ArcelorMittal relance son acier liégeois

Le redémarrage imprévu des hauts-fourneaux dépendra de l'obtention de crédits CO2.

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Bonne nouvelle pour la sidérurgie liégeoise. Le plan Apollo, rédigé en 2003 et qui prévoyait la fermeture du haut-fourneau d'Ougrée en 2009 est passé à la trappe. La direction du sidérurgiste, tenant compte d'une demande plus forte qu'anticipée en 2003, a confirmé son intention de reconstruire une sidérurgie intégrée à Liège. Les installations d'Ougrée pourraient voir leur vie prolonger jusqu'en 2012 sans investissement majeur. Mais 20 millions d'euros d'investissement seront nécessaires pour relancer le haut-fourneau de Seraing qui resterait en activité jusqu'en 2015. La production liégeoise pourrait ainsi grimper à 3,1 millions de tonnes d'ici à 2010. « Des mesures devront être prises pour ramener les coûts de production des usines sidérurgiques liégeoises au même niveau que ceux des autres usines européennes du groupe », est venu expliquer Michel Wurth, membre de la direction générale d'ArcelorMittal aux représentants du personnel de Liège.

Toutefois cette relance est conditionnée à la disponibilité durable des quotas CO2 nécessaires. Problème en effet, au moment où la région wallonne rédigeait son plan d'allocation des émissions de gaz carbonique, il n'avait pas pu intégrer la poursuite de l'activité des deux hauts-fourneaux. La région en est à plaider « l'exception sidérurgique », note l'agence Belga. Le sidérurgiste de son côté rejette la possibilité d'acheter des quotas d'émission de CO2. En cas de nécessité, la région pourrait prendre en charge une note évaluée à 400 millions d'euros pour les prochaines années, avance Belga. Une décision que se refuse à confirmer le ministre de l'Economie wallon, Jean-Claude Marcourt.

Concernant les activités aval, phase à froid, ArcelorMittal a l'intention de concentrer Liège sur des activités à haute rentabilité et à haute technicité comme Arceo, sa ligne prototype de revêtement par plasma sous vide. Les activités R&D devraient également y être développées. Par contre, la direction du sidérurgiste, soulignant l'évolution très négative du marché du packaging, a décidé de réduire la production et les exportations des aciers pour emballage en 2008. La baisse prévue de 100 000 tonnes de la production de fer blanc devrait entraîner des départs en préretraite sur le modèle défini avec les syndicats en 2004 et qui devait alors concerner les travailleurs de la phase à chaud.

Daniel Krajka

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