ARD poursuit son rôle d'incubateur

Avec la vente de Soliance, Agro-industrie Recherches et Développements (ARD) affirme sa stratégie d'acteur de développement de procédés et de mise à l'échelle industrielle. Retour sur les projets en cours avec Yvon Le Hénaff, directeur général d'ARD.

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ARD poursuit son rôle d'incubateur
Yvon Le Hénaff, directeur général d’ARD.

Chimie Pharma Hebdo : L'actualité majeure d'Agro-industrie Recherches et Développements (ARD) de ces derniers mois est la cession de Soliance. Pourquoi se séparer de cette activité de cosmétique végétale ?

Yvon Le Hénaff : ARD, en tant qu'actionnaire, a amené Soliance jusqu'à la phase de développement en en faisant un acteur important sur le marché des actifs végétaux pour l'industrie cosmétique. Néanmoins, pour asseoir sa position sur ce marché, Soliance avait besoin de croissance. Dans cette optique, nous avons décidé d'adosser Soliance au groupe Givaudan qui a la volonté de développer l'activité sur ce segment de marché. Ils possèdent la capacité d'investissement et une présence commerciale mondiale.

Dans le cadre de cette opération, vous construisez un centre de recherche pour ARD. Pouvez-vous nous détailler ce projet ?

Y.L.H. : La première conséquence de la cession de Soliance est matérielle. En effet, ARD et Soliance occupent le même bâtiment à Pomacle. La vente de Soliance comprend également ces locaux d'environ 5 000 m2. Pour ARD, nous construisons donc un nouveau bâtiment dans lequel nous aménagerons d'ici à la fin décembre. Ce centre de recherche est construit en mitoyenneté avec le démonstrateur Biodémo. Il sera composé de 2 600 m2 de bureaux et laboratoires et de 1 500 m2 de halle technologique. Il s'agit d'un investissement de l'ordre de 7,5 millions d'euros.


Outre cet investissement dans le bâti, ARD disposera-t-il de fonds supplémentaires de la cession de Soliance qui affichait un chiffre d'affaires de 21 M€ pour l'exercice 2012-2013 ?

Y.L.H. : Cette opération permet à ARD de disposer d'une certaine trésorerie pour se déployer. Outre le nouveau bâtiment, le solde doit permettre de se développer à deux niveaux. D'abord au niveau de la R&D où ARD est un centre de référence reconnu pour le développement de procédé et la mise à l'échelle industrielle pour les biotechnologies industrielles et la chimie verte. Le deuxième axe est de donner à ARD la possibilité de développer Wheatoleo pour la mise sur le marché de tensioactifs d'origine végétale.

Comme Soliance, envisagez-vous également de céder Wheatoleo quand cette filiale arrivera à l'échelle commerciale ?

Y.L.H. : Le modèle d'affaires d'ARD, en dehors de fournisseur de prestations, repose sur un rôle d'incubateur de projets pour lui-même et pour d'autres. Wheatoleo est un projet en phase d'incubation et il est bien trop tôt aujourd'hui pour connaître le devenir de ce projet.


Quelles sont aujourd'hui les orientations de R&D pour votre activité en propre ?

Y.L.H. : Nous comptons 90 collaborateurs. Nous travaillons sur la mise au point de procédés pour les productions de molécules à valeur ajoutée en chimie de spécialité voire chimie fine. Nous sommes relativement convaincus que le développement des biotechnologies industrielles et/ou de la chimie verte passera par des molécules différenciantes. Nous constatons ainsi que les projets qui marchent portent sur le PLA (acide polylactique), le PBS (polybutylène succinate), l'acide succinique, etc. Des molécules qui ont des valeurs d'usage supérieures à un polyéthylène.


Vous proposez également des installations pour le développement de procédés industriels. Quelles sont les sociétés qui font appel à ARD aujourd'hui ?

Y.L.H. : Par le passé, ARD a développé et mis à l'échelle industrielle le procédé de production d'acide succinique pour BioAmber. Nous avons également travaillé pour la société Amyris pour la mise à l'échelle de la production d'un ingrédient. À l'heure actuelle, nous avons mis en route un fermenteur pilote pour la production d'isobutène pour Global Bioenergies. Nous les accompagnons dans la phase de développement de procédé et de mise à l'échelle industrielle. Nous avons également des discussions avec des groupes industriels et des start-up d'origines européenne et française pour d'autres molécules.


Vous accueilliez également le projet Futurol. Quelles en sont les avancées ?

Y.L.H. : L'unité pilote du projet Futurol est construite sur le site de l'Institut européen de la bioraffinerie à Pomacle Bazancourt. ARD est partenaire de ce projet qu'il considère comme stratégique. Il permet deux choses. D'abord à travers sa vocation finale de mettre au point un procédé de biocarburants à partir de biomasse ligno-cellulosique. Il est en effet important de déboucher sur ce procédé. Le deuxième aspect stratégique est qu'il permet de mettre au point un procédé de fractionnement de ces ressources. Il pourra donner lieu à la mise au point de substrats de deuxième génération pour la biotechnologie et/ou la chimie.


ARD fait partie du groupe Vivescia, via la filiale industrielle Siclae. Que vous apporte cette appartenance ?

Y.L.H. : Au niveau du groupe Vivescia, et plus spécifiquement Siclae, nous travaillons sur plusieurs thématiques. Nous développons des ingrédients alimentaires basés sur les savoir-faire qu'ARD a pu développer sur l'extraction et la purification de produits à partir de plantes ou la biotechnologie. Cela intéresse les acteurs dans le domaine du malt et de la viennoiserie. Nous travaillons aussi avec l'union des coopératives Céréales recherche et développement (CRD), dont Vivescia est adhérent. Le projet (en cours de montage avec des partenaires industriels et académiques) vise à mettre au point des bio-intrants pour les plantes de grandes cultures. Le but de ce projet stratégique est d'apporter des solutions aux objectifs des agriculteurs de produire plus et mieux en terme environnemental. Nous mettons en oeuvre notre savoir-faire sur trois points. En biotechnologie, nous travaillons sur l'équilibre biologique des sols, nous pouvons ainsi isoler les souches d'intérêt, que nous savons par la suite produire en fermenteurs. En extraction/purification, nous identifions et extrayons des plantes des molécules d'intérêt pour la protection des cultures. Enfin notre savoir-faire en physico-chimie nous permet de mettre au point des adjuvants obtenus à partir de tensioactifs d'origine végétale de Wheatoleo. De plus, nous disposons de chambre phytotronique pour faire des tests de culture accélérée avant les essais en parcelle. Il y a pour les années à venir des enjeux majeurs autour de la production agricole et de la production de biomasse au sens large.

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