Quotidien des Usines

Areva NC La Hague en proie à un syndrome France Telecom

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Areva NC La Hague en proie à un syndrome France Telecom

Social. Avec un nouveau suicide constaté le 15 février dernier, le nombre de décès de salariés de l’usine Areva NC de La Hague dans la Manche, filiale du français Areva, prend des allures de syndrome France Telecom, un groupe où de nombreux salariés s'étaient suicidés en série.

Il atteint le chiffre de six depuis le 1er janvier 2010, mais les trois derniers se sont déroulés début février. « C’est un sujet très délicat, veut bien commenter un délégué syndical sur ce site de 3 100 salariés, spécialisé dans le traitement du combustible nucléaire. Les motifs de ces gestes n’ont jamais une seule origine, mais ce dont nous sommes sûrs, c’est que les conditions de travail ici n’y sont pas étrangères. Les réorganisations récurrentes des structures de travail, la pression liée aux nouvelles méthodes de management, comme par exemple celle exercée pour la non-déclaration d’accidents du travail, l’individualisation et l’isolation des salariés créent un environnement propice à de tels gestes. Nous avions d’ailleurs alerté la direction et demandé une expertise au Comité hygiène-sécurité et conditions de travail, mais la direction l’a contestée en obtenant gain de cause devant le tribunal de grande instance de Cherbourg. Une décision dont nous avons fait appel devant le tribunal de Caen, car nous pensons qu’un cabinet indépendant doit être mandaté pour réaliser une expertise sur les conditions de travail dans l’établissement ». La cour d’appel caennaise devrait rendre son jugement mi-avril.

De son côté, la direction estime que « rien ne semble lié ces suicides à la vie professionnelle dans l’entreprise ». Elle met également en avant que ces suicides ont eu lieu au domicile des salariés et qu’elle a mis en place dès 2010 une cellule d’écoute composée des 12 infirmières, 5 médecins et du psychologue du site.

Cette cellule a pour mission, d’abord d’apporter un soutien aux collèges proches des défunts, ensuite d’être à l’écoute des salariés, les incitant à venir en parler. Enfin de sensibiliser les équipes de management à être particulièrement attentives aux salariés qui s’isoleraient ou montreraient des signes alarmants.

Quant à considérer ces suicides comme des accidents du travail, la direction précise qu’elle n’a reçu pour le moment aucune demande en ce sens des familles, seules personnes habilitées à le faire.


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