L'Usine Energie

"Areva a fourni de la prospérité et des dividendes à la France", rappelle son coordinateur CFDT

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Entretien Jean-Pierre Bachmann est coordinateur CFDT chez Areva. S’il reconnait les difficultés de son groupe, il rappelle que le fleuron nucléaire a connu dix ans de bénéfices et a participé à la prospérité de la France.

Areva a fourni de la prospérité et des dividendes à la France, rappelle son coordinateur CFDT © Areva

 

L'Usine Nouvelle - Areva vient de suspendre ses prévisions financières pour 2015 et 2016. L'aviez-vous vu venir ?

Jean-Pierre Bachmann - Au regard des résultats du premier semestre, nous n’avions pas perçu de nouveaux éléments qui auraient pu améliorer les tendances passées. Au contraire, des difficultés sont survenues dans des activités où nous n’avions pas de problèmes. C’est un effet différé de Fukushima et de la crise. Nous avions des contrats long terme qui arrivent à échéance. Ils sont renégociés dans des conditions moins favorables. Et nous avons des problèmes sur la fourniture d’équipements en France car le grand carénage (NDLR : plan de prolongation de la durée de vie des réacteurs) est repoussé, notamment sur la centrale du Blayais.

La presse évoque une injection de deux milliards d’euros dans Areva et la création d’une société de défaisance pour éliminer les actifs dits "pourris". Avez-vous été alerté sur ces sujets ?

Non, on l’apprend et on ne comprend pas. Philippe Varin n’est pas encore entré au Conseil d’Administration et il y aurait déjà un plan stratégique ? Si c’est le cas, il doit être présenté lors de notre comité de groupe début décembre. Et parler d’actifs pourris, c’est fort ! Est-ce qu’une activité qui a fait des bénéfices pendant dix ans et connait des difficultés depuis six mois est un actif  pourri ? C’est quoi un actif pourri ? L’Etat nous a demandé d’aller dans le sens de la transition énergétique et de nous diversifier. Mais les activités dans les renouvelables ne sont pas mûres et nous avons du mal à en tirer des bénéfices. C’est ça un actif pourri ? Pour nous, l’activité éolienne est prometteuse et nous y décrochons des projets.

Comment accueillez-vous l’arrivée de Philippe Varin à la tête du groupe ?

Pierre Blayau était connu pour les restructurations. Philippe Varin aussi. Nous savons que nous allons passer par une étape difficile. Redresser une entreprise qui va mal est normal, mais il ne faut pas oublier qu’Areva a fourni de la prospérité et des dividendes à la France. Philippe Varin n’est pas du nucléaire mais il doit aussi nous juger sur notre savoir-faire et notre histoire. Nous savons qu’il aime la Chine. Nous voulons bien travailler avec la Chine, mais on ne veut pas y transférer tout notre savoir-faire. Nous n’avons rien contre la croissance de la Chine mais nous ne voulons pas en être exclus.

Quelles sont vos propositions pour qu’Areva renoue avec la croissance ?

A la CFDT, nous nous interrogeons sur la façon dont des négociations ont été faite avec EDF. Est-ce normal qu’un contrat échu passe d’une situation bénéficiaire à une perte après sa renégociation comme c’est le cas dans le retraitement ? On dit que les relations entre Areva et EDF se sont apaisées mais c’est normal si nous avons cédé sur tout. Peut-être aurions-nous dû nous battre plus.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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