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Areva et le Rafale au cœur des discussions entre la France et le Koweït

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Lors de la visite à Paris du premier ministre koweïtien, un accord de coopération dans le nucléaire a été signé. Nicolas Sarkozy en a profité pour vanter les qualités de l’avion de combat conçu par Dassault.

Areva et le Rafale au cœur des discussions entre la France et le Koweït

Immensément riche par ses hydrocarbures (troisième réserve mondiale de pétrole), peuplé de 2,4 millions d’habitants, l’Emirat du Koweit est devenu un interlocuteur privilégié de la France, comme en témoigne la rencontre qui s’est déroulée à l’Elysée, le vendredi 16 octobre. Un an après s’être rendu dans ce pays, le président Nicolas Sarkozy a reçu le Premier ministre du Koweit Cheikh Nasser Mohammed Al Ahmed Al-Sabah et lui a redit «l’amitié indéfectible» unissant les deux peuples.

Cette amitié est le bel écrin dans lequel scintillent de belles perspectives de «business», tant pour le nucléaire que pour la Défense. Vendredi, deux mots semblaient planer sur ces conversations au plus haut niveau: Areva et Rafale. Nicolas Sarkozy a décrit à son interlocuteur les qualités du réacteur EPR proposé par Areva et il lui a fait part des «qualités opérationnelles» de l’avion de combat conçu par Dassault.

Une trentaine de chasseurs

Sur ces deux terrains, le nucléaire et la défense, la France joue gros avec le Koweït! Les autorités de l’Emirat ont lancé une procédure pour la modernisation de leur force aérienne de défense et elles se montrent désireuses d’intégrer une trentaine de Rafale dans leur Armada. Or, ce biréacteur polyvalent n’a jamais été vendu à un Etat étranger, les négociations en la matière avec le Brésil étant soumises à certaines incertitudes. La France souhaite également aider l’émirat à se doter d’installations nucléaires à des fins civiles, car le Koweït a besoin de satisfaire ses besoins en électricité et il doit alimenter ses usines de dessalement d’eau de mer.
Afin de mettre toutes ses chances de côtés, encore fallait-il que Paris signe avec l’émirat un accord-cadre de coopération bilatérale pour le développement de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire: cela s’est fait ce même vendredi, à Matignon, en présence du Premier ministre François Fillon. Le gouvernement français ne tient pas à prendre une nouvelle volée de bois vert en matière nucléaire: en décembre 2009, Paris s’était fait souffler par les Sud-coréens un contrat d’une quinzaine de milliards d’euros portant sur la fourniture de quatre réacteurs aux Emirats arabes.

OUVERTURE PROCHAINE DU CAPITAL

Si l’on en croit le service de presse de l’Elysée, Nicolas Sarkozy et le Premier ministre koweitien n’ont pas évoqué une éventuelle prise de participation de l’émirat dans le capital d’Areva, le numéro un mondial du nucléaire. Pourtant, cette question hante les esprits depuis plusieurs mois, alors que l’heure de prendre une décision cruciale au sujet d’Areva va bientôt sonner. Pour financer plus de dix milliards d’euros d’investissements d’ici à 2012, le colosse nucléaire tricolore doit ouvrir 15 % de son capital. Et le Fonds souverain du Koweït figure parmi les candidats considérés comme les plus sérieux, le japonais Mitsubishi et le Fonds souverain du Qatar étant eux aussi sur les rangs.

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