ArcelorMittal, la nationalisation de Florange et la compétitivité

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, se dit prêt à nationaliser Florange pour trouver un repreneur. Une décision anachronique qui risque de ne pas régler les problèmes de compétitivité de notre pays

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ArcelorMittal, la nationalisation de Florange et la compétitivité

Dans les pays de l’Est, on aime ironiser de cette manière en parlant de notre pays : « La France ? C’est le seul pays communiste qui a réussi ! » Vu d’ici, le trait semble évidemment caricatural et faux mais lorsque l’on entend ce matin le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, brandir la menace de la nationalisation pour sauver l’aciérie de Florange en Moselle, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un fond de vérité dans cette boutade. Notre pays, ses concitoyens aiment l’État, l’État-providence, l’Etat-salvateur, l’État qui peut tout… Face au mutique groupe ArcelorMittal, dont la stratégie a été décryptée par l’Usine Nouvelle la semaine dernière (LIRE NOTRE ENQUÊTE : ARCELORMITTAL, L’ACIER TROMPE), une bonne partie de nos compatriotes estime –non sans raison- que seul vaut le rapport de force. Pour eux, la « solution » proposée par Arnaud Montebourg est donc valable. Et c’est regrettable.


La posture du ministre est anachronique. Dans une économie mondialisée et en voie de numérisation, une telle décision ne changerait rien au fait que le marché de l’acier se rétracte du fait d’une croissance chinoise plus faible et d’un marché automobile européen en berne. Une telle décision ne sauverait pas forcément le site de Florange dont l’avenir et la rentabilité sont loin d’être assurés du fait de sous-investissements chroniques ces dernières années. Une telle décision contribuerait surtout à dégrader encore un peu plus l’image de notre pays aux yeux des investisseurs étrangers. Ils voient déjà notre pays comme « celui qui taxe à 75 % les plus riches, c’est-à-dire ceux qui réussissent »…

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Au-delà, la nationalisation de Florange serait dangereuse pour notre avenir. Car elle nous maintiendrait de manière inconsciente dans un déni de réalité en nous laissant penser que notre pays peut se sauver seul et surtout sans consentir d’efforts supplémentaires. Mais les grands défis qu’affrontent tous nos voisins et notamment celui de la compétitivité, auxquels se sont attelées Espagne et Italie vigoureusement, s’imposent aussi à nous. On a le choix : les ignorer ou les prendre à bras-le-corps pour tenter d’y tracer un chemin français.

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