Areva attend impatiemment les étrennes du gouvernement

Au cours du mois de janvier, Areva devrait connaître le prix de vente de sa filiale Areva NP à EDF, et la hauteur de sa recapitalisation par l’Etat. Ces annonces sont urgentes car Areva, après une nouvelle alerte sur résultats, vient de voir sa note de crédit dégradée.

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Pour cette rentrée 2016, l’un des plus difficiles dossiers industriels de Bercy est celui d’Areva. Début décembre, lors d’une commission parlementaire, le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a affirmé que le montant de la recapitalisation du groupe nucléaire serait connu début janvier 2016.

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Areva a un besoin de 7 milliards d’euros pour réduire sa dette et retrouver une capacité à se financer sur les marchés. La vente à EDF de sa filiale Areva NP, en charge de la construction de réacteurs, lui rapportera environ 2 milliards d’euros – EDF doit révéler sous peu son offre définitive. Le reste doit provenir de l’entrée au capital de partenaires chinois comme CNNC et de l’augmentation de capital de l’Etat.

Depuis l’annonce du ministre de l’Economie, l’équation financière que doit résoudre Bercy s’est compliquée. D’une part, l’Etat a annoncé la nationalisation de la filiale Areva TA en charge de la fabrication et de la maintenance des chaudières nucléaires des sous-marins français et du porte-avions Charles-de-Gaulle. Le ministère de la Défense a souhaité la sanctuariser pour que la dissuasion française ne soit pas mise en danger par les difficultés d’Areva.

La valeur d’Areva TA

Areva perd une filiale qui compte pour "seulement" 350 millions d’euros de ses 8,3 milliards chiffre d’affaires en 2014 mais dont l'activité a l'avantage d'être prévisible. L’agence des participations de l’Etat (APE) doit donc correctement valoriser cette filiale, ce qui est loin d’être évident. "Entre 0 et 500 millions d’euros", se limite à dire aujourd’hui le ministère de la Défense. Le problème est qu’Areva TA se heurte à des difficultés de construction d’un réacteur Jules Horowitz (RJH) pour le CEA. On ne connaît pas encore l’impact économique des retards.

D’autre part, depuis les déclarations d’Emmanuel Macron, Areva a alerté sur ses résultats 2015. Dans un communiqué, le groupe assure que "le résultat net sera en forte perte, impacté par la provision pour les restructurations annoncée le 30 juillet, et par un complément de provisions pour pertes à terminaison dans les activités Réacteurs & Services ainsi que sur des contrats éoliens et solaires".

Avancer sur l’EPR Finlandais

Dans la foulée, Standard & Poor’s a annoncé une baisse de la notation du groupe de BB- à B+. "Nous pouvons relever ou abaisser la notation d'Areva en fonction des détails du plan de financement soutenu par l'Etat et des résultats 2015 qui seront annoncés en janvier ou février 2016", indique l’agence dans un communiqué.

Outre cette incertitude, S&P pointe trois autres risques : la position de l’Europe sur l’augmentation de capital, les tests en cours sur la malfaçon de la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche) et la complexité du chantier de l’EPR finlandais.

Sur ce dernier point, un voyage imminent d’Emmanuel Macron est attendu en Finlande "pour discuter avec le gouvernement finlandais (et) trouver un accord et que les choses avancent le mieux possible" assure-t-il.

En novembre, le ministre a affirmé que ce voyage se déroulerait fin 2015 ou début 2016. Pour mémoire, le réacteur finlandais a neuf ans de retard, sa facture a presque triplé et Areva a dû provisionner plusieurs milliards pour ce chantier.

Ludovic Dupin

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