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L'Usine de l'Energie

"Areva a des problèmes stratégiques, diminuer l’emploi est une solution de facilité ", selon la CFDT

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Entretien Jean-Pierre Bachmann est coordinateur CFDT chez Areva. Il considère que la direction et l’Etat actionnaire ont choisi la facilité en tapant sur l’emploi plutôt que de donner une vraie vision industrielle au groupe.

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En partenariat avec Industrie Explorer

L'Usine Nouvelle : Est-ce qu’Areva va réellement supprimer 3000 à 4000 emplois en France ?

Jean-Pierre Bachmann : La direction nous présente ces suppressions d’emplois comme un préalable à la question de l’investissement dans le groupe. On nous dit qu’il y a des actions capitalistiques à mener, mais qu’il faut d’abord taper sur les coûts salariaux. Areva a avant tout des problèmes stratégiques, diminuer l’emploi est une solution de facilité. Il y a des investissements à réaliser, mais l’Etat est contraint au niveau budgétaire. Nous devons donc nous autofinancer et voilà où cela mène.

Quelles alternatives proposez-vous pour éviter la suppression d’emplois ?

Nous ne sommes pas contre revoir l’organisation matricielle du groupe. Entre les filiales, les branches, la holding, il y a beaucoup de couches chez Areva. Une réflexion est à mener sur ce sujet. Mais comment peut-on engager une restructuration avec, à l’avenir, un périmètre modifié, si la logique est de vendre tout ou partie d’Areva ?

Justement, quelle visibilité avez-vous sur le rapprochement d’Areva et EDF ?

Il y a plusieurs solutions envisagées, en particulier la cession totale ou partielle d’Areva NP, qui pose beaucoup de problèmes commerciaux. Nous fournissons beaucoup de concurrents d’EDF. Accepteront-ils d’avoir EDF comme sous-traitant ? Et si nous ne transférons que l’activité réacteurs à EDF, cela ne règle pas le problème. Si Areva n’a plus l’ingénierie des réacteurs, le licensing et les codes neutroniques (Ndlr : la dynamique des flux de neutrons propres à chaque réacteur), nous ne serons plus à la pointe pour la fabrication et la fourniture de combustibles d’ici à quelques années. Une cession à EDF pose autant de problèmes qu’elle en résout.

Comment accueillez-vous une entrée d’électriciens chinois au capital d’Areva ?

Le risque de transfert de technologie nous fait peur. Quelle serait la motivation des Chinois, si ce n’est la captation de brevets, de compétences et de savoir-faire ? Ce dont le groupe a besoin, c’est de perspectives industrielles. Or, nous travaillons déjà avec eux à travers des joint-ventures. De plus, que va-t-il se passer au sujet du réacteur Atmea ? Nous sommes en partenariat avec les Japonais pour construire quatre réacteurs en Turquie. Il est peu probable que MHI accepte de se faire déposséder de son réacteur de 1000 MW  par des concurrents.

Etes-vous favorable à l’inspection de l’usine de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) après la découverte d’une malfaçon sur la cuve de l’EPR de Flamanville ?

C’est normal de démontrer que nous répondons à des normes de qualité. Mais là, il y a une anomalie. Le cahier des charges de cette pièce a changé. La norme ESPN (Ndlr : Equipement Sous Pression Nucléaire) a été renforcée suite à l’accident de Fukushima, mais la cuve était déjà fondue et montée. C’est la norme qui a créé l’interrogation sur le défaut.

Est-ce que vous jugez qu’Areva se met assez vite en mouvement après l’annonce des pertes le 3 mars dernier ?

Pendant longtemps, nous étions dans la "drôle de guerre" et désormais, nous avons le sentiment d’être passé à une "Blitzkrieg". D’une part, on nous presse d’agir, et d’autre part, l’Etat tarde à donner une vision stratégique pour le groupe. Pourtant, le gouvernement est élu depuis trois ans et n’ignore pas ce qu'il se passe. Il aurait pu agir depuis longtemps. Par exemple, cela fait deux ans que les négociations ATR (accord de traitement et de recyclage) avec EDF se passent mal. L’Etat aurait dû depuis longtemps donner des consignes aux deux groupes.

Le 22 mai, vous allez être reçu par le ministre de l’Economie Emmanuel Macron. Quel message allez-vous porter ?

Nous allons lui dire qu’il est grand temps de trancher et de donner une vraie vision d’avenir à Areva. Nous voulons savoir à quoi servent les efforts des salariés. Nous voulons savoir si l’Etat veut nous sauver ou nous démanteler.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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