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L'Usine Energie

Areva bientôt sans réacteurs nucléaires

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

La direction d’Areva a présenté, le 2 avril, aux syndicats un projet de vente des activités réacteurs à EDF. Les partenaires sociaux s’opposent à ce "démantèlement du groupe".

Areva bientôt sans réacteurs nucléaires © D.R.

Comme l’évoquait L’Usine Nouvelle fin février, le gouvernement a opté pour une scission du groupe Areva afin de faire face aux lourdes difficultés financières de la société depuis 2011. La direction d’Areva a présenté le 2 avril aux partenaires sociaux un scénario où Areva NP serait cédé à EDF. Cette branche de 20 000 salariés conçoit et participe à la construction des réacteurs nucléaires. Elle gère les usines de fabrication des gros composants (générateurs de vapeurs, cuves, pompes…). Elle assure aussi des opérations de maintenance plus ou moins importantes sur les deux tiers du parc nucléaire mondial de 350 réacteurs, dont les 58 unités françaises.

Retour de Framatome

EDF, déjà architecte-ensemblier de réacteurs, deviendrait en plus l’ingénieriste de ces unités. C’est comme si l’ex-Framatome, à l’origine de la création d’Areva après la fusion avec Cogema, avait été intégrée à l’électricien national. Cette proposition ne satisfait pas les syndicats, qui y voient avant tout le démantèlement d’Areva. "En outre, le projet ne répond pas au besoin de financement d’Areva. Il laisse le poids de la dette considérable ainsi que la responsabilité des grands contrats sans maîtrise future de ses coûts sur un périmètre réduit", explique la CFDT dans un communiqué.

Les partenaires sociaux gardent en tête les précédentes ventes d’activité d’Areva, qui avaient fait disparaître de considérables revenus récurrents. En particulier, en 2009, la cession de l’activité T&D (transmission et distribution) à Schneider Electric et Alstom avait balayé 30 % du chiffre d’affaires d’Areva ! Aussi, "la CFDT AREVA demande à l’Etat de surseoir à sa décision de vendre Areva NP à EDF et d’étudier d’autres schémas d’organisation de la filière nucléaire française", ajoute le communiqué.

L’activité combustible prometteuse

Ce qui resterait d’Areva dans l’optique du gouvernement n’en serait pas moins un gros morceau. Il s’agit de l’ancienne Cogema, c’est-à-dire l’ensemble du cycle du combustible, depuis la mine jusqu’au retraitement en passant par les usines d’enrichissement et de fabrication. Une activité qui n’est pas la plus à la peine selon les derniers résultats d’Areva. A en croire des observateurs, elle présente de vraies opportunités de croissance.

Ceci dit, la séparation n’est pas encore faite. EDF a certes l’opportunité de prendre la main sur une très large partie des activités de la filière nucléaire française. Mais il lui faudrait mettre deux à trois milliards d’euros pour acquérir Areva NP, alors que l’électricien lance son grand carénage. Un programme d’investissement estimé à 55 milliards d’euros d’ici à 2025 pour prolonger la durée de vie de ses réacteurs de 40 à 50 ans. Jean-Bernard Lévy, le nouveau PDG d’EDF, s’est fixé pour objectif de désendetter les comptes de la société.

Ludovic Dupin

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