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L'Usine Energie

Areva a déboursé 1,62 milliard d’euros pour Areva NP

Publié le

Le champion français de l’atome a racheté ainsi les 34% de parts détenues par Siemens dans Areva NP. Ancienne Framatome ANP, cette filiale est spécialisée dans la construction de chaudières nucléaires.

Areva a déboursé 1,62 milliard d’euros pour Areva NP © CC Max Boschini

Confirmant des informations de la presse allemande, une porte-parole d’Areva a précisé que cette opération avait eu lieu le 18 mars. Le prix de rachat de la part de Siemens dans Areva NP correspond à la valeur déterminée par un expert indépendant, annoncée le 15 mars.

En mars 2009, Areva s’était trouvé lâché dans la construction de réacteurs par l'industriel germanique au profit du russe Rosatom. L'Elysée s'en mord peut-être encore les doigts. Cela faisait des mois que Siemens voulait monter au capital d'Areva NP où il détenait 34% des parts. Faute de grives, il a décidé de manger des merles : l'allemand a fini par se jeter dans les bras du russe Rosatom, jusque-là isolé dans le domaine de l'atome civil.

Areva NP en 3 chiffres
- 3 milliards d'euros
- 18.000 employés
- dont plus de 5.000 en Allemagne.
Les réticences françaises l’ont en effet poussé fin janvier 2009 à exercer son option de vente sur sa participation dans Areva NP. Un revirement que Siemens a opéré par lassitude, excédé d'avoir mariné... du fait d'un veto du président de la République française. Selon Le Monde du 5 février 2009, le gouvernement français aurait sciemment laissé Siemens piétiner dans un partenariat où l'industriel allemand ne se jugeait pas assez entendu.

Le rachat des parts de Siemens dans la filiale Areva NP plombe les finances d’Areva : dans ses comptes 2010, Areva évaluait à 2,049 milliards sa dette vis-à-vis de Siemens du fait de cette participation.

L’offensive d’Areva


Un accord de principe sur la création d'une coentreprise a été conclu entre Siemens et Rosatom en mars 2009. Mécontent, Areva a alors estimé qu’en allant voir Rosatom, Siemens ne respectait pas une clause de non concurrence, pourtant inclue dans le "deal de sortie" d’Areva NP. Le pacte d'actionnaires stipule que Siemens ne peut s'allier à un autre acteur du nucléaire pendant une durée de huit ans. Une procédure d'arbitrage est dès lors en cours pour déterminer si Siemens a rompu le pacte d'actionnaires qu'il avait conclu avec Areva.

Si l'arbitrage rendu est favorable à Areva, Siemens pourrait payer une pénalité correspondant à un pourcentage du prix retenu pour le rachat de sa part dans Areva NP.

La procédure judiciaire (devant un tribunal arbitral à Paris) va déboucher sur une décision qui dira si ce prix de 1,62 milliard est confirmé ou s'il est revu en hausse ou en baisse, jusqu'à 40%. Soit une fourchette entre 972 millions d'euros et 2,27 milliards d'euros.

La contre-offensive de Siemens

Siemens a de son côté demandé en juin 2010 à la Commission européenne de rejeter une clause de non-concurrence d'une durée de huit ans. Au motif que cette échéance serait beaucoup trop longue pour une simple question de non-concurrence. Obtenir gain de cause lui permettrait de proposer sa propre technologie dans le domaine du nucléaire.

Reste que les vélléités russes de Siemens se font moins pressantes. Après l'accident à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, le groupe industriel réfléchirait à renoncer à son projet avec Rosatom, selon la presse allemande. Et ferait valoir son potentiel dans les énergies renouvelables.





 

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