Areva réunit son conseil le 16/11 sur l'augmentation de capital

par Benjamin Mallet

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Areva réunit son conseil le 16/11 sur l'augmentation de capital

PARIS (Reuters) - Le groupe nucléaire public Areva réunira un conseil de surveillance sur son projet d'augmentation de capital le 16 novembre, ont déclaré mercredi à Reuters des source proches du dossier et syndicales, confirmant des informations des Echos.

Selon un schéma présenté hier aux représentants du personnel du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), détenteur d'une part de 79% dans Areva, le groupe convoquerait ensuite une assemblée générale sur son projet le 10 décembre, a en outre indiqué la source syndicale, qui a requis l'anonymat.

Contrôlé à près de 90% par l'Etat, Areva doit procéder à une augmentation de capital de 15%, estimée à un maximum de trois milliards d'euros, pour financer ses investissements.

Des fonds souverains du Qatar et du Koweït, ainsi que le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI), sont pressentis pour y participer.

"Les pourcentages exacts sont encore en négociations. MHI obtiendra très certainement une participation nettement inférieure à 5% et la Qatar aurait la plus grosse part", selon la source syndicale.

Areva n'a pas souhaité commenter ces informations.

L'Etat a répété à plusieurs reprises cette année que l'opération serait mise en oeuvre avant fin 2010.

"Il y a vraiment une demande forte de l'Elysée pour que l'opération soit bouclée avant la fin de l'année (...). Ça paraît difficile, mais c'est la première fois qu'il y a une pression aussi forte", souligne la source proche du dossier, qui a requis l'anonymat.

La source syndicale a de son côté souligné que l'augmentation de capital devrait être décidée avant le 16 novembre pour pouvoir se faire sur la base des résultats publiés par Areva au titre du premier semestre 2010. Si ce n'est pas le cas, l'opération serait retardée au printemps 2011 pour pouvoir se faire sur la base des résultats annuels.

EDF DANS UN SECOND TEMPS ?

L'Etat a par ailleurs fait savoir fin juillet que l'éventualité d'une montée d'EDF dans le capital d'Areva serait examinée, l'électricien public détenant aujourd'hui 2,4% du fabricant de réacteurs nucléaires.

Mais, selon des sources industrielles, Areva souhaite que cette éventualité soit examinée en dehors de son augmentation de capital, tandis qu'EDF veut participer à l'opération et ainsi être traité comme les autres investisseurs pressentis.

Le quotidien Les Echos rapporte de son côté que "le schéma présenté hier aux représentants du personnel (du CEA) prévoit que l'institut de recherche voit sa part diluée à 68% dans le cadre de l'augmentation de capital, puis qu'il ait la possibilité de revendre à l'Etat jusqu'à 30% du capital d'Areva pour financer le démantèlement de ses sites nucléaires civils et militaires".

"Cette deuxième opération, qui n'aurait pas lieu avant mi-2011, permettrait ensuite à l'Etat de revendre à son tour des titres Areva à EDF."

Une source syndicale a de son côté déclaré à Reuters qu'une éventuelle montée d'EDF dans Areva ne devrait effectivement avoir lieu qu'après l'augmentation de capital.

"LAISSER FAIRE LE MARCHÉ"

Selon l'une des sources industrielles, EDF aurait par ailleurs fait part de ses réticences à l'idée de voir le japonais MHI entrer au capital d'Areva car l'électricien public français fait appel à ces deux fournisseurs exclusivement pour certains composants nucléaires.

"EDF craint que ses fournisseurs se mettent d'accord sur son dos", a déclaré cette source.

EDF n'a pas souhaité commenter ces informations.

"Les arbitrages de l'Etat, ou leurs absences, sur les grands dossiers commerciaux ou industriels (d'Areva) traduisent le parti pris de laisser faire le marché", a estimé la CGT dans un communiqué diffusé mercredi.

La CFDT a pour sa part réitéré son souhait qu'Areva reste sous contrôle majoritaire de l'Etat et fait savoir qu'elle était ouverte à l'entrée dans le capital du groupe d'un investisseur industriel de type MHI.

Le syndicat a cependant jugé que la candidature des fonds souverains avait un aspect "uniquement spéculatif" et s'oppose à la montée d'EDF dans Areva, qui risque notamment de contrarier les autres clients du fabricant de réacteurs.

Edité par Jean-Michel Bélot

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