heure, le groupe n'a réussi à vendre 4 EPR au total. "Nous travaillons sur un marché en développement et en croissance" et "tous les grands programmmes nucléaires dans le monde sont confirmés", estime le patron.

Areva est déjà en négociations pour la fourniture de nouveaux réacteurs en Chine, en Inde, en France et aux Etats-Unis, et participe à des appels d'offre en Grande-Bretagne, Finlande, République Tchèque et Jordanie.

Par ailleurs, Luc Oursel confirme que "le groupe a toujours l'intention d'ouvrir son capital de son activité minière à des partenaires industriels ou financiers, mais n'a pas encore entamé de négociations à ce sujet".

Luc Oursel souligne qu'une telle ouverture du capital de l'activité mines "se fera avec deux conditions : nous garderons une participation très majoritaire, et nous conserverons notre modèle intégré". C'est-à-dire qu'Areva continuera à maîtriser toutes les étapes du cycle nucléaire, allant des mines d'uranium au démantèlement des réacteurs.

Gel des embauches dans les fonctions non industrielles

Sur le plan social, le groupe annonce un gel des embauches dans les fonctions support non industrielles, "le temps nécessaire en fonction du développement de l'entreprise". Selon la CGT, plus de 1 200 postes pourraient ne pas être remplacés en France. Mais le ministre de l’Industrie, Eric Besson, a précisé ce matin même sur Europe 1 qu’aucun plan social ni aucun licenciement n’était prévu en France. Quant à la direction questionnée par l'AFP, elle assure que ce sont entre 200 et 250 départs naturels par an qui seront effectivement réalisés.

Au total, 8 000 personnes travaillent dans les fonctions support du groupe, dont 6 000 en France. Ces postes comprennent aussi bien les ressources humaines, que l'administration et le contrôle de gestion.

Déjà, les syndicats européens réclament la suspension du plan stratégique et demandent une mission d’expertise sur l’emploi. Ils menacent de saisir la justice pour délit d’entrave. "On demande la suspension de toutes les mesures qui ont un impact sur la structure de l'emploi, souligne Jean-Pierre Bachmann, coordinateur CFDT du groupe. Si la direction n'accepte pas l'expertise, on va en justice pour faire reconnaître notre droit".

Le groupe doit détailler le pan industriel et social de son plan stratégique révélé le 12 décembre. Ce plan vise un milliard d’euros d’économies.


Action2016-Areva

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