L'Usine Energie

Areva : les possibles successeurs de Luc Oursel, et leur feuille de route

, , ,

Publié le , mis à jour le 20/10/2014 À 19H54

Au moment où Luc Oursel annonce qu’il quitte ses fonctions à la tête d’Areva , le gouvernement impose à l’entreprise de se réorganiser pour  renouer avec la croissance et assurer une meilleure surveillance de ses autorités de tutelle.

Areva : les possibles successeurs de Luc Oursel, et leur feuille de route
Pierre Blayau (à gauche), actuel Président du conseil de surveillance, doit prendre la présidence d'Areva et Philippe Knoche, n°2 d'Oursel devrait en devenir le directeur général.

Ce lundi 20 octobre, Luc Oursel a annoncé qu’il quittait ses fonctions de Président du directoire d'Areva pour des raisons de santé. L’homme précise se tenir à la disposition du gouvernement pour assurer la meilleure transition possible. Cette annonce inattendue intervient alors que le géant du nucléaire français s’apprête à connaître de profonds changements. Le groupe doit passer, à la demande du gouvernement, d’un mode de gouvernance avec conseil de surveillance et directoire et à un mode de société avec conseil d’administration. Pierre Blayau, actuel Président du conseil de surveillance, doit en prendre la présidence. Quant au rôle de directeur général, il devait revenir soit à Luc Oursel, soit à son numéro deux Philippe Knoche. C’est donc, a priori, ce second qui enfilera le costume. "Knoche est très légitime, il est très opérationnel et apprécié des équipes…", assure un ancien d’Areva. "Il est loyal, honnête et dit ce qu’il a dire", ajoute un proche de la direction.

Meilleur contrôle du gouvernement

Pour la nouvelle direction, la feuille de route est délicate. Malgré le plan d’économies et de cessions d’actifs en cours, le groupe enregistre des résultats négatifs depuis trois ans. Areva tarde à solder son héritage, en particulier le chantier de l’EPR finlandais qui affiche neuf ans de retard et qui l’a d’ores et déjà obligé à passer 4 milliards d’euros en provisions. Afin de ne pas rencontrer les mêmes problèmes à l’avenir, le gouvernement juge qu’il exercera un meilleur contrôle sur les opérations et les investissements grâce au changement de gouvernance en cours.

Se positionner sur les renouvelables

D’un point de vue industriel, le nouveau patron devra préserver le modèle intégré d’Areva. "Nous ne voulons pas être trop subordonnés à EDF, même si les intérêts des deux groupes sont communs. Il faut sortir de la politique client-fournisseur", prévenait Jean-Pierre Bachmann, coordinateur CFDT, quelques jours avant l’annonce du départ de Luc Oursel. L’autre tâche sera de se positionner sur les nouvelles activités du groupe. "Il y a un désengagement d’Areva dans les renouvelables. Ce n’est pas bon. Areva doit diversifier son offre", ajoute le syndicaliste. Le groupe a cessé son activité solaire thermique et s’engage dans un partenariat avec l’espagnol Gamesa pour l’éolien offshore, partenariat jugé déséquilibré. Ce recentrage sur le nucléaire est une demande du gouvernement. "Une incohérence en pleine loi de transition énergétique", déplore-t-on en interne.

Ludovic Dupin

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte