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ArcelorMittal : pourquoi Florange est menacé ?

Olivier James , , , ,

Publié le

Après des mois d’incertitude, le sort du site d’ArcelorMittal à Florange (Moselle) devrait être connu ce lundi. Le groupe sidérurgique doit annoncer en comité central d'entreprise, depuis son siège à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la fermeture des deux derniers hauts-fourneaux mosellans mis en veille en 2011.

ArcelorMittal : pourquoi Florange est menacé ? © D.R.

C’est toute la partie dite "liquide" du site de Florange qui est menacée. Elle concerne 550 salariés sur 2700. Et cet épilogue n’est guère surprenant !

La multiplication des actions "coups de poings" de certains salariés au cours des derniers mois témoignent de leurs inquiétudes quant à l’avenir du site. La fermeture en 2009 de l’aciérie de Gandrange, à quelques kilomètres de là, et ce malgré les promesses de Nicolas Sarkozy, a laissé des traces… La venue jeudi 27 octobre d’Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, à Florange n’aura guère rassuré les syndicats.

Les mises en veille, voire les fermetures de sites du groupe, se sont multipliées ces dernières années en Europe. La fermeture du site lorrain est dans la droite lignée de la stratégie du groupe. Elle est basée sur l’ajustement de la production d’acier à la demande (atone en Europe) afin de maintenir les prix de l’acier à un certain niveau et sur la priorité faite aux usines les plus rentables et en bord de mer (comme celui de Dunkerque).

Après l’annonce qui sera faite ce lundi, que peut faire le gouvernement ? Quel sera le résultat de son "un bras de fer" mené depuis plusieurs semaines avec le groupe de Lakshmi Mittal ? Au mieux, le gouvernement pourrait imposer la reprise de cette filière liquide du site par un autre industriel. L’adoption de la loi obligeant une entreprise, qui veut fermer une usine, à chercher un repreneur sera en effet inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale cette semaine. Et Arnaud Montebourg compte bien la mettre à profit pour faire plier un groupe peu enclin à céder à un concurrent ses activités.

Quel chevalier blanc ?

Mais la possibilité même de trouver un repreneur paraît incertaine. Quelle entreprise voudrait d’un outil industriel amont (les hauts-fourneaux qui produisent l’acier) séparé des installations avales (la transformation de l’acier) ? Seule l’intégration des deux filières représente un sens d’un point de vue industriel. Pis encore, comment trouver un repreneur désireux d’acquérir une installation vétuste, souffrant d’un sous-investissement chronique, et dont la compétitivité ne pourrait être retrouvée qu’à coups de plusieurs centaines de millions d’euros ?

Ces derniers temps, le site aurait également perdu de son lustre aux yeux de certains clients, essentiellement dans l’automobile et l’emballage. Une perte de confiance et de contrats due en partie à de trop faibles efforts en matière de recherche et développement. Enfin, la méthode du "yoyo" instituée par Lakshmi Mittal depuis le début de la crise en 2008, consistant à ajuster en permanence la production à la demande, aurait, selon les syndicats, endommagé un outil industriel peu adapté à ce type d’à-coups.

Comment trouver un chevalier blanc qui, en connaissance de cause, mettra la main sur un site en perte de vitesse et sera capable via de lourds investissements de lui rendre sa compétitivité perdue ? Un industriel concurrent d’ArcelorMittal ? Un groupe d’investissement, à l’image du groupe Klesch qui vient de racheter les activités vinyliques du chimiste Arkema et qui s’était montré intéressé pour la reprise de la raffinerie de Petroplus ?

Et si le chevalier blanc était finalement l’Etat considérant Florange comme une activité stratégique structurante et le réservoir d’un savoir-faire précieux ? Après des mois d’incertitude, les réponses ne vont plus tarder.

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