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Quotidien des Usines

ArcelorMittal tient ses engagements à Florange, mais ne devrait pas rallumer ses hauts-fourneaux

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ArcelorMittal se prononcera à partir du 1er décembre 2018 sur la relance des deux hauts-fourneaux de Florange (Moselle) placés sous cocon depuis six ans. Le géant de l’acier a respecté - voire dépassé - ses engagements selon la commission Marzorati chargée du suivi de l’accord conclu en 2012 avec l’Etat.

ArcelorMittal tient ses engagements à Florange, mais ne devrait pas rallumer ses hauts-fourneaux
Les deux hauts-fourneaux du site ArcelorMittal de Florange (Moselle), placés sous cocon depuis six ans, ne seront vraisemblablement jamais rallumés.
© El Korchi - Flickr - c.c.

La politique-fiction aurait voulu qu’ils se réveillent dans un monde meilleur après de longues années de coma artificiel. Les deux hauts-fourneaux du site ArcelorMittal de Florange (Moselle), placés sous cocon depuis six ans, ne seront vraisemblablement jamais rallumés. Le géant de l’acier doit se prononcer officiellement sur leur devenir à partir du 1er décembre. Le groupe s’y était engagé dans l’accord conclu le 30 novembre 2012 avec l’Etat français au lendemain de plusieurs mois de lutte sociale. Mais l’épilogue semble écrit d’avance.

Éric Niedziela, directeur-général d’ArcelorMittal Atlantique et Lorraine (Amal) a néanmoins présenté aux organisations syndicales différents scénarii le mardi 20 novembre en commission économique du Comité central d’entreprise. Pour Jean-Marc Vecrin, délégué syndical central CFDT, cette réunion n’a fait que confirmer son sentiment : le statu quo demeurait l’option la plus compétitive. "Relancer la filière liquide ou construire une aciérie électrique renchérirait le coût des brames d’acier transformés à Florange de 15 % minimum", livre le représentant syndical. Environ 2,5 millions de tonnes de brames sont importées chaque année de Dunkerque pour alimenter la filière "aval" lorraine.

L’eurodéputé PS Edouard Martin n’en démord pas pour autant. L’ex syndicaliste de Florange se dit prêt à engager des poursuites judiciaires pour non-respect des termes de l’accord de 2012 : "La relance des hauts-fourneaux devait être réétudiée à la lumière d’un éventuel retour du marché ou de l’émergence de nouvelles technologies. Or la production d’acier galvanisée en Europe est aujourd’hui déficitaire". Sa vision est en partie partagée par la CGT, troisième organisation syndicale du site, qui organise une marche pour l’acier vendredi 23 novembre.

270 millions d’euros injectés

Au-delà du dossier politiquement sensible des hauts-fourneaux, la commission Marzorati chargée par le gouvernement de suivre les engagements d’ArcelorMittal, juge que le géant de l’acier a tenu, voire dépassé, ses promesses : "270 millions d’euros d’investissement ont été programmés à ce jour à Florange sur les 180 millions d'euros initialement prévus sur cinq ans", livre l’ancien sous-préfet François Marzorati, président du comité de suivi. Ces investissements ont permis de conforter la cokerie qui alimente Dunkerque, ainsi que la filière aval pour alimenter l’automobile (58 % de la production), la filière de l’emballage (21 %) et diverses industries (21 %).

ArcelorMittal a notamment mobilisé 67 millions d’euros pour transformer une ligne d’électrozingage en ligne de galvanisation en vue de produire des aciers à haute résistance pour l’automobile. "L’investissement dans cette nouvelle ligne dont la mise en service est programmée à partir du quatrième trimestre 2019, ne figurait pas dans l’accord initial avec l’État", rappelle Anita Bonnard, la directrice du site ArcelorMittal de Florange. Sur le plan technologique, les recherches se poursuivent à travers le projet LIS (Low impact steelmaking) pour diminuer l’impact carbone de la production d’acier.

Au niveau social, aucun licenciement n’a été prononcé conformément aux engagements du groupe, rappelle François Marzorati. La moitié des 629 emplois supprimés avec l’arrêt des hauts-fourneaux ont été reclassés à Florange, 256 personnes ont fait valoir leur droit à la retraite et 40 personnes ont été reclassées sur d’autres sites. "Depuis que nous avons commencé à réembaucher il y a quatre ans, nous avons recruté 300 nouveaux salariés. Nous sommes toujours à la recherche de profils notamment dans la maintenance et en conduite de process", étaye Anita Bonnard.

Pas davantage de salariés à Florange

Pour autant, contrairement aux affirmations du président Emmanuel Macron lors de son dernier déplacement dans le Grand-Est, le nombre d’emplois sur le site n’a pas augmenté. Le chef de l’Etat avait déclaré le 5 novembre 2018 : "[…] à Florange, grâce aux efforts entrepris pour engager la reconversion vers les matériaux d'avenir, les nouvelles technologies ; il y a désormais davantage de salariés qu'avant les hauts fourneaux".

ArcelorMittal employait 2 800 personnes en 2012 avant l’arrêt de la filière liquide contre 2 300 personnes actuellement (CDI, CDD et intérimaires confondus). L’hypothèse ne semble pas fonctionner davantage en élargissant le périmètre. Le centre de recherche publique sur les matériaux MetaFensch, inauguré en octobre 2016 à Uckange (Moselle) – une compensation à l’arrêt des hauts-fourneaux – ne compte qu’une dizaine de personnes.

L’horizon de la filière liquide lorraine se résumerait désormais au démantèlement et à la dépollution. Son coût devrait avoisiner 210 millions d’euros pour les installations de Florange. La perspective d’une énième friche sidérurgique à gérer préoccupe le président de la communauté d’agglomération du Val de Fensch, Michel Liebgott (PS) : "La sidérurgie est un atout, mais nous laisse un héritage complexe à administrer. ArcelorMittal n’est pas un partenaire facile et la disparition des programmes d’après-mine des plans Etat-région renchérit le coût de réhabilitation pour les collectivités territoriales."

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