Areva arrête ses convois d'uranium appauvri vers la Russie

Areva va cesser d'envoyer de l'uranium appauvri vers la Russie à partir de juillet pour l'entreposer dans ses installations de Bessines. L'information a été révélée vendredi par Greenpeace, puis confirmée par le groupe.

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Areva arrête ses convois d'uranium appauvri vers la Russie

Après la Sibérie, la Haute-Vienne. Jusqu'à présent, le groupe nucléaire envoyait chaque année plusieurs tonnes d'uranium appauvri vers la Russie, afin de le faire enrichir à nouveau dans les usines de Tenex, filiale de Rosatom (l’agence russe de l’énergie atomique). Le contrat du groupe français avec son partenaire russe courait jusqu'en 2014, avec une renégociation possible pour la période 2011-2014. « Nous nous sommes mis d'accord sur une fin de contrat en 2010 à cause d'un désaccord sur les conditions commerciales », a déclaré une porte-parole d'Areva à plusieurs médias.

Areva n'a donc plus de contrat de réenrichissement avec des sociétés étrangères. Celui avec la société Urenco, qui exploite des usines aux Pays-Bas, en Allemagne et en Grande-Bretagne, a pris fin en 2009. Ses propres centrifugeuses de l'usine Georges Besse 2 pourront bientôt prendre le relais de l'enrichissement jusqu'à présent sous-traité.

L’uranium appauvri, résidu d’une première phase d’enrichissement, avait vocation (une fois ré-enrichi) à être rapatrié en France , où il devait servir à alimenter les centrales nucléaires françaises, selon Areva. Mais les matières rapatriées l'étaient en très petites quantités : seuls les quatre réacteurs de la centrale de Cruas peuvent utiliser cet uranium qui nécessite un aménagement spécial. C'est peu, sachant que le parc nucléaire français compte 58 réacteurs.

32.000 tonnes exportées pour 3.090 en retour

D’après Greenpeace, compte tenu de ce faible taux de retour en France, la matière fissile était tout simplement abandonnée en Russie. Pour étayer ses accusations, l’ONG cite un rapport diffusé par le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) selon lequel entre 2006 et 2009, 32.200 tonnes d'uranium ont été exportées vers la Russie (dont 23.540 tonnes d'uranium appauvri) alors que seulement 3.090 tonnes ont été réexpédiées en France, dont à peine 310 vers l'usine de fabrication de combustibles nucléaires de Romans-sur-Isère (Drôme). Le HCTISN a été chargé en octobre 2009 d'enquêter sur « les échanges internationaux liés au retraitement de l'uranium » et doit rendre son avis pour juillet.

Pour Areva,l’uranium appauvri n’est pas un déchet, mais une matière première en devenir. Désormais, les matières seront stockées dans les installations de Bessines-sur-Gartempe, en attendant une remontée des cours du minerai. Areva a en effet expliqué que les « cours de l’uranium sont très bas, donc il est plus intéressant d’enrichir de l’uranium naturel que de l’uranium appauvri ».
L’entreprise compte aussi sur les réacteurs de quatrième génération, censés fonctionner à l’uranium appauvri, pour écouler les stocks. Reste que la quatrième génération est prévue pour... 2040.

En vidéo :
Suite au scandale provoqué par l'enquête « Déchets, le cauchemar du nucléaire » diffusée en octobre 2009 sur la chaîne de télévision Arte,une audition des principaux acteurs de la filière nucléaire s'est déroulée le 5 novembre auprès de l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Recherches et expertises sur les risques liés à la radioactivité
Jérôme Joly, directeur de l’expertise nucléaire de défense

Recyclage de l'uranium: le cycle du combustible
Christian Barandas, directeur de business unit chimie Areva

Retraitement et approvisionnement de l'uranium
Sylvain Granger, directeur de la division combustible chez EDF

Règles d'échange de matières radioactives au niveau international

Claude Birraux, président de l’OPECST

Contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France
André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de sûreté nucéaire

Questions et réponses


Lire aussi :
L’Uranium de retraitement soumis à la question parlementaire, le 05 novembre 2009
Uranium de retraitement : Greenpeace bloque les convois
Stockage russe des déchets nucléaires d'EDF : Chantal Jouanno veut une enquête
Nucléaire : 1000 réacteurs en 2040


ANA LUTZKY

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