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Architecte du numérique

Aurélie Barbaux

Publié le

Multimédia Henri Verdier quitte ses fonctions de président du pôle de compétitivité Cap Digital et de son entreprise MFG Labs pour prendre la direction d'Etalab, service chargé d'ouvrir les données publiques.

Il y a ceux qui vivent la révolution numérique en cours, et ceux qui l'observent, la théorisent. Henri Verdier fait les deux. « Il a la très grande qualité d'allier le chef d'entreprise à l'intellectuel, la réflexion à la pratique », commente Guy Mamou-Mani, le président du Syntec Numérique. C'est sûrement pour cette double compétence que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault l'a nommé à la direction d'Etalab, le service de l'État chargé de l'ouverture des données publiques, l'open data. Une mission qui lui va comme un gant. « Etalab est une start-up dans l'État. Mais dans l'open data, il y a aussi une forte dimension théorique », explique Henri Verdier. Tout pour plaire, donc, à celui qui n'a jamais vraiment voulu choisir entre les statuts d'entrepreneur, d'intellectuel et de politicien. Pourtant, tout prédestinait ce fils, petit-fils et neveu d'enseignants, au service public. « La question de l'intérêt général me passionne, reconnaît-il. Mes études normaliennes me préparaient d'ailleurs à la carrière publique. »

 
Il a théorisé tout ce que
nous portons de façon pratique
et quotidienne aux travers
de ses écrits et de ses tribunes.

 

Guy Mamou-Mani, coprésident du GroupeOpenet président du Syntec Numérique

 

 Depuis six ans, en tant que président du pôle de compétitivité Cap Digital, il travaille sur les politiques publiques d'innovation. Même les logiciels pédagogiques qu'il a conçus chez Odile Jacob Multimédia, c'était pour l'éducation nationale ! Seulement voilà, après plusieurs années à L'École normale supérieure, il a « l'intuition qu'avec une trop grande facilité pour les concepts, on pouvait se perdre. J'ai eu envie d'aller me confronter à des sujets réels. » Il prend alors deux années de congé sans traitement et, plutôt qu'une grande banque, préfère rejoindre une start-up innovante opérant dans le recyclage et les écobilans.

 

Valoriser l'open data

Ce n'est pourtant pas l'environnement qui va le captiver, mais le numérique. Chez Odile Jacob, en 2000, il participe à la création de l'une des premières web agency parisiennes. « Je me suis dit que c'était l'aventure de ma génération. » Il ne croyait pas si bien dire. Après un passage chez Lagardère Active, de 2007 à 2009, il rejoint l'Institut Télécom comme directeur de la prospective chargé de la création du think tank Futur numérique. Aujourd'hui, Henri Verdier est l'un des rares théoriciens français de cette révolution. En 2012, il coécrit avec Nicolas Colin, chercheur associé à l'institut Montaigne, « L'Âge de la multitude », qui explore le concept de plate-forme comme enjeu stratégique pour les entreprises afin de capter la puissance créatrice des utilisateurs. « Il a théorisé tout ce que nous portons de façon pratique et quotidienne », résume Guy Mamou-Mani. C'est un ouvrage de référence. Et presque une libération pour son auteur. Car pour faire face au réel, il a besoin d'expliquer, d'écrire, de bloguer. Une action positive pour l'écosystème. « Depuis vingt ans, Henri Verdier envoie de bonnes choses dans l'air, comme des boomerangs. Il est profondément altruiste », affirme Frédéric Potter, serial entrepreneur, fondateur de la jeune pousse Netatmo.


Si on veut mettre en mouvement 
l’État français, ce sera par les idées.

Henri Verdier, directeur d'Etalab

 

Mais pas question de n'être qu'un intellectuel. Henri Verdier reconnaît bien aimer également le rôle de chef de bande et le travail sur des missions. « Cela me manquait depuis la création de MFG Labs [sa start-up spécialisée dans les big data], en 2010. L'idée de retrouver des fonctions opérationnelles sur des sujets à fort impact me procure un plaisir infini. » Le mot est lâché. Penser, théoriser, manier des concepts, mais aussi « expériencer » le numérique, selon ses termes, est un plaisir pour Henri Verdier. Une jubilation. Une passion même, dont seule sa femme et ses deux petites filles arrivent à le détourner. Les sports nautiques, l'été et les voyages aussi. Un peu.

Reste la politique. L'homme se revendique d'une vision proche de celle élaborée au Berkman Center de Harvard. « En matière d'open data, cela signifie, par exemple, que la donnée est une ressource fondamentale pour la société et l'économie, et que la distribution de cette donnée, les plates-formes et les règles qui l'organisent, sont désormais des infrastructures critiques pour un pays. » À peine sur le pont d'Etalab, que déjà il théorise. Mais il assume. « Si on veut mettre en mouvement l'État français, ce sera par les idées. » Il occupe désormais un poste qui lui permettra de mettre ses théories à l'épreuve.

EN QUELQUES MOTS

  • Data

    Né en 1968 à Toulouse.Il a grandi près de Metz, qu'il quitte à 18 ans pour Paris.
  • Multimédia

    À Normale Sup,il étudie la biologie, la sociologie et la philosophie.
  • Open source

    Il cite ses sources : le concept de révolution numérique de Marc Giget, la théorie de l'open data de Simon Chignard.
  • Logiciel

    Pour lui, le numérique est avant tout une pratique qu'il faut théoriser, mais dont il faut aussi être.

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